Nouvelle démission à la tête du Festival de Sierre

25 septembre 2003 0 commentaire
  • Yves Hänggi, directeur du Festival International de la bande dessinée de Sierre, vient d'annoncer qu'il donnait sa démission. Il ne sera resté que dix mois à la tête de la manifestation. En six ans, quatre directeurs se sont déjà succédés à ce poste.

Il confie les raisons de cette décision à Thierry Vial, du magazine "Bilan" : "Au début, j’étais très motivé par ce nouveau défi, car je suis un vrai passionné de BD. Mais, très vite, j’ai découvert la partie immergée de l’iceberg. Ce poste est une coquille vide, car le directeur n’a de directeur que le titre. Il ne dispose absolument pas du pouvoir de décision ni de la liberté nécessaire à une telle fonction. Une seule personne tire toutes les ficelles, il s’agit de Charly Quinodoz, le président du comité d’organisation."

Son prédécesseur, Philippe Neyroud, confirme au même journal : "Tout est remis en question dans les bistrots à l’heure de l’apéro. Mais le problème, c’est qu’à cette heure-là le directeur, lui, travaille encore. Ces pratiques découragent fortement tout esprit d’initiative, et même si j’ai tenu trois ans en me battant pour améliorer ce festival, dès la fin de la première année, la question du départ se posait."

Et, selon le journaliste qui signe l’article, c’est toute l’organisation du festival qui est à revoir : "Charly Quinodoz reconnaît qu’il y a un couac dans l’organisation. La cohabitation obligée entre bénévoles et professionnels pose de nombreux problèmes et nécessite une redéfinition urgente du cahier des charges de chacun. Un discours truffé de bonnes intentions que les précédents directeurs se souviennent d’avoir déjà entendu. « Quand je suis arrivé, le président m’a clairement dit que je devais prendre le pouvoir », explique Philippe Neyroud, des propos répétés à l’arrivée d’Yves Hänggi qui devait se préparer à incarner l’image du festival. Pourtant, durant leur mandat, ni l’un ni l’autre n’ont réussi à s’affranchir de la mainmise du président. Pis, c’est tout un système qui est figé autour de Charly Quinodoz. Sa fille fait partie du comité alors que son fils travaille à 80% au bureau.
Les membres du comité ne connaissent quasiment rien à la BD et beaucoup sont des proches du président. De plus, les partenaires locaux et les différents fournisseurs sont intangibles, pas moyen pour le directeur de proposer d’autres solutions sous peine de se voir retirer le dossier."

C’est Pierre-Alain Hug qui succède à Yves Hänggi.

(par Patrick Albray)

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