Oms en série T1 - Par Morvan & Hawthorne - Ankama Editions

12 novembre 2012 0 commentaire
  • La fuite et la révolte d'hommes de compagnie envers les Draags, créatures gigantesques qui étaient autrefois leurs maîtres. Adapté de l'oeuvre de Stefan Wul, qui avait inspiré le film "La Planète sauvage".

Après Niourk d’Olivier Vatine, dont nous vous parlions il y a quelques jours, voici à présent une autre adaptation éditée par Ankama, d’un roman de l’écrivain français de science-fiction Stefan Wul : Oms en série. Cette aventure en deux tomes narre les aventures de Terr, un Om de compagnie offert à Tiwa par son père.

Tiwa est une Draag, une grande créature bleue dont le casque censé l’instruire entre par inadvertance en résonance avec le collier de Terr, qui du coup accède aux connaissances des Draags, et apprend à lire et à écrire. Ce savoir lui est très utile lorsque Terr choisit de fausser compagnie à ses maîtres, et prendre part à la rebellion des Oms.

Déjà adapté sur grand écran en 1973 par René Laloux et Roland Topor à travers leur film d’animation La Planète Sauvage, cette histoire renverse évidemment le rapport de domestication concernant les hommes : et si c’était nous qui étions les créatures de compagnie d’êtres plus intelligents, si les rapports de taille étaient inversés, comment réagirions-nous ?

Dès les premières pages, ce renversement de situation est saisissant : le discours de Faoz expliquant le processus de séparation entre la mère et ses deux bébés Oms, puis le port du collier et même l’épisode de la désomisation font bien froid dans le dos, d’autant plus que le comportement des Drags n’est ni plus ni moins que calqué sur celui des humains dans la vraie vie. Certains font preuve de bonté et d’autres de cruauté. Il est donc impossible pour le lecteur d’en faire des méchants dans l’histoire, ce qui rend la seconde partie de l’album d’autant plus pertinente et laisse un arrière-goût de malaise.

Oms en série T1 - Par Morvan & Hawthorne - Ankama Editions
©Hawthorne/Ankama Editions

Le scénario de Jean-David Morvan s’attarde surtout sur le dilemme affectif qu’éprouve Terr : séparé de sa mère après seulement quelques semaines, il n’aura de cesse de la retrouver. Ayant accès à l’éducation de sa maîtresse, et en sécurité au sein d’une vraie famille, il choisit pourtant de fuir malgré les marques d’affection presque maternelles que la Draag lui a témoigné. Mais une fois parmi ses congénères, c’est le le rapport au père qui est à présent traité via le personnage de Brave et une rapide évocation du père biologique de Terr.

Mike Hawthorne, de son côté, choisit un traitement "clean" de la planète des Draags, avec ses dégradés très propres et une esthétique épurée dans la lignée des univers de science-fiction d’antan. Cet aspect lisse choque un peu au début mais les cadrages ultra-efficaces mettant en avant la différence de taille entre les Draags et les Oms intensifient les dangers qui guettent Terr, tout en magnifiant ces grandes créatures bleues, à travers des planches d’une élégance folle et un cerné impeccable.

Après Niourk et en attendant Piège sur Zarkass ou encore La Peur Géante, les albums tirés des univers de Stefan Wul n’ont pas fini de fasciner.

(par Thomas Berthelon)

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