O.M.A.C. L’Arme ultime - Par Dan Didio & Keith Giffen (Trad. Xavier Hanart) - Urban Comics

16 février 2015 1 commentaire
  • Petit employé d'une start-up, Kevin Cho se trouve du jour au lendemain transformé malgré lui en une créature bio-mécanique, invincible, obéissant aux ordres de l'autoritaire Œil : O.M.A.C. ! Une sympathique série courte, entre hommage à Jack Kirby et actions décomplexées !

En cette période d’hommage à Jack Kirby, Urban Comics nous propose un nouvel album portant le sceau du rois des comics. Cependant il ne s’agit pas ici d’une œuvre originale du maître -une intégrale sur O.M.A.C. ayant déjà été publiée il y a quelques mois- mais d’une reprise du personnage et de son univers dans le cadre du relaunch New 52, une recréation éditoriale de l’univers DC Comics, en septembre 2011.

Signalons qu’il ne s’agit pas de la première réinterprétation du personnage : la première partie de l’événement Infinite Crisis (2005-2006) proposait déjà une version moderne d’O.M.A.C..

O.M.A.C. L'Arme ultime - Par Dan Didio & Keith Giffen (Trad. Xavier Hanart) - Urban Comics
Kevin Cho devenu malgré lui l’outil de l’Œil.
DC Comics / Urban Comics

Sur cette série à l’atmosphère old school, nous retrouvons Dan Didio, l’éditeur en chef de DC Comics, dans un scénario qu’il coécrit avec Keith Giffen qui, de son côté, se charge en plus du dessin. Un duo fan de Jack Kirby -mais est-ce étonnant ?- qui signe une œuvre nerveuse, regorgeant d’actions et de références, mais qui fut malheureusement arrêtée au bout de huit épisodes.

C’est donc la série complète que le lecteur a entre les mains avec cet album [1], sans véritable fin, ou plutôt proposant un semblant de conclusion, mais trop expéditive, laissant certains points inexpliqués, pour véritablement parler de « fin ». Cependant il n’y a pas à bouder son plaisir car, dans la catégorie œuvre-hommage, cet O.M.A.C. : L’Arme ultime s’en tire avec les honneurs.

Cette nouvelle version reprend le concept de base imaginé par Jack Kirby en le transportant à notre époque : un employé de bureau transformé en arme ultime, O.M.A.C. (Organisme Mécanique d’Assaut Caractérisé) par un satellite abritant une intelligence artificielle appelée l’Œil.

Des combats de titans rythment les épisodes
DC Comics / Urban Comics

Néanmoins à la différence du récit original, l’Œil et O.MA.C. n’œuvrent pas pour une agence de la paix. L’Œil se trouve en réalité en conflit avec ses créateurs, l’agence gouvernementale Checkmate, qui tente de le neutraliser, tandis que, de son côté, il cherche à rassembler des éléments sur une menace mystérieuse.

Une dynamique différente qui change O.M.A.C. en fugitif et, si nous ajoutons le fait que Kevin ne maîtrise ni ses transformations ni ses actions en tant qu’O.M.A.C., cela nous amène à un autre modèle de personnage de Jack Kirby : L’Incroyable Hulk. Une intention qu’on retrouve dans le design d’O.M.A.C., bien plus massif et « enragé » que l’original.

Dans ce nouvel univers, faisant de notre duo des cibles à abattre, Dan Didio et Keith Giffen mêlent hommages et concepts modernes de DC Comics. Parmi ces hommages, citons la start-up pour laquelle travaille Kevin qui se nomme « Cadmus » et sert de couverture à deux scientifiques aux origines incertaines... sauf évidemment pour le lecteur du Quatrième Monde, qui y reconnaîtra ses classiques et pourra deviner de quoi il retourne en réalité !

À ces éléments « classiques » s’ajoutent un part de remise au goût du jour, nécessaire et bienvenue. Ainsi nous retrouvons Maxwell Lord à la direction de Chekmate, personnage bien connu de l’ère moderne, qui se pose en ennemi juré de l’Œil, ainsi que les personnages de l’organisation secrète S.H.A.D.E. (Sur-Humains Agents de Défense de l’État) dont Frankenstein, ou encore une toute nouvelle Female Furies [2] : Leilani.

O.M.A.C. face à Frankenstein du S.H.A.D.E.
DC Comics / Urban Comics

La série s’articule ainsi comme une guerre secrète entre organisations de l’ombre, avec son lot de complots et de trahisons. Chaque épisode est rythmé par un combat démesuré d’O.M.A.C., confronté au « monstre de la semaine ». L’ensemble s’avère varié et dynamique, sans temps mort.

Sans oublier la relation entre Kevin Cho et l’Œil, qui a fait de ce dernier, sans qu’il ait son mot à dire, son bras armé, et se trouve donc malgré lui plongé dans une guerre qu’il ne comprend pas. Constamment sous la surveillance de l’Œil qui le trimbale où bon lui chante, la vie, et le corps, de notre malheureux héros ne lui appartient plus, devenant le jouet d’une puissance pour qui la liberté de l’individu constitue une donnée toute relative...

Le dessin de Keith Giffen imite quant à lui le style de Kirby et tente de reproduire cette sensation « explosive », si spécifique aux planches du roi des comics. Le résultat apparaît comme honnête, relativement fun et respire le rétro, dans le bon sens du terme.

Une courte série, entre hommage et nouveauté, qui s’inscrit néanmoins parfaitement dans l’univers New 52, qu’O.M.A.C. traverse en le secouant, nous en faisant découvrir une facette pas forcément très connue, mais riche en personnages et situations étranges.

De l’action, du rythme, du mystère, des conflits moraux et une bonne dose de référence et d’hommage, font de cet album un sympathique moment, fort réussi, que devraient apprécier les amateurs du genre.

Exemple de couverture reprenant le style de Kirby, avec ici Leilani, une nouvelle Female Furies créée pour l’occasion.
DC Comics / Urban Comics

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

O.M.A.C. L’Arme ultime. Par Dan Didio (scénario) & Keith Giffen (scénario + dessin). Traduction Xavier Hanart. Urban Comics, collection "DC Renaissance". Sortie le 23 janvier 2015. 192 pages. 17,50 euros.

Commander cet album chez Amazon ou à la FNAC

- Lire la chronique d’O.M.A.C. par Kirby

[1Les épisodes contenus dans O.M.A.C. L’Arme ultime sont :
- O.M.A.C. #1-8 (septembre 2011 à avril 2012).

[2groupe de vilains composé exclusivement de femmes, issu du Quatrième Monde. Notons qu’il a été choisi comme traduction dans cette édition Folles Furieuses, ce qui ne nous semble pas très heureux...

 
Participez à la discussion
1 Message :
  • Pour compléter, il peut être utile de rappeler que Keith Giffen avait travaillé en 1982 sur une storyline importante de Legion of Super-Heroes : the Great Darkness Saga. Et que son dessin ressembla un moment à du Munoz, une référence peu commune aux Etats-Unis (sur Hex, notamment).
    Maintenant, son dessin ressemble à du Kirby, modernisé par Larsen, l’auteur du Savage Dragon. Bon, au moins, son trait évolue !

    Répondre à ce message