NonNonBâ – par Shigeru Mizuki – Cornélius

27 janvier 2007 5 commentaires
  • Mêlant merveilleux et leçons de vie, la chronique d’une enfance dans le Japon des années 1930. Par un grand maître du manga, des histoires qui ont la simplicité et le charme des anciens temps.

C’est un livre très riche que NonNonBâ, signé de l’un des grands noms de la bande dessinée japonaise, Shigeru Mizuki. Il mêle en effet chronique familiale, récit d’initiation et incursions dans le merveilleux, par l’intervention récurrente de yôkaï, ces petits êtres comparables aux lutins, qui prennent mille formes, mille attributs, mille fonctions diverses dans la tradition populaire japonaise.

C’est avant tout à une réflexion sur la vie, à travers l’apprentissage qu’en fait le jeune héros Shigeru (l’album est largement autobiographique), que nous convie l’auteur. On y apprend ainsi des parents : le père, inoubliable farfelu, intellectuel philosophe et un brin mythomane qui, d’employé de banque dilettante, se mue un beau jour en gérant de cinéma pour répandre la culture dans sa petite province… La mère aussi, fière de ses origines familiales prestigieuses et inquiète du caractère fantaisiste de son époux, mais qui, par amour, finit toujours par le suivre dans ses choix.

NonNonBâ – par Shigeru Mizuki – Cornélius
NonNonBâ, par Shigeru Mizuki
(c) Cornélius

La principale source d’enseignement pour Shigeru reste cependant NonNonBâ, une vieille femme très pieuse, qui survit en louant ses services comme femme de ménage ou garde-malade. Intarissable sur le sujet des yôkaï – il y en a partout, à chaque épisode de la vie, des bienveillants, des plus dangereux, et la vieille femme connaît les « trucs » pour s’en protéger –, elle raconte des histoires qui fascinent un petit garçon avide de mondes imaginaires et qui passe beaucoup de temps à dessiner entre deux bagarres avec ses copains.

NonNonBâ, par Sigeru Mizuki
(c) Cornélius

La morale de NonNonBâ, que l’on pourrait qualifier de fataliste, peut aussi être vue comme respectueuse des équilibres de la vie, des réalités visibles comme invisibles. De même, le père de Shigeru lui transmet une vision de l’existence à la fois détachée et épicurienne. L’un et l’autre l’aideront à surmonter ces douleurs qui « font grandir le cœur ». Sans s’en apercevoir, Shigeru aura mûri, et le lecteur avec.

(par Arnaud Claes (L’Agence BD))

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5 Messages :
  • NonNonBâ – par Shigeru Mizuki – Cornélius
    13 février 2007 13:57, par ph

    Votre article est sans aucun doute l’un des tout meilleurs que j’aie lu sur cet album.
    Enfin quelqu’un qui l’a lu, et bien lu ! Ca fait plaisir.
    merci

    Le traducteur

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    • Répondu le 13 février 2007 à  15:14 :

      Par contre, si vous pouviez rétablir la vignette de couverture, ça pourrait aider les lecteurs qui chercheront Nonnonbâ chez leur libraire... Ce que vous montrez, là, c’est la 4e de couverture. Oui, je sais, vous n’êtes pas les seuls à faire l’erreur, mais c’est pas une raison.

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  • Bonjour j’ aurai une petite question :
    Qu’ est que c’ est que le Nuru-Nuru Bôzu s’ il vous plaît je n’ ai pas bien compris...

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    • Répondu le 22 février 2010 à  17:05 :

      le Nurunur bôzu est un yôkai gluant qui s’accroche au dos de ses victime les rendant très fatiguer et leur donnent très faim poure san débarasser il faut se mêttre au solei

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