On se faxe, on se digitalise, on se téléporte et on déjeune ! - La vie qu’on mène, n°5 - Arsenault - Mille-îles

5 décembre 2002 0
  • Comment? Vous n'avez pas d'ordinateur? Vous en êtes encore au téléphone fixe? Avec une seule ligne? Et vous n'êtes pas encore passé au DVD? Mais, bon sang, sur quelle planète vivez-vous? On est au XIXe siècle, ça vous dit quelqu chose, ça? Il est temps de devenir normal!

On se faxe, on se digitalise, on se téléporte et on déjeune ! - La vie qu'on mène, n°5 - Arsenault - Mille-îles Qu’est-ce que tu fais, ce soir ? Veux-tu aller prendre une bière ?
- Certainement ! Mais avant, il faut que je trouve qui je suis, où je vais et quelle est ma mission sur Terre. Après, on sort !

Le petit personnage de Line Arsenault aimerait bien vivre tranquillement, avec ses petits besoins à lui pas vraiment excessifs. Mais voilà ! La société de consommation l’a ferré et tente de le convaincre d’adhérer à toutes ses valeurs et, surtout, d’acquérir tout ce superflu qui fait soit-disant l’individu normal d’aujourd’hui. Obligé de se connecter à Internet, d’avoir un e-mail, un téléphone cellulaire et de renouveler constamment son matériel afin d’être en phase avec la société. Virer son magnétoscope et acheter un lecteur de DVD. Recycler son four traditionnel et cuisiner avec un micro-ondes. Résilier son abonnement au téléphone fixe et passer aux communications surtaxées du mobile. Etc.

Il est aussi noyé sous les nuisances diverses que notre monde est si prompt à inventer, comme les répondeurs automatiques, les enquêteurs de marketing, les musiques d’attente des centrales téléphoniques, les vendeurs d’électro-ménager, les manuels d’informatique et la consommation à crédit.

Une succession de tranches de vie sur la vie de fous qui est celle de tous les hommes et femmes dits "civilisés". Vous êtes sûrs que ça ressemble à ça, la civilisation ?

(par Patrick Albray)

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Dans la même veine que Jannin et son "Germain et Nous", que Bretécher avec ses "Frustrés", Line Arsenault caricature les incohérences et les absurdités de notre monde contemporain avec des dessins simples où importent avant tout les dialogues et les situations. Pas de chutes et de gags comme dans la bande dessinée d’humour classique, mais des tranches de vie statiques qui sont autant d’instantanés des excès de nos modes de vie modernes, imposés par les vendeurs de technologie et les équipes de marketing.

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