Nightfall T1, La Nuit – Par Fred Fordham - Delcourt

4 avril 2013 5
  • Dans un futur proche, un jeune immigré tente de porter un coup au gouvernement ultra-répressif d'Angleterre. Pris de remords et dans le souffle de l'explosion de sa propre bombe, le voilà projeté dans le royaume des rêves...

Londres, dans un futur dystopique, le système inspiré de Big Brother de George Orwell est une réalité. Qui plus est, la société est profondément et ouvertement xénophobe : les immigrés sont parqués dans des ghettos et dépossédés de leurs droits fondamentaux.

Nous suivons le jeune Donnie, immigré qui, avec l’aide de son frère, tentent de commettre un attentat à la bombe contre un bâtiment du gouvernement. Pris de remords, celui-ci revient sur les lieux pour empêcher l’irréparable mais se retrouve pris dans l’explosion de son engin de mort et se voit propulsé à Asante, le royaume des rêves...

Rien n’est tout rose à Asante puisque les visiteurs sont irrévocablement renvoyés chez eux grâce à un choc émotionnel, mais Donnie ne peut rentrer chez lui...

Pour sa toute première publication, Fred Fordham nous livre ici un récit qui oscille entre V for Vendetta et Sandman. Sans tomber dans le piège de l’hommage facile, il construit un monde où nos légendes sont une réalité et où les anges bibliques sont devenus des tyrans, sous la coupe d’un Gabriel amer vis à vis des visiteurs et de leur comportement.

Réalisant à la fois le scénario et un dessin de très bonne qualité, c’est dans la mise en scène que cette série se démarque. Le monde réel est en noir et blanc, pour accentuer la noirceur de cette époque, tandis que les passages à Asante sont très colorés. Cette technique vraiment simple, utilisée aussi bien en BD qu’au cinéma, ou encore dans les jeux vidéo, apporte toujours un petit impact visuel qui fait son effet.

Pour une première publication, Nightfall est au dessus de ce qui nous est servi actuellement, sorte de croisement improbable entre Narnia, Sandman et l’œuvre engagée de Moore qui marque le lecteur et on ne peut que saluer les éditions Delcourt de publier cette histoire chez nous.

Nightfall T1, La Nuit – Par Fred Fordham - Delcourt
(C) Fred Fordham/ Delcourt

(par Antoine Boudet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
5 Messages :
  • George Orwell, pas H.G Wells...

    Répondre à ce message

    • Répondu par Antoine BOUDET le 8 avril 2013 à  09:41 :

      Parfois nous avons raison, et parfois nous avons tord. Merci pour avoir rectifié cette faute mon cher Rezo.

      Répondre à ce message

  • Nightfall T1, La Nuit – Par Fred Fordham - Delcourt
    10 avril 2013 15:16, par Bertrand

    Incroyable que vous puissiez comparer cet album avec V pour Vendetta et Sandman !

    Je suis généralement de votre avis sur vos critiques, mais comment peut-on faire le rapprochement entre le travail d’un Moore ou d’un Gaiman avec ce récit convenu et ennuyeux de Fordham ?
    Tout n’est que cliché dans cette BD qui, contrairement aux oeuvres que vous citez en exemple, ne restera pas dans les mémoires !

    Pour la première fois de ma vie, j’ai rapporté une BD chez mon libraire, et c’était celle-ci.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Antoine BOUDET le 10 avril 2013 à  17:49 :

      Cher Bertrand.

      Merci de l’attention que vous portez à mes chroniques, cela me fait vraiment chaud au coeur de voir que des lecteurs assidus d’ActuaBD lisent mes petites chroniques.

      Sachez cependant que mon avis n’engage que moi. Je ne suis pas là pour donner le ton sur ce qui est "à la mode" dans l’industrie du comic-book, mais plus pour donner un ressenti sur l’actualité française de cette industrie.

      Nightfall est, de mon point de vue, ce que j’ai lu de meilleur en ce début d’année 2013, et je ne retirerai pas ce que j’ai dit.

      Que vous ayez un autre avis est plus que bienvenue et cela m’enchante au pus haut point car si l’industrie du comic-book est si variée, c’est bien grâce à des lecteurs comme vous.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Bertrand le 17 avril 2013 à  14:24 :

        Pour étayer mon avis (qui n’engage également que moi), je dirai que ce premier tome est trop didactique.
        Nous quittons un monde en noir et blanc (rien d’original à décrire un monde totalitaire de façon monochrome, comme vous l’avez dit dans votre chronique) qui n’est pratiquement pas décrit, bien qu’on sache qu’il s’agisse d’une distopie, pour entrer dans un monde "fantasmagorique" foutraque.
        Les ficelles sont ici énormes et l’auteur a sans doute manqué de réflexion pour introduire son univers de façon subtile. Il tombe (toujours selon moi) dans la facilité du personnage qui nous explique en long en large et en travers les règles qui régissent cet univers. Et il fallait bien ça pour expliquer ces histoires d’ange déchu, d’enfer peuplé de gentils monstres, etc...
        Quant à l’intrigue en elle-même, je la trouve vue et revue, sans surprise, et je n’ai cessé de tourner les pages avec un ennui grandissant.

        Je tiens toutefois à nuancer mon propos en félicitant l’éditeur qui ose tenter quelque chose de différent.

        Quant à "ce que j’ai lu de meilleur en ce début d’année", pour ma part, il s’agirait plutôt de "Saga" ! ;)

        Répondre à ce message