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Niala, la polémique érotique

  • Niala, une bande dessinée érotique présentant une héroïne noire, avatar moderne de Tarzan, se trouve au cœur d’une polémique, accusée de sexisme et de racisme. Nous l’avons lue et avons rencontré son scénariste, J.-C. Deveney, pour essayer de comprendre les tenants et les aboutissants de cette controverse devenue politique.

Il est difficile de relater une polémique sans la faire grandir, difficile de parler d’un album particulier, et non pas d’un débat socio-culturel, voire politique, bien plus large. C’est pourtant ce qu’il semble nécessaire de faire à l’heure de la parution d’un album décrié – avant même d’être lu – et qui fut l’objet d’une récente pétition.

Niala, la polémique érotique

Empêcher la publication d’un album non-lu ?

De quoi s’agit-il ? De Niala, un album érotico-comique publié par Glénat dans la collection 1000 Feuilles, scénarisé par J.-C. Deveney et dessiné par Christian Rossi dans lequel Niala, pendant féminin de Tarzan, élevée par les bonobos qui résolvent les conflits par l’acte sexuel, reproduit cette méthode en multipliant les aventures sexuelles.

Une semaine avant sa sortie, une pétition fut lancée en ligne, reprochant à l’album de reprendre « les principes des bandes dessinées racistes des années 1950 », en étant « un objet sexuel offert aux colons courageux. » La pétition demande la suspension de la publication de cet ouvrage « raciste, qui appelle à la fétichisation et au sexisme. »

Le point de départ de cet emballement ne pouvait être l’album, encore non paru : c’est le résumé publié sur le site de Glénat qui mit le feu aux poudres. Ni écrit, ni relu, par les auteurs, il jouait la carte du second degré et évoquait notamment la leçon apprise à Niala par les bonobos, qui « profite à tous et notamment aux Occidentaux qui, en pleine époque coloniale, risquent leurs vies et s’aventurent dans cette contrée si éloignée de leurs us, coutumes et foyers ». Les réseaux sociaux se sont aussitôt emparés du sujet, et l’éditeur battit rapidement sa coulpe en modifiant les termes du résumé qui avaient choqué.

Sur la forme, demander le retrait d’un album avant sa parution constitue une démarche non seulement étonnante, mais inquiétante par sa radicalité, et l’éditeur a tenu à assurer ses auteurs de leur soutien, affirmant que l’album sortirait bien le 10 mars, jugeant « hallucinant » que l’on demande de brûler des livres non-lus.

Notons que Glénat était déjà habitué à des polémiques de ce type, puisqu’en 2018, Petit Paul, un album érotique de Bastien Vivès, avait été accusé de pédopornographie, ce qui lui avait valu d’être retiré des rayonnages des enseignes Cultura et Gibert. Cette polémique avait assuré une large couverture médiatique à l’album, vendu à plus de 15.000 exemplaires, chiffre très important pour une bande dessinée de ce genre. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, gageons qu’il en sera d’ailleurs de même pour Niala, qui est actuellement en tête des ventes sur Amazon, avec des commentaires de lecteurs expliquant que cet album ne devrait pas être vendu et d’autres assurant qu’ils l’ont acheté justement pour défendre la liberté d’expression...

Dans le petit Landerneau de la bande dessinée, on a également vu ces derniers jours des réactions similaires se multiplier, Jean-Marc Rochette affirmant commencer à «  en avoir plus qu’assez de ces censeurs, de ces pères et mères la vertu qui pullulent sur les réseaux et fliquent la création à la loupe, donc solidarité avec Christian Rossi, un des meilleurs dessinateurs réalistes français », tandis qu’Aude Mermilliod déclare :

« Depuis quelques jours, le débat "censure" vs "liberté d’expression-humour" est de retour sur nos écrans. Je m’en suis tenue loin un temps, par franc malaise, et confusion. Je lis les avis des un-e-s et des autres, cherchant tant bien que mal à me faire le mien. Je sens que signer une pétition, pour moi, c’est non. Je SAIS que la lecture du résumé était un franc ARGH. Je sais qu’on a le droit d’avoir les chemins de désir qu’on a mais que ça n’empêche pas d’écouter celles et ceux qui sont blessé-e-s, aussi. Je sens que l’attitude « AH OUAIS, BIN M’EN FOUS, JE VAIS L’ACHETER GNAGNAGNA » est une jolie parade pour ne pas écouter ni les blessures ni ses propres craintes, parce qu’à priori s’il y a une réaction pareille c’est que ça blesse quelque part. J’hallucine quand je lis des arguments du genre "cul-bénis, retour à la morale etc..." comme si pointer du doigt des dérives sexistes = j’aime pas le cul. […] Et quand je lis certains arguments concernant des oppressions dont je ne suis pas victime, je me surprends à penser des « Oh ça vaaa.... quand même, quoi...." Quand ça m’arrive, je me donne une tape mentale derrière la tête, et j’écoute ce que les intéressé-é-s ont à dire. »

Bref, alors que la pétition n’a réuni (à ce jour) que 4500 signataires, cet album est devenu le sujet de polémique du moment, couvert par l’ensemble de la presse nationale, du Monde au Figaro, en passant par France Info.

Sexisme, racisme, colonialisme : au-delà des noms d’oiseaux, quelle réalité ?

Voilà pour le cadre factuel de l’emballement virtuel (et nous vous passons les noms d’oiseaux qui ont fusé, notamment sur Twitter). Après la lecture de l’album, qu’en penser ?

La lecture permet d’emblée d’évacuer une des critiques faites : Niala n’est en aucun cas un objet sexuel, elle est au contraire actrice, elle ne subit en rien, mais provoque les situations qu’elle contrôle. Dans ce recueil d’histoires courtes, la thématique principale est celle du désir, dont Niala incarne une allégorie. Elle rencontre tour à tour différents personnages, blancs ou noirs, hommes ou femmes, qu’elle va tous, les un.e.s après les autres, bousculer dans leur sexualité et obliger à réfléchir sur leur propre désir.

J.-C. Deveney est un auteur engagé dans une démarche résolument pro-féministe depuis le début de sa carrière. Il a ainsi piloté le projet « Héro(ïne)s », une exposition autour de la place des personnages féminins dans la bande dessinée, conçue pour le Lyon BD Festival et qui a ces dernières années fait le tour de différents festivals tout autour de la planète. Dans Niala, J.-C. Deveney continue à interroger cette question de la place des personnages féminins, mais cette fois-ci sous le biais érotique, comme il nous l’explique :

« Ce qu’on critique dans cet album c’est la volonté de domination, de conquête de la civilisation blanche. On a des explorateurs, des anthropologues égarés, des pères évangélisateurs, des chasseurs de bêtes qui viennent dans la jungle pour assouvir un besoin de force, de puissance, et qui se retrouvent confrontés à une force bien plus grande, celle du désir, de la sexualité. Il y a un côté assez Seventies dans notre propos : faites l’amour pas la guerre. Pourquoi est-on obnubilé par le besoin de montrer sa force ? Ne ferait-on pas mieux de résoudre certains conflits de manière plus intime ? Est-ce qu’on ne vivrait pas mieux ainsi ? Si ce livre pouvait faire réfléchir ses lecteurs sur la sexualité, sur le désir, sur le fait que toute forme de sexualité est acceptable, je serais content d’avoir contribué à ça. Si ça peut faire réfléchir aussi sur les représentations qu’on a pu avoir dans ces BD des années 1930-40 et les remettre en question, ce serait bien aussi. Je ne crois pas que ça les remette au goût du jour. Pour moi, le contenu de l’album est très différent de ce qu’il y avait dans ce texte de présentation, et j’espère qu’en lisant l’album, les lecteurs s’en rendront compte. »

Il faut en effet comprendre cet album comme une suite (érotique) au magnifique Johnny Jungle, album réalisé avec Jérôme et Anne-Claire Jouvray, biopic croisant les destins de Tarzan et de Johnny Weissmuller. Graphiquement, Rossi, avec son sens virtuose du mouvement (qu’il soit suggéré ou montré) propose un très bel hommage au cinéma et à la bande dessinée des années 1950, à l’aide d’un dessin semi-réaliste s’inspirant autant de celui de Wally Wood que de Winsor McCay.

On n’est absolument pas ici dans un album réaliste, mais dans une fiction sur la fiction : cet album est une nouvelle relecture de la figure de Tarzan, comme nous le confirme le scénariste :

« Notre volonté était de relire et de travailler ce mythe. Ce qu’a créé Edgar Rice Burroughs, c’est une jungle fantasmée, un objet littéraire fabriqué par et pour des Occidentaux. L’idée avec Niala, c’est aussi d’interroger cette première écriture : Tarzan est un blanc élevé par des gorilles et qui va devenir un homme fort, puissant, qui domine cette jungle. On voulait que Niala soit un pendant, mais inversé : elle aussi est élevée par des singes, mais des bonobos, très différents dans leur mode de fonctionnement, puisqu’ils règlent les conflits par l’acte sexuel. On ne pouvait pas représenter Niala blanche : il y aurait eu quelque chose de déplacé à imaginer que c’est l’homme ou la femme blanche qui contrôle cet imaginaire africain. Donc on en a fait une femme noire, avec la volonté de renverser la donne, de rétablir une forme de logique fictionnelle, parce que pourquoi au début du XXe siècle a-t-on eu besoin d’imaginer l’homme blanc tout-puissant sur l’imaginaire africain ? Niala est une femme noire car ce qui nous aurait semblé raciste, ç’aurait été d’en faire une femme blanche ».

On arrive là à la deuxième accusation, celle de racisme. Si l’on rit dans cet album, ce n’est pas des noirs, mais bien des blancs. Ce sont eux qui sont ridicules, des bonnes sœurs au fils à papa se rêvant en seigneur de la jungle. Ce sont eux qui sont matés par Niala, alors qu’ils entendaient s’imposer à cet univers inconnu. Cet album évite le risque de la répétition laborieuse, fréquente dans la bande dessinée érotique, en proposant en effet différentes saynètes autour de plusieurs personnages venant chercher dans cette jungle fantasmée des stéréotypes qu’ils ne retrouvent pas. S’il fallait dresser avec un parallèle littéraire, ce serait avec les "Lettres persanes" de Montesquieu : Niala est certes naïve, mais sa naïveté est là pour mieux révéler les travers de ceux qu’elle rencontre.

Et cela pose une question finalement plus large : les auteurs, des hommes blancs, peuvent-ils rire de tout et de tous ? Ces jours-ci, cela trouve bien sûr un écho avec les traductions des poèmes d’Amanda Gorman, une femme noire américaine, dans différentes langues : Victor Obiols déclare avoir été écarté de la traduction en catalan car l’éditeur cherche une femme, si possible noire, pour effectuer ce travail, tandis que Marieke Lucas Rijneveld avait été choisie pour traduire ce poème, lu à l’investiture de Joe Biden, en néerlandais : mais à la suite d’un emballement sur les réseaux sociaux critiquant le fait que ce soit une blanche qui traduise ce texte, elle a renoncé à cette entreprise. Ces polémiques, comme celle sur Niala, doivent bien sûr être comprises dans un cadre plus large, celui de tensions sociales traversant les sociétés occidentales dans leur ensemble. Bien conscient de ce prisme, J.-C. Deveney regrette que sa fiction soit utilisée comme un instrument pour combattre des inégalités contemporaines très concrètes :

« C’est comme si le champ de la lutte et des combats avaient délaissé le réel pour se porter vers celui de la fiction. Aujourd’hui, les nouveaux champs de batailles sont ceux du langage, de l’identité et de la représentation. Peut-être parce que ce sont des domaines qui conviennent très bien à Internet et aux réseaux, dans la façon dont on peut les aborder et les diffuser rapidement. Mais je ne pense pas que ce soit la seule raison : on réalise en effet combien la question de la représentation va pouvoir influencer le réel et y avoir des répercussions concrètes. Alors, on attend de la fiction qu’elle soit parfaite, qu’elle réponde à toutes nos attentes et espérances. D’ailleurs, c’est une fonction que peut remplir la fiction : elle peut réécrire, corriger, imaginer les choses pour créer le meilleur des mondes. Ça s’appelle l’utopie et c’est un genre littéraire. Tout le problème dans cette logique, c’est qu’on se retrouve à ne réduire la fiction qu’à cela alors qu’elle possède aussi plein d’autres fonctions toutes aussi importantes et nécessaires : elle peut retranscrire la réalité dans toutes ses injustices et ses défauts, nous en faire rire pour la critiquer ou en exacerber toute l’horreur ou tout le tragique. N’attendre de la fiction que des récits rassurants et réconfortants, c’est limiter sa capacité à nous permettre de sortir de nous-mêmes et à comprendre autrui et le monde. C’est en cela également que la question de la réappropriation culturelle est vraiment complexe. Avec Niala, je suis un homme blanc qui écrit sur un personnage noir, même si je n’ai pas de volonté historique ou réaliste. Je m’appuie sur une fiction, Tarzan, qui a été écrite par un homme blanc, et je l’interroge et la critique. De la même manière, au sein de l’album, mes uniques objets de moquerie et de caricature sont les personnages blancs qui viennent se perdre dans cette jungle. En ce sens, je suis dans la logique réclamée par les défenseurs de la lutte contre la réappropriation culturelle : je ne parle et je ne me moque que de ce que je suis. Mais si je pousse cette logique jusqu’à son terme en disant que je n’ai le droit d’écrire que sur des personnages blancs, j’aboutis à une autre violence : celle qui consiste à faire disparaître du récit toutes les autres identités. Et se voir accuser de refuser la diversité du réel. Au final, j’ai envie de croire à une capacité d’empathie, à des passerelles entre nous. On reste tous des humains, qui partageons des vécus, des ressentis communs. Nous pouvons parler de ces échanges. C’est d’ailleurs une des fonctions essentielles de l’art et de la fiction : nous permettre de sortir de nous-même, de transcender les différences et d’appréhender l’altérité. À l’inverse, si on se cloisonne tous, si on se donne des identités raciales, culturelles ou sexuelles indépassables, c’est promptement terrifiant.  »

La personne à l’origine de cette pétition aurait par la suite été harcelée en ligne par la fachosphère et le débat, tout sauf serein dès l’origine, s’électrise chaque jour davantage avec des positions de plus en plus irréconciliables de part et d’autre. Le propos de cet album était pourtant d’appeler de ses vœux une réconciliation généralisée par la sexualité : sans demander à tous les opposant.e.s de cette polémique de faire l’amour les uns avec les autres, espérons au moins qu’à la lecture de cette bande dessinée, ses contempteurs seront rassurés et que les critiques redeviennent avant tout littéraires !

(par Tristan MARTINE)

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46 Messages :
  • Niala, la polémique érotique
    12 mars 08:37, par Pierre Meyrand

    C’est marrant, dans les années 1970, Philip José Farmer inventait des pastiches de Tarzan hyper porno et gore, et globalement, ça passait comme une lettre à la poste. Le public, à part quelques grincheux qui faisaient moins de bruit, comprenait la blague. Mais le Tarzan de Farmer, même s’il se faisait sodomiser contre un arbre et s’accouplait avec des singes et des panthères, restait un homme blanc.

    Du coup, si on suit la logique de la pétition, ça veut que certains sujets sont interdits aux héroïnes noires.

    Quoi ? J’ai compris de travers, encore ?

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    • Répondu par Eric B. le 12 mars à  09:29 :

      Faut pas s’inquiéter : cette polémique (réelle ou coup monté) va être une super pub pour l’album. Les ventes vont exploser alors que l’album allait vite passer aux oubliettes. Moi même, je n’avais pas prévu de l’acheter mais du coup, je vais l’acheter pour me faire une idée du ridicule de la situation. Bon plan pour les auteurs donc ! Et aussi pour l’éditeur...

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      • Répondu le 12 mars à  10:09 :

        Le scandale est le meilleur outil marketing !
        Une pétition est plus efficace qu’un argumentaire d’éditeur.

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  • Niala, la polémique érotique
    12 mars 11:22, par Thierry

    Je n’ai rien contre l’album ni contre ses auteurs, et encore moins contre le thème qu’il aborde mais d’un point de vue purement artistique, il est, je pense, hautement regrettable de ne pas voir le nom de Rossi - l’un des dessinateurs les plus doués de sa génération - associé à un album plus ambitieux. Quand on voit le talent de Christian Rossi, quel gâchis ! (et ça fait plusieurs années que ça dure !)

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    • Répondu par kyle william le 12 mars à  13:20 :

      Graphiquement, il semble que ce soit un des plus beaux albums de Rossi. Qu’est-ce qui n’est pas assez ambitieux à vos yeux ?

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      • Répondu par Milles Sabords le 13 mars à  19:20 :

        La gloire d’Hera, Tiresias, West, Le cœur des Amazones, sont vraiment le cœur des plus sublimes de ses productions. Ce Niala, a vraiment l’air bâclé, vite fait, même si quelques planches représentes d’infimes sursauts de son style éblouissant.

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        • Répondu le 13 mars à  20:54 :

          Bâclé ? Chaussez des lunettes.

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          • Répondu par Milles Sabords le 14 mars à  09:21 :

            Les quelques cases sur ce site, sont déjà bâclées, pas besoin d’en voir plus, ni de changer de lunette.

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          • Répondu par Milles Sabords le 14 mars à  09:26 :

            Quant aux poncifs du scénario et de ses textes ampoulés, même si c’est voulu, ils représentent un pastiche des années coloniales qui tombe à plat. C’est un album à la narration foutraque, même pas drôle et dont l’érotisme n’apporte rien. Si tant est que l’on veuille faire quelque chose de décalé et talentueux, autant le faire à fond, et pour cela, les auteurs auraient du se lâcher plus avec un éditeur comme Tabou.

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          • Répondu par Milles Sabords le 14 mars à  09:30 :

            D’ailleurs, dans les deux cases ou le colon demande à des porteurs de faire leur travail et que ceux-ci passent leur chemin, Rossi change de cadrage, mais de décor. Du coup, la lecture des cases oblige à s’y reprendre à deux fois pour une meilleure compréhension. Bref, effet raté.

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            • Répondu le 14 mars à  16:29 :

              Il faut lire l’album au lieu de l’évaluer sur un extrait de deux cases. Sinon on écrit des bêtises.

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              • Répondu par Milles Sabords le 15 mars à  07:06 :

                Je rectifie mon oubli : " Rossi change de cadrage, mais pas de décor. Du coup, la lecture des cases oblige à s’y reprendre à deux fois pour une meilleure compréhension. Bref, effet raté." Concernant les autres cases, Rossi s’applique moins qu’à l’acoutumée sur l’encrage de ses personnages, sur la composition de ses cases car le recours à des premiers-plans en ombres chinoises est trop systématique. De plus on trouve pas mal de planches sur le net et ça ne ne fait que renforcer l’impression d’une "commande" plus que d’une œuvre, comme si Rossi voulait se débarrasser au plus vite de cet album. "Des bêtises dans mes écrits" c’est votre jugement et il est très binaire.

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                • Répondu le 15 mars à  09:33 :

                  Je voudrais bien voir plus souvent des boulots de commande de cette qualité.

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                  • Répondu par Milles Sabords le 15 mars à  10:06 :

                    Les nouveaux Tanguy & Laverdure, Michel Vaillant, Buck Danny, Murena, Le Scorpion, Barbe-Rouge, Centaures t.2, La complainte des landes perdues, Thorgal, Ric Hochet (et la liste est encore longue), autant de boulots de commande très qualitatifs.

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                    • Répondu le 15 mars à  10:38 :

                      Vous comparez des albums de série B avec le dernier Rossi. Ça n’a pas de sens. C’est de la provocation.

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                      • Répondu par Milles Sabords le 15 mars à  13:13 :

                        Des séries B ? Beaucoup d’auteurs aimeraient être à la tête de telles séries B. Et si Formosa, Bourgne, Béneteau, Pellerin et avant eux, leurs illustres prédécesseurs font de la série B, il en faudrait encore plus des séries B d’une telle richesse vu la prolifération d’albums mal foutus.

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                        • Répondu le 15 mars à  13:55 :

                          Celui-ci ne fait pas partie des albums mal foutus en tout cas.

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                          • Répondu le 15 mars à  18:27 :

                            C’est très bien, Rossi. Et il le prouve une fois de plus avec cet album. Mais on trouve ça bien aussi parce qu’il est un des derniers dans ce créneau dans la BD franco-belge. En Italie, ils sont nombreux à avoir digéré comme lui l’influence de Giraud. Giancarlo Alessandrini par exemple. A son meilleur, il était encore plus habile.

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                            • Répondu par Milles Sabords le 16 mars à  06:33 :

                              Il y a aussi du Alfonso Font dans Alessandrini.

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                • Répondu le 15 mars à  09:34 :

                  Mon jugement vaut bien le votre.

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                  • Répondu par Milles Sabords le 15 mars à  10:00 :

                    Sauf que je ne juge pas contrairement à vous, que j’argumente mes propos contrairement à vous, et qu’on peut vérifier mes propos par l’image. Cet album ne fait pas honneur au talent de Rossi.

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                    • Répondu le 15 mars à  10:04 :

                      Cet album a l’air très bon au contraire. Meilleur que le précédent.

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                    • Répondu le 15 mars à  10:05 :

                      que j’argumente mes propos contrairement à vous
                      Votre argumentation aurait plus de poids sans vos fautes d’orthographe, jusque dans votre pseudo.

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              • Répondu par PATYDOC le 15 mars à  07:49 :

                J’ai acheté ce livre, possédant "tout Rossi" ; eh bien, je suis tout à fait d’accord avec Thierry, cet album est faible (c’est du sous - Abuli, ou du sous - Risso) ; et c’est vrai que Rossi gâche son immense talent depuis plusieurs années. Les "Amazones" , c’était aussi faiblard , et maladroitement "genré" puisqu’on voulait nous faire comprendre que les femmes étaient exploitées par la gente masculine alors qu’au contraire on mettait en scène des dominatrices...

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                • Répondu le 15 mars à  09:37 :

                  Rossi choque les conservateurs de la BD parce qu’il ne suit pas sa voie toute tracée d’héritier de Giraud. Il préfère évoluer et changer de technique et d’univers à chaque album. C’est plus ambitieux, plus aventureux et tout à son honneur.

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                  • Répondu par Milles Sabords le 15 mars à  10:31 :

                    Dans West, la colorisation devient un véritable "personnage" qui porte littéralement la narration, comme dans le Coeur des Amazones, il s’est bien éloigné de Giraud... Dans Niala il ne cherche plus, il n’invente plus, il ne fait que reproduire ses précédentes techniques, sa vraie patte de coloriste en moins.

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                    • Répondu le 15 mars à  10:40 :

                      Je pense que vous n’avez pas lu cet album. Ce sont des assertions péremptoires qui ne regardent que vous.

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                      • Répondu le 15 mars à  13:08 :

                        "Péremptoire", le mot magique lorsque l’on est à court d’idées. Comparez le travail sur cet album avec ceux que j’ai cité et vous verrez une différence graphique notoire, jusque dans le traitement des hippopotames qui ressemblent plus à des baudruches roses. Rossi et Deveney ont certainement voulu jouer la caricature, le pastiche, la gaudriole du sujet, mais l’humour décalé et le message subliminal ne vont pas comme un gant à tout le monde. Sans la polémique, pas sûr que cet album aurait trouver son public, tant les extrapolations de Tarzan mis à toutes les sauces n’ont jamais cessé depuis la création du personnage. "Encore un Tarzan qui surfe sur la vague Me Too", pourrait-on se dire...

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                        • Répondu le 15 mars à  15:56 :

                          Je ne me fierai pas à votre jugement en matière d’hippopotames. Péremptoire ou pas. Je préfère largement ce nouveau style de Rossi à celui de ses précédents albums. Je le trouve même rajeuni.

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                          • Répondu par Milles Sabords le 16 mars à  13:18 :

                            Un rajeunissement qui fait "débutant", vite produit, vite oublié. Pas terrible pour un type de sa trempe.

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                            • Répondu par kyle william le 16 mars à  16:21 :

                              On lit de ces trucs ici. Travail de débutant ? Vous ne savez pas de quoi vous parlez.

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                            • Répondu le 16 mars à  16:29 :

                              C’est drôlement plus stylé que son travail sur West par exemple.

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                              • Répondu le 16 mars à  16:39 :

                                Et largement. C’est un job de dessinateur confirmé. Ca n’a rien d’un travail de débutant. C’est du bon niveau d’auteur de comics américain. D’ailleurs l’hommage à la BD américaine est manifeste.

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                                • Répondu par Milles Sabords le 17 mars à  09:56 :

                                  Déjà, La ballade du soldat Odawaa, était un "Comics" style années 90, un peu facile et pas terrible, surtout face à l’industrie Américaine où il y a beaucoup mieux. Paulette Comète était tout aussi Barb(ant)rella, ce qui est un comble pour un clin d’œil graphique à Forest. Fait avouer que le scénario de Sapin était passable, avec un humour très daté. Il n’y a que son XIII Mystery qui surnage un peu. Vivement que Rossi revienne plus inspiré.

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                                  • Répondu le 17 mars à  13:52 :

                                    XIII et ses séries dérivées, c’est de la commande de série B. Je comprends que ça l’intéresse moins que de faire ce qu’il fait actuellement.

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    • Répondu par Eric B. le 12 mars à  19:22 :

      Christian Rossi est un artiste et comme tous les artistes, pour ne pas s’ennuyer, il a besoin de varier son style, alterner les techniques. Les lecteurs aimeraient que ce soit toujours pareil. Mais les dessinateurs sont des êtres humains qui ont besoin de se renouveler. Je ne leur en veux pas et j’adore Rossi.

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      • Répondu par kyle william le 12 mars à  19:46 :

        D’autant plus qu’il se renouvelle admirablement.

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        • Répondu par PATYDOC le 15 mars à  07:52 :

          Oui - surtout les décors des arrière-plans, rattrapés maladroitement par la coloriste !

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  • Niala, la polémique érotique
    15 mars 07:44, par PATYDOC

    C’est amusant de voir le gauchisme dominant dans le milieu de la BD se retourner contre ce même milieu ! C’est pas facile d’être dans le camp du Bien !

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    • Répondu le 15 mars à  09:40 :

      Tout le monde a compris que le politiquement correct et la cancel culture sont des abus et des conneries. Ce n’est pas une raison pour être de droite.

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      • Répondu le 15 mars à  11:21 :

        Non, tout le monde ne l’a pas compris, et certains "progressistes" sont même très loin d’ouvrir les yeux sur ce néo-conservatisme ravageur, au contraire, ils s’en servent formidablement bien pour asseoir un peu plus leur petit pouvoir et leur façon de penser le monde. Il y a une véritable dérive vers le bon goût de "gauche", celui qui nous dit quoi lire, quoi penser, quoi regarder, Télérama, l’Huma, Libé, Les Inrocks, France Inter, toute cette frange éditoriale ne propose plus une diversité culturelle mais une vision élitiste de la société et du politiquement correct. Ce glissement idéologique en entonnoir converge avec le néo-puritanisme et la cancel-culture en s’auto-censurant pour éviter de déplaire, ou en s’auto-congratulant pour montrer sa différence, celle du haut au détriment des "petits".

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      • Répondu par PATYDOC le 15 mars à  11:26 :

        Etre anti islamogauchiste ne veut pas dire être de droite - sauf dans l’esprit étroit du milieu de la BD ; à quand le petit sac jaune pour la remise des prix à Angoulême ?

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        • Répondu le 15 mars à  12:05 :

          Je n’ai pas dit que vous étiez de droite. Je m’en fiche, ce n’est pas à vous que je m’adresse. La droite a ses excès et la gauche aussi, en l’occurrence la cancel culture. Il suffit de raison garder.

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  • Niala, la polémique érotique
    15 mars 08:03, par Jean-Paul Gabilliet

    Béni.e.s soient les outragée.e.s professionnel.le.s car ils/elles seront toujours là pour nous dire sur quels livres / films / etc. nous précipiter...

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