Nävis : une "spin-off" réussie.

30 mars 2004 0 commentaire
  • Véritable phénomène de la bande dessinée de science-fiction, {Sillage} s'est imposé en moins de six albums comme une valeur sûre de l'édition. {{Philippe Buchet}} et {{Jean-David Morvan}} décident aujourd'hui de revenir sur la jeunesse de l'héroïne, en compagnie d'un nouveau dessinateur.

Le choix du dessinateur de Nävis s’est réalisé de manière spontanée. Les créateurs de Sillage avaient publiés, en compagnie de leurs compagnons de l’Atelier 510 TTC, un porte-folio sur le thème de Sillage. « Jean-David m’a demandé de dessiner le personnage principal à cette occasion, confie Munuera. J’ai longtemps hésité, avant de dessiner une sorte de model-sheet, présentant Navïs et Houvo. Ce dessin a beaucoup amusé les membres de l’atelier. »

Quelques mois plus tard, le mensuel Pavillon Rouge demanda à Munuera et à Jean-David Morvan de réaliser une histoire courte relatant la jeunesse de Nävis. L’expérience a enthousiasmé les éditions Delcourt. Si bien que la création d’une série parallèle à Sillage fut rapidement envisagée...

Nävis : une "spin-off" réussie.
Morvan & Munuera

Les auteurs ont décidé de nous raconter une tranche particulière de la vie de l’héroïne. Nävis y est âgée de six ans, et ne vieillira pas, contrairement au personnage que l’on connaît dans les albums de la série mère. L’action se situe donc avant le premier épisode de Sillage (A Feu et à Cendres), où le convoi spatial récupère la jeune héroïne. « Nous n’excluons pas de créer des passerelles d’une série à l’autre, souligne le scénariste. Exploiter la jeunesse du personnage se révèle être une expérience très intéressante, car cela peut renforcer l’univers de Sillage. Ces deux séries se compléteront également de manière émotionnelle car des lecteurs découvriront cet album sans connaître la série principale. Ceux-ci trouveront sans doute que cette déviation sera plus intense ».

Jean-David Morvan nous raconte les conditions difficiles mais parfois amusantes de l’enfance de Nävis. Cette jeune enfant de six ans préfère gambader dans la jungle, et surtout taquiner les animaux qui y habitent. Elle n’a malheureusement pas d’autre occupation. Seule rescapée du crash de son vaisseau, Nävis n’a qu’un robot percepteur comme unique compagnie... Ce premier album relate la rencontre entre la Nävis et Houyo, le tigrou qui accompagnera l’enfance de l’héroïne.

Munuera, un dessinateur d’exception

Le jeune auteur espagnol n’en est pas à un coup d’essai. Il a réinventé avec Joann Sfar (puis avec Jean-David Morvan) la délicieuse enfance de Merlin l’Enchanteur. Six albums sont parus aux éditions Dargaud. Il reprend également la destinée graphique du célèbre groom des éditions Dupuis.

Nävis
La couverture de l’album noir & blanc. Paru pour Angoulême.

Le dessinateur a assoupli son style graphique pour Nävis et n’a pas hésité à adopter un cadrage cinématographique surprenant quand on connaît son style. Plongées et contre-plongées se succèdent avec beaucoup d’inventivité, et Munuera s’amuse à déformer la gestuelle de ses personnages pour mieux accentuer leur dynamique.

Munuera a dessiné cet album en deux mois, tout en accordant à ses décors une méticulosité digne d’un orfèvre. Le scénariste ne voit que des avantages à la rapidité de son dessinateur : « C’est finalement très pratique ! On a beaucoup moins de complexe à recommencer une planche si elle contient des défauts. Un dessinateur qui peaufine la même planche durant trois semaines aurait une toute autre vision. Mais José-Luis peut se le permettre, car il termine une planche en deux jours »

Sur les traces du succès de Nävis ?

Les éditions Delcourt avaient publié pour Angoulême une édition spéciale en noir et blanc de l’album. Fort de l’accueil de celui-ci, l’éditeur a accordé une importante mise en place pour l’album « traditionnel ». Jean-David Morvan ne se sent pas opprimé par le succès : « La pression n’est pas importante, confie t’il. Il faut avant tout se concentrer sur le scénario. Mais c’est vrai : j’ai parfois envie d’aller sur les forums de discussion afin de voir les réactions et les critiques. Lorsqu’on réalise un travail de création, il est très facile de se concentrer sur des éléments annexes, le principal n’est il pas de raconter une bonne histoire ? »

Une série en constante évolution...

Jean-David Morvan planche déjà sur le scénario du prochain album de Nävis : « Nous allons garder le principe d’un album par histoire, tout en continuant à faire évoluer le personnage. Dans le prochain tome, Nävis sera confrontée à un étrange caillou... ».

Le septième album de Sillage est également planifié. Le titre sera Q.H.I. (Quartier de Haute Insécurité). Nävis se rendra en prison pour rencontrer Rib’Wund, une vieille connaissance. Le pénitencier est bouclé pour cause de mutinerie. Suivant son instinct, elle partira à la recherche de son « ami » dans un tourbillon de violence que seuls les univers carcéraux peuvent engendrer. L’épisode devrait en révéler plus sur les bandes blanches qui ornent la peau de l’héroïne.

Par ailleurs, un recueil reprenant les histoires courtes ayant pour thème Sillage est également prévu aux éditions Delcourt. Les planches de Springer, de Bessadi, de Noé et Piette seront accompagnées d’illustrations du dessinateur japonais Katsumi Enami et d’une couverture de Philippe Buchet.

(par Nicolas Anspach)

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