Norbert l’Imaginaire T.3 « La dame de trèfle » – par Guéret et Vadot – Le Lombard (3e Degré)

4 février 2004 0 commentaire
  • Nobert, c’est l’imaginaire de Simon Glonek. Dans les deux albums précédents, il a défait successivement le Capitaine et Monsieur i, respectivement la raison et l’inconscient du jeune homme. Désormais, tous trois président ensemble aux destinées du-dit Simon. Reste que l’harmonie interne de ce dernier dépend intimement de sa relation avec Élodie…

Alors quand la charmante le quitte, c’est un véritable séisme psychologique !
La Dame de trèfle, troisième opus des aventures de Simon Glonek, et de son Nobert d’imaginaire, nous raconte comment Simon va se relever de cette rupture. Nous allons y découvrir pêle-mêle : la hargne dévastatrice d’une jumelle oubliée, un imaginaire vieilli et désabusé, un dépresseur en grande forme et l’action pacificatrice de l’organisation des neurones unis…

Vadot et Guéret continuent leur bonhomme de chemin. Ceux qui ont déjà découvert la série n’ont pas besoin d’explications, qu’ils sachent que les personnages continuent à grandir, à mûrir… Pour les autres, Norbert l’imaginaire est un univers à découvrir. Les auteurs y mêlent une histoire d’amour pleine de sensibilité, des aventures à rebondissements et une fable politique très affûtée.
D’un côté, on a l’extérieur, le monde de Simon et Élodie, deux jeunes gens un peu introvertis mais tellement sympathiques. Ils y découvrent l’amour, avec ses hauts et ses bas.
De l’autre côté (et pas du miroir !), il y a l’univers intérieur de Simon. C’est une arène politique où s’ébattent Freud, Platon et des politiciens contemporains. Sur ce champ de bataille, la schizophrénie de l’esprit humain est mise en scène au travers des personnages de Norbert, du Capitaine, etc. Et Nicolas Vadot – dessinateur dans la presse politique belge – en profite pour croquer au passage quelques tendances fondamentales de notre société. On reconnaîtra ainsi en Arnold Dépressor, poujadiste borgne au discours démagogique, certains personnages douloureusement contemporains.
Pour la technique, le découpage est essentiellement en gaufrier classique. Mais il subit parfois des déformations qui sont parfaitement signifiantes (voir la symétrie entre la troisième et la dernière planche). Notons enfin que les deux auteurs n’hésitent pas à mélanger les styles graphiques et narratifs. Ici deux planches au trait ultra-naïf. Là, une ligne extrêmement claire. Le tout entrecoupé de quelques fac-similés de la presse glonékienne.

Il faut passer outre le dessin et le sujet d’abord déroutants de Norbert l’imaginaire et le lire. On découvre dès les premières pages qu’il s’agit d’une série riche et ambitieuse. Après un album, on n’a plus qu’à retourner chez son libraire pour acheter les autres…

(par Martin Grillard)

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