Olivier Cinna foudroyé par une crise cardiaque

26 mars 2019 1 commentaire
  • C’est un bel artiste qui nous quitte dans la force de l’âge, à 46 ans. Formé au dessin comme à la danse, il avait retenu de cette dernière discipline un geste élégant et raffiné qui se retrouvait dans son trait.
Olivier Cinna foudroyé par une crise cardiaque
"Fête des morts" d’Olivier Cinna et Stéphane Patzszek. Futuropolis.

Ce dessinateur français, né à Caen le 31 décembre 1972, décédé le 24 mars 2019, avait débuté des études de danse classique au conservatoire, tout en étudiant le dessin aux Beaux-Arts de sa ville natale. Il avait ensuite décidé d’apprendre la bande dessinée en Belgique dans le très réputé Institut Saint-Luc. Il multiplie ensuite les petits boulots -même facteur !- avant de travailler dans l’animation.

Il fait ses débuts aux Éditions Emmanuel Proust avec un premier album, Mr Deeds : Le Mystère de l’étoile, co-écrit avec Hugues Fléchard, qui reçoit, au Festival de Bruxelles, le Prix Europe 2005. Mais l’expérience tourne court : le deuxième tome reste dans les cartons.

"Ordures T.1" d’Olivier Cinna et Stéphane Patzszek. Futuropolis.

Il collabore ensuite avec le scénariste Stéphane Piatzszek, alors jeune journaliste spécialisé dans le jeu vidéo, qui faisait ses débuts aux éditions Futuropolis. Cela donne un album de 100 pages en noir et blanc, massif et puissant, qui favorise la narration et qui l’installe comme une valeur reconnue : Fête des morts (2011). « J’essaie aujourd’hui que chaque image aille « chercher » le lecteur, expliquait-il dans une interview donnée à Nicolas Anspach pour ActuaBD. Il faut que chaque case soit forte. Lorsque je reçois le scénario de Stéphane Piatzszek, je me pose directement une question essentielle : « Quelle force vais-je pouvoir mettre dans telle et telle scène ?  ».

Il rempile avec Piatzszek le temps d’un diptyque chez Futuropolis : Ordures : Entrée Nord (2014) et Ordures : Entrée Sud (2015) qui vaut surtout par sa splendide pratique du noir et blanc.

Olivier Cinna
Photo : Nicolas Anspach
"Hibakusha" d’Olivier Cinna et Thilde Barboni. Aire Libre / Dupuis

Puis il passe dans la collection Aire Libre chez Dupuis avec Hibakusha (2017), adapté d’une nouvelle de Thilde Barboni. C’est à la fois la découverte de l’usage de la couleur et l’expression de son admiration pour le dessin japonisant.

« Un dessin délicat et habité, et des personnages dépassés par leurs émotions. Splendide. » s’enthousiasme David Taugis dans nos pages.

Aire Libre lui permet de se remettre à l’ouvrage avec Permafrost, dont il avait dessiné les 30 premières pages avant de poser définitivement le crayon, où son trait lumineux révèle banquises et fonds marins.

Entretemps, il avait réalisé un recueil de dessins pour Les Cahiers Aire Libre, Haïku, qui transposait en dessins la retenue et l’élégance de la culture japonaise, un ouvrage à paraître en juin 2019.

Une planche d’Olivier Cinna
© Éditions Dupuis.
Dessin d’Olivier Cinna
DR

La rédaction d’ActuaBD s’associe à l’affliction que ressentent ses éditeurs, ses amis (parmi lesquels beaucoup d’auteurs) et bien entendu son épouse Tanja et ses deux enfants, Nemo et Maya.

Dessin d’Olivier Cinna
DR
Dessin d’Olivier Cinna
DR

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photos de Nicolas Anspach.

 
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1 Message :
  • Olivier Cinna foudroyé par une crise cardiaque
    27 mars 05:30, par Pierre-Olivier Hacquard

    Une dramatique nouvelle, je suis sans voix
    Quelle grande perte !!!!
    J’avais eu le plaisir d’échanger quelques mots au salon de la bulle d’or à Brignais.
    Un artiste simple et remarquable.
    La vie est une garce qui vous enlève toujours les meilleurs.
    une profonde tristesse.....

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