"New Grappler Baki" : la série-coup de poing qui débarque sur Netflix

16 juin 2020 0 commentaire
  • La saga Baki est un OVNI du manga. Considérée comme culte par des happy fews vénérant cette oeuvre singulière, elle a su se forger une "fanbase" solide depuis sa prépublication en 1991, et ce, en dépit des partis-pris scénaristiques et graphiques audacieux. Sans jamais atteindre les sommets du podiums du Weekly Shonen Champion, magazine de sa prépublication, la série ne s'est néanmoins jamais complètement éteinte, comptant sur le soutien indéfectible de ses fans les plus fidèles. Mais depuis quelques jours, elle semble faire son grand retour sur le devant de la scène grâce à Netflix qui a mis en ligne sur sa plateforme un animé original adapté de la seconde série Baki.
"New Grappler Baki" : la série-coup de poing qui débarque sur Netflix
© Keisuke Itagaki.

Grappler Baki, c’est l’histoire de Baki Hanma, le fils de l’homme le plus fort du monde. Toute sa vie n’a été guidée que par la rivalité qu’il éprouve envers son paternel, qu’il désire surpasser à tout prix. Pour ce faire, un seul moyen : triompher dans le "tournoi du sous-sol", une gigantesque compétition illégale d’arts martiaux réunissant les plus grands guerriers du monde. Là, Baki mettra à l’épreuve son talent et son corps exceptionnel en affrontant tous les combattants qui se dressent sur sa route jusqu’au combat final tant attendu.

Voilà pour le speech de la première série parue entre 1991 et 1999. Fort de son succès de niche, l’auteur Keisuke Itagaki décide de poursuivre les aventures de Baki dans une nouvelle série : New Grappler Baki, jusqu’en 2005. Celle-ci prend place directement après la première, et confronte notre héros à cinq criminels surpuissants l’ayant pris pour cible. Le génie guerrier de Baki sera à nouveau mis à l’épreuve face à des ennemis toujours plus redoutables.

À la suite de NGB, il signera une troisième série entre 2005 et 2012 Hanma Baki puis depuis 2014 une quatrième : Baki-Dou.

Une œuvre singulière

La recette de Baki est assez unique en son genre. Graphiquement tout d’abord, le dessin de Keisuke Itagaki est très éloigné des standards du shonen, genre auquel il se rattache malgré tout. Son style, quoique d’une maîtrise irréprochable et d’un dynamise rare occasionnant des planches sublimes, est ainsi très clivant : soit on adore, soit on déteste, ce qui explique en partie le succès toujours mitigé de la série. Très chargé en détails, faisant la part belle aux corps et aux muscles disproportionnés, le dessin d’Itagaki se fait parfois ultra-réaliste, parfois presque fantastique et monstrueux.

Puissance et technique : la précision du trait de l’auteur nous offre de splendides morceaux de bravoure.
© Keisuke Itagaki.
© Keisuke Itagaki.

Scénaristiquement ensuite, Baki est un manga de baston avec un grand B. Avec la thématique des arts martiaux annoncée dans le synopsis, on pourrait être tenté de le rapprocher d’un manga de sport à la Hajime no Ippo : loin s’en faut, il serait plus correct de le comparer à Hunter x Hunter dans l’arc de la tour céleste mélangé à Hokuto no Ken. L’influence de ce dernier tant sur le plan graphique qu’au niveau du design des personnages est d’ailleurs indéniable.

L’histoire est ainsi un prétexte aux combats, et s’attarde assez peu sur le développement d’enjeux ou de psychologie pour les personnages. Les combats s’enchaînent, le héros progresse contre chaque adversaire en repoussant ses limites, et la série n’accuse aucun temps mort. Les amateurs d’ultra-violence se régaleront, les autres oseraient trouver ça un peu bas du front.

Il n’empêche que la série fonctionne et, dans un autre registre, on pourrait même la rapprocher d’un Jojo’s Bizarre Adventure d’Hirohiko Araki, série qui, elle aussi, prend le parti de créer son propre genre avec un style de dessin reconnaissable entre mille et des structures scénaristiques uniques. D’ailleurs, dans la panoplie de capacités et de techniques toujours plus farfelues que déploient les protagonistes de Baki, on ne peut s’empêcher de voir un parallèle avec Jojo et ses pouvoirs si atypiques.

La série « papier » est donc assurément un objet particulier auquel il ne peut qu’être bon de se confronter, au moins pour tester, quitte à se laisser surprendre. Malheureusement, en France, seule la seconde série New Grappler Baki a été traduite et publiée par Delcourt et compilée en 31 tomes parus entre 2005 et 2010, mais rassurez-vous, il est tout à fait possible de la lire sans connaître la précédente.

Un retour sur le devant le la scène made in Netflix

C’est d’ailleurs cette dernière qui a été récemment adaptée par Netflix en animé, la plateforme signant là son hit du moment. Suite directe d’un premier OAV produit en 2001 et d’une série diffusée par Netflix Japon en 2018, cette troisième partie que l’on peut regarder sans trop de souci sans avoir vu les précédentes reprend l’intrigue de New Grappler Baki. À noter que Netflix ne propose pas les adaptations antérieures sur sa plateforme française, il faudra donc se satisfaire de celle-ci.

Et les premiers retours sont dithyrambiques, la série a tout du must : une violence hallucinante, une animation de très bonne facture, un rythme endiablé, et un opening déjà culte : tout est là pour marquer son public.

En dépit de faiblesses de scénario évidentes, à commencer par l’absence d’introduction des personnages -la série est une suite, rappelons-le, il est dommage que Netflix n’ait pas pu faire en sorte de nous proposer les premières parties-, Baki a su trouver son public et se construire une grosse hype sur les réseaux sociaux.

Cette vague de popularité a même fini par retomber sur l’auteur, qui s’est vu offrir la possibilité de dessiner l’affiche officielle du prochain Rambo au Japon. La rencontre de deux univers finalement assez proche : Baki et Rambo, même combat, pourrait-on conclure.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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