« Murena » de Dufaux & Delaby remporte le Premier Prix Istanbulles Cengiz Hadımlı

17 octobre 2010 0 commentaire
  • Le premier Festival International d’Istanbul, Istanbulles 2010, a vécu hier sa soirée de clôture qui a rendu hommage, avec force frites et bières, au magazine stambouliote Uykusuz dont de nombreux auteurs étaient présents. A cette occasion, un prix « Istanbulles Cengiz Hadımlı » a été remis par un jury de professionnels de l’édition turque.

Orhan Açar, l’éditeur du magazine satirique Uykusuz avait mis les petits plats dans les grands. En accord avec le Centre Culturel Klaxon qui avait repeint ses locaux et acheté quelques meubles pour l’occasion, ce colosse a complètement décoré avec son équipe ce lieu de rencontre turc francophone qui offre aux Stambouliotes une multitude d’activités complémentaire à l’Institut français (cours de danse, concerts, animations pour les enfants, etc.).

Pour sa part, le Consulat de Belgique, l’un de principaux soutiens d’Istanbulles 2010, avait offert aux convives la bière (belge, forcément) et les frites (faites par une entreprise belge implantée en Turquie, Patata).

« Murena » de Dufaux & Delaby remporte le Premier Prix Istanbulles Cengiz Hadımlı
L’équipe de Uykusuz vue par Memo Tembelcizer
(c) Uykusuz

Quelques grands auteurs turcs

Parmi les invités, on pouvait reconnaître Bülent Arabacıoğlu, l’auteur du personnage de Ridvan, le héros de BD le plus populaire de Turquie, une sorte de Tintin local qui a fait les belles heures du magazine Gırgır dont les tirages hebdomadaires avoisinaient les 500.000 exemplaires. Pour la première fois cette année, l’éditeur Uykusuz l’a réédité en album, un évènement en soi auprès de la communauté bédéphile turque.

Bülent Arabacıoğlu, auteur du premier grand personnage de BD turc
Photo : D. Pasamonik
Yikmaz Aslantürk, l’auteur de "Otisabi"
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Autre figure de la bande dessinée locale, Yilmaz Aslantürk, l’auteur de la série Otisabi (3 volumes parus), qui est le représentant de la Ligne Claire en Turquie. S’il connaît bien entendu Hergé, Franquin et Chaland, c’est surtout l’Espagnol Daniel Torrès qui est sa référence.

Sa série ressemble beaucoup à ces récits d’nspecteurs à imper comme on les voyait dans les années 1980, à la différence que l’auteur décrit et dessine sa ville, Istanbul, au charme incomparable comme ont pu le constater les festivaliers, en dépit d’une pluie qui a commencé à battre à leur arrivée.

On retrouvait Ersin Karabulut et Memo Tembelcizer vus la veille. Mais parmi les francophones présents, tous sont restés ébahis par la qualité du travail de Suat Gönülay qui a très bien digéré une multitude d’influences, dont celles de Moebius et de Bilal, pour livrer un travail inventif, pénétrant d’intelligence et de sensibilité, qui le place parmi les meilleurs dessinateurs de bande dessinée du monde. Malheureusement, en dépit de nombreux coups de fil laissés sur le répondeur par l’équipe d’Uykusuz, il n’est pas venu ce soir-là, sans doute pris ailleurs, peut-être coincé par des délais éditoriaux. Mais nous ne manquerons pas de le rencontrer prochainement pour vous.

Phlippe Xavier, dessinateur de Croisade, Charles Mordret ; directeur de la Galerie InSitu, le dessinateur Dominique Bertail, et Tuncay Agkün, membre du jury Istanbulles Cengiz Hadimli 2010.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)
Jean Dufaux et Berrak Hadımlı de l’agence Akan Ajans
Photo : D Pasamonik (L’Agence BD)

Hommage et distinction

Le point d’orgue de la soirée a été la remise du Prix « Istanbulles Cengiz Hadımlı » destiné à une œuvre francophone inédite dans ce pays et dont le Festival Istanbulles va contribuer à ce que l’on finance une traduction en turc afin que les éditeurs puissent juger l’œuvre sans avoir à la lire en français.

Le prix porte le nom de Ahmet Cengiz Hadımlı (04.04.1936 -07.04.2008), en souvenir du fondateur de l’agence Akan Ajans, lequel représentait Opera Mundi en Turquie avec son oncle Ali Rauf Insel à partir de 1966. Il représenta aussi le King Features Syndicate, les éditions Bonelli et y contribua à la diffusion des grands classiques de la bande dessinée franco-belge, notamment Tintin, Lucky Luke, Astérix, Corto Mlatese, Thorgal… en particulier après que ce pays signa la Convention de Berne sur le droit d’auteur, mettant un terme à une longue tradition de piratage.

Parmi les nominés de ce prix, il y avait

-  Pascal Brutal de Riad Sattouf – Éditions Fluide Glacial
-  La Vie et moi de Pico Bogue – Editions Dargaud
-  Lou ! de Julien Neel – Editions Glénat
-  Shutter Island de Christian De Metter et Dennis Lehane – Rivages noirs - Casterman
-  Murena de Jean Dufaux et Philippe Delaby

Les nominés 2010 du Prix « Istanbulles Cengiz Hadımlı »
Photo : D. Pasamonik

Le jury était composé de Berrak Hadımlı de l’Agence Akan Ajans, la fille du fondateur, de Tuncay Akgün, le patron du magazine LeMan, d’Orhan Açar, celui de Uykusuz et de Emre Yavuz, éditeur de Marmara Publishing.

Par trois voix contre une, ils ont apporté leurs suffrages à Murena. Ignorant qu’il allait recevoir un prix, Jean Dufaux était reparti pour la Belgique et laissa donc le soin à Philippe Xavier, le dessinateur de Croisade, de venir chercher sa récompense.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Les Expositions continuent au-delà de la clôture du Festival

- "Le Chat à Istanbul" jusqu’au 23 octobre 2010 à l’Institut Français (Taksim)

- "Le Monde Fantastique de Jean Dufaux" à la Galerie InSitu, salon Infinitas de 8 (à côté d’Istiklal Caddesi) jusqu’au 24 octobre 2010.

- "Fluide Glacial chez LeMan" (à côté d’Istiklal Caddesi) jusqu’au 30 octobre 2010.

Plus d’infos sur Istanbulles.com

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