Nevada - Par Wilson, Duval, Pécau et Fernandez - Delcourt

7 septembre 2020 2 commentaires
  • Les années 1920 : l’essor extraordinaire du cinéma, la rupture entre le monde des pionniers et celui des entrepreneurs... On y retrouve Nevada Marquez, un héros atypique dans une série qui mélange habilement les genres.

C’est toujours un plaisir que de retrouver Colin Wilson, dessinateur réaliste et classique de grand talent, qui avait entre autres repris pendant dix ans La Jeunesse de Blueberry. Certes, l‘ombre de Giraud plane toujours sur son dessin, mais le traitement qui est désormais le sien, après s’être frotté à la bande dessinée américaine, accentue l’efficacité narrative évidente de son trait.

À voir la couverture de cet album, on comprend tout de suite qu’il s’amuse, dans cette série, à jouer avec les références et les époques. Amoureux de l’univers du western, le voici en effet chantre d’un moment de l’Histoire américaine qui voit ce monde épique disparaître sans rémission possible. Les puissances de cette existence pionnière existent toujours, c’est vrai, mais désormais sur grand écran essentiellement !

Nevada - Par Wilson, Duval, Pécau et Fernandez - Delcourt

Nous sommes en 1929, à l’aube de qui deviendra la première catastrophe de l’ère mondiale du capitalisme. À une époque où les derniers soubresauts d’un dix-neuvième siècle de conquêtes, de guerres, de nature omniprésente n’empêchent pas l’avènement d’un vrai nouveau monde.

Le cinéma muet commence à disparaître des écrans. Et l’industrie du plaisir aux États-Unis approche de son apogée. Les studios ne sont pas encore tout-puissants, sans doute, mais les acteurs sous contrat se doivent d’être ponctuels et sérieux dans leur travail. Ce qui n’est pas toujours le cas.

Et c’est pourquoi Louise Hathaway, productrice renommée, utilise les capacités de Nevada Marquez : cascadeur, parfois homme de main, et surtout capable d’aller rechercher dans n’importe quelles conditions les acteurs et les actrices qui oublieraient leurs obligations professionnelles.

Dans le premier volume de cette série, on découvrait qu’un secret liait Louise et Nevada. Ce deuxième volet nous apprend qu’ils sont à la recherche d’un certain Carlsen. Un personnage qui va, sans être présent, occuper une partie de l’aventure qui attend Nevada.

Pas question de vous résumer une intrigue qui met en scène quelques vedettes connues du septième art comme James Cagney, la route entre San Francisco et Los Angeles, une belle journaliste, des flics qui attendent leur heure, la mafia du jeu et la drogue venant de Chinatown, des morts, de la violence, des grands espaces, des trognes…

Colin Wilson s’en donne à cœur joie, tout comme le coloriste Jean-Paul Fernandez, pour passer d’une ambiance à une autre, pour peaufiner ses décors, pour rendre compte de la grisaille (déjà) des grandes villes et de la lumière de la campagne américaine.

Quant au duo de scénaristes, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau, qui avait déjà écrit à Colin Wilson une autre saga américaine intitulée Wonderball, il nous offre une vraie aventure, passionnante, avec un suspense qui fait attendre impatiemment le troisième tome pour en savoir plus sur le secret que cache le passé du héros Nevada. De l’aventure, oui, dans la grande tradition de la bande dessinée d’action, mais mâtinée d’une vérité historique palpable qui donne véritablement vie aux intrigues qu’ils s’amusent à mélanger.

Une série qui en est à son deuxième tome, et qui est pleine de promesses, tout en réussissant à ce que chaque volume puisse se lire comme un one-shot. Colin Wilson, comme y est excellent, comme à son habitude ! Ce n’est pas du western, mais cela y ressemble, et ce mélange des genres est une belle réussite !

(par Jacques Schraûwen)

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Nevada : 2. Route 99 - par Colin Wilson, Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Jean-Paul Fernandez - Delcourt - 56 pages - 2020

Concernant Colin Wilson, lire également :
- son XIII Mystery avec Frank Giroud
- Wonderball, tomes 1 & 2 - Par Wilson, Duval & Pécau - Delcourt

 
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2 Messages :
  • Oui c’est un régal de retrouver Colin Wilson au travers de cette série prometteuse. Je déplore juste les couvertures ou plutôt la mise en couleur. Trop froid, trop "ordinateur", le dessin de Colin Wilson mérite un traitement plus classique.

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    • Répondu par Jacques Schraûwen le 7 septembre à  12:29 :

      Vous n’avez sans doute pas tort... Mais j’avoue quand même avoir été séduit par la couverture du numéro 2, qui résume tout de suite l’ambiance de l’album...

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