Notre Mère la guerre (troisième complainte) - Maël & Kris - Futuropolis

4 décembre 2011 0 commentaire
  • Deux gradés à la recherche de meurtriers au sein même de l'armée, dans la boue des tranchées. Troisième épisode qui nous emmène à Paris, toujours dans l’âpreté et les aigreurs de la vie de chair à canon...

En mai 1917, la boucherie de la guerre 14-18 continue de broyer du soldat. Depuis deux ans, le capitaine Janvier et le lieutenant Roland Vialatte soupçonnent les jeunes troupes du caporal Peyrac dans l’affaire du meurtre de trois jeunes femmes.

Se retrouvant blessé après son engagement dans le combat, Vialatte retrouve Janvier, qui maintient sa vision des faits. L’enquête va repartir de zéro, direction Paris et la vie antérieure de ces soldats accusés, une vie de délinquance...

Moins de combats et d’ambiances mortifères : la troisième complainte de Notre Mère la guerre privilégie les joutes psychologiques. Entre Vialatte et Janvier, les points de vue ont été dilatés par la guerre et les expériences bien différentes de chacun. En ayant pris sa part dans les tranchées, Vialatte se montre plus mesuré, et surtout plus proche des soldats de base. Ce voyage vers la capitale, on le sent, ne concerne pas un enquêteur neutre, mais un soldat lui-même qui aimerait donner un peu de respect aux "gamins perdus" du caporal Peyrac.

Notre Mère la guerre (troisième complainte) - Maël & Kris - Futuropolis

Ponctué de scènes marquantes, comme cette rencontre entre deux trains (voyageurs civils face aux soldats) et l’arrivée dans Paris, ce volume 3 montre une autre forme de violence, celle du regard des autres. Les rares séquences de respiration montrent des femmes exceptionnelles (dans tous les sens du terme...) et pourtant clairvoyantes. Sans dépeindre en détail toutes les horreurs du front (bien présentes, cela dit), Maël et Kris soulignent, une fois de plus, qu’à cette époque, la société française toute entière ployait sous le poids de cet épouvantable conflit.

(par David TAUGIS)

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