Neige T13 : Le Mur - Par Didier Convard & Christian Gine - Glénat

30 octobre 2007 0 commentaire
  • Le grand retour (forcé) d'une série phare : un habile scénario qui fait enfin avancer l'histoire ! Cet album comblera les fans, en dépit du dessin de Gine que l'on a connu meilleur.

Vingt années sont passées depuis la mort de Livie. Rongé par la chagrin, Neige a disparu, laissant les démocrates et les rescapés des Douze remonter la vieille Europe. Au cœur du Nouveau Paris, son fils, Baptiste, retrouve un éminent professeur, détenteur d’un appareil salvateur : le switcher ! Il peut produire un courant phonique intense qui permettra de résister aux assauts de ceux de l’Extérieur cherchant à envahir l’Europe. Mais allié à un très haut fonctionnaire corrompu, l’étrange Tue-La-Bise veille ... Ce tueur implacable conspire avec le Major, chef du parti contre-européen allié aux responsables de l’Extérieur qui souhaitent transformer l’Europe en un dépotoir nucléaire et chimique. Ce nouvel épisode permet de retrouver les principaux protagonistes des cycles précédents, vieillis mais toujours prêts à défendre leur liberté et l’indépendance de leur monde glacé.

Sorti en 2003, le précédent tome concluait un diptyque intéressant, mais pas réellement passionnant. Sans arrêter la série, le duo d’auteurs n’avaient néanmoins pas inscrit de prochains recueils dans leurs tablettes, jusqu’à ce que leur éditeur, Jacques Glénat, vienne leur rappeler leur contrat : il leur fallait livrer 13 albums de Neige, et pas 12 !

D’autres histoires plus romantiques circulent sur la création d’un album, et pourtant, tels d’excellents come-backs de grands groupes musicaux, il n’en faut parfois pas plus pour créer des perles inattendues.

Neige T13 : Le Mur - Par Didier Convard & Christian Gine - GlénatDidier Convard n’est plus à présenter : scénariste expérimenté du Triangle Secret, il a su retrouver les ressorts du suspense pour réalimenter son intrigue embourbée. Exit Neige, voilà Baptiste, son fils. Moins impulsif que son père, il a surtout la principale qualité de ne pas se mortifier dans son coin, ce qui était devenu la principale activité de son héros paternel. Avec ce bond dans le temps, on se surprend à re-découvrir l’enfer gelé de cette Europe apocalyptique. Certes, son renouveau n’a pas le charme de son ex-pourriture, mais il reste assez d’incertitudes pour combler le lecteur. Lancé dans cette nouvelle voie, Convard se laisse joyeusement entraîner dans son élan, et nous promet un 14ème tome, dont le titre s’annonce comme un bris de glace : "le Printemps d’Orion".

Neige ne s’est pas teint les cheveux, il s’agit de Baptiste : son fils !

Gine ne s’en est jamais caché : malgré la renommée qu’elle lui a apportée, Neige n’est pas actuellement sa série favorite ! Il aurait préféré s’attaquer au second tome de la Grande Ombre [1], et malheureusement, son trait s’en ressent. Moins nerveux, sa ligne cassée se fluidifie, et son dessin perd en légèreté, devenant presque conventionnel. Peut-être que la pointe de civilisation demandée par Convard a fait perdre ses repères au dessinateur ? Quoiqu’il en soit, le plaisir de retrouver les étendues gelées et les charniers bétonnés s’effiloche dans des lignes pures, dénuées de vices cachés. Heureusement, son sens intact du rythme et ses visages anguleux entraînent toujours le lecteur dans son univers si personnel.

Attendue au tournant, cette suite inespérée redonne du punch à une série phare, mais vieillissante. Malgré un secret de polichinelle qu’on aurait souhaité plus impénétrable, ou complètement éclairci, on se prend au jeu, et on en redemande !

(par Charles-Louis Detournay)

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Toutes les illustrations sont © Gine/Convard/Glénat

[1Série que Gine scénarise et dessine. Un tome paru dans la collection Loge Noire, Glénat.

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