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N.É.O : Voyage dans un Paris post-apocalyptique

  • Après la disparition de tous les adultes, deux petits groupes de survivants se partagent Paris : Les enfants du Tipi (la Tour Eiffel) et ceux du Château (le Louvre). Adaptant la saga "young adults" de Michel Bussi, Maxe l´Hermenier et Djet ont joint leurs efforts sous le label Jungle pour assurer un premier tome prometteur.

Les lecteurs qui ne connaissent pas les romans de Bussi trouveront dans N.É.O : La Chute du soleil de fer, une introduction réussie à son écriture qui prend son temps pour donner vie à un Paris post-apocalyptique où nous découvrons un couple de héros : Zyzo, le jeune aventurier du Tipi et Alixe du Château.

Les deux tribus vivent en paix, bien qu’une certaine animosité les oppose. Les enfants du Tipi ont constitué une société semi-primitive, vivant de la cueillette et de la chasse avec un leader charismatique et une sorcière sournoise aux commandes.

Les enfants du Château vivent de cultures maraîchères et ont renoncé à la consommation de viande, contrairement à ceux du Tipi, Ils savent lire et consacrent une bonne partie de leur temps à prendre le relais des connaissances perdues du « monde d’avant ». Pour cela, ils se sont organisés en trois « castes » : guerriers, savants et artistes, avec un haut-conseil et un roi qu’ils élisent tous les ans.

N.É.O : Voyage dans un Paris post-apocalyptique

Ces différences profondes stimulent les méfiances, d’autant que les animaux commencent à mourir mystérieusement dans la forêt. C’est alors que le chef du Tipi décide d´envoyer Zyzo pour épier leurs rivaux et les aider à se préparer à une guerre qui semble inéluctable. Cependant, une fois arrivé au Château une romance fleurie s’esquisse entre lui et la reine Alixe. L’essentiel de la trame tourne alors autour de nos héros tentant de calmer les hostilités entre leurs peuples et de désactiver les intrigues qui bourdonnent dans les coulisses du pouvoir.

Bien que le fil du récit nous rappelle d’autres séries dans le genre teen post-apo telles Divergente, Hunger games ou Maze Runner, le duo qui a donné vie à l’univers de Bussi en BD, n’est pas constitué de simples adaptateurs sans talents : Max l´Hermenier a déjà démontré sa maitrise dans la création de bonnes histoires et de personnages complexes avec Les Misérables et notamment, Pirates des 1001 lunes, et Djet (alias Stéphane Robert) a déjà établi depuis quelques années un style qui fusionne les codes esthétiques du manga avec ceux la BD franco-belge, comme dans L’Île de Puki et Croquemitaines. Ce qui donne comme résultat une histoire attachante et sincère, dans un genre un peu épuisé.

Quelques facilités scénaristiques apparaissent néanmoins, telle l’explication de la survivance des personnages au gaz qui a exterminé les humains : ils étaient toujours dans le ventre de leurs mères ! Ou encore la résolution un peu téléphonées des complots. Ceci et les limites du style « manga/européen » de Djet, qui parfois devient contreproductif dans la fluidité de l’action, la rendant confuse par moments, sont les deux plus grandes reproches que l’on puisse faire.

Pour le reste, le charme du Paris post-apo et des personnages fera certainement de cette lecture une expérience agréable, parfaite pour commencer les vacances d´été. Du Bussi, quoi...

(par Jorge SANCHEZ)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

N.E.O., T. 1 : La Chute du soleil de fer par Maxe L’hermenier et Djet d’après Michel Bussi. Ed. Jungle.

 
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