No Game No Life T1 - Par Yuu Kamiya & Mashiro Hiiragi - Ototo

26 mars 2018 0 commentaire
  • Deux frères et sœurs reclus et férus de jeux sont transportés dans un autre monde entièrement régit par les jeux ! Un titre culte, usant à la fois de tous les clichés « otaku » et original dans sa réappropriation d’un univers de fantaisie classique.

Voici un nouveau titre d’une licence très populaire, bien qu’un peu au repos ces dernières années, qui en dépit de ses qualités le réserve a priori à un public très spécifique. D’abord parce que ses codes demeurent très « otaku », avec lolita et petites culottes, ensuite en raison de son rythme de publication : à peine un tome par an.

Ces éléments le réservent donc en premier lieu à un public précis, connaisseur ou non de l’œuvre grâce à son adaptation anime. Cependant, il serait dommage de passer à côté de No Game no Life qui constitue assurément un excellent récit de bataille basé sur divers jeux, où la logique, la psychologie, la stratégie et les connaissances variées tiennent une place centrale.

Du pierre-papier-ciseau, à une version « vivante » des échecs, en passant par le shiritori ou un jeu de tir en environnement virtuel, tout y passe, avec des idées étonnantes, et un suspense et des rebondissements qui ne faiblissent jamais.

No Game No Life T1 - Par Yuu Kamiya & Mashiro Hiiragi - Ototo
© Mashiro Hiiragi / Yuu Kamiya 2013 KADOKAWA CORPORATION

Tout débute sur Internet par une légende urbaine, celle d’un joueur usant du nom de «  » (c’est à dire « blanc ») dominant tous les jeux auquel il a participé. Derrière ce pseudo se trouve en réalité une fratrie, Sora et Shiro, âgés respectivement de 18 et 11 ans, vivant en reclus de la société depuis la mort de leurs parents.

Lui au chômage, elle déscolarisée, ils sont passionnés uniquement par les jeux, considérant le monde réel comme rien de moins qu’un « jeu pourri ». Mais un beau jour, après avoir joué aux échecs en ligne contre un mystérieux joueur, ils sont transportés dans un monde fantastique où tous les conflits et les problèmes sont réglés justement par des jeux !

Peuplé de seize races différentes, classées en fonction de leur puissance et plus particulièrement par rapport à leur affinité à la magie, ce monde est gouverné par un dieu qui a banni le vol, les agressions et le meurtre. Tout conflit ou conquête passe par les jeux, régis par dix lois « divines » auxquelles toutes les races sont soumises de façon absolue.

© Mashiro Hiiragi / Yuu Kamiya 2013 KADOKAWA CORPORATION

Les humains se situent à la toute fin du classement, essentiellement parce qu’ils ne peuvent pas utiliser la magie. Considérés comme des perdants ultimes dont on peut facilement se jouer, leur territoire se résume aujourd’hui à une unique ville : ils ont effet perdu leurs terres au fil de jeux et de défaites systématiques.

Cependant, l’arrivée de Sora et de Shiro va tout changer. Fidèles à leur maxime « Blanc ne perd jamais », ils vont montrer à tous que les faibles ont leur propre façon de se battre. Leur objectif : vaincre toutes les races pour avoir le droit de défier le dieu de ce monde !

Yuu Kamiya eut l’idée de No Game no Life en 2011, alors qu’il était hospitalisé aux États-Unis pour un cancer. Il projetait en premier lieu d’en faire un manga, mais au vu de son état de santé à cette époque il opta pour un light novel [1], qu’il illustra lui-même.

© Mashiro Hiiragi / Yuu Kamiya 2013 KADOKAWA CORPORATION

Publié depuis 2012 chez Media Factory (groupe Kadokawa), No Game no Life compte dix tomes, une série anime de 12 épisodes produite en 2014 ainsi qu’un film d’animation sorti en salles en 2017, rapportant 700 millions de yen de recettes (5,2 millions d’euros), ce qui constitue un très gros succès pour ce type de long métrage.

Après une période durant laquelle Yuu Kamiya a mis la série un peu en pause, l’année 2017 marqua son grand retour avec donc le long métrage suivi début 2018 d’un nouveau tome du light novel mais également du manga… Avec le deuxième volume dans son cas !

En effet, il faut savoir que c’est Yuu Kamiya lui-même, assisté de sa femme Mashiro Hiiragi, qui réalise l’adaptation manga. Ce qui implique un rythme lent, surtout lorsque Kamiya se trouve pris par d’autres projets !

Dans tous les cas, il n’y a pas de raison de bouder la série qui propose un univers complet sans violence, où tout se règle par des jeux, mettant en avant l’ingéniosité des héros mais aussi des lecteurs, à déjouer les pièges de leurs adversaires. Une curiosité à essayer !

© Mashiro Hiiragi / Yuu Kamiya 2013 KADOKAWA CORPORATION

(par Guillaume Boutet)

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No Game No Life T1. Par Yuu Kamiya & Mashiro Hiiragi. Traduction Benjamin Moro. Ototo, collection "Seinen". Sortie le 16 mars 2018. 190 pages. 7,99 euros.

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[1Light novel : petits romans d’aventure feuilletonnants, souvent illustrés, simple formellement, très populaires au Japon, notamment auprès du jeune public.

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