On veut la tête de Doonesbury !

18 mai 2004 0 Actualité par
Acheter cet album
  • Lauréate du Prix Pulitzer en 1975, la bande dessinée « Doonesbury » de Gary Trudeau est la figure de proue d'une certaine BD d'opinion américaine. Egratignant les hommes politiques comme Dan Quayle ou George Bush, ou le barnum médiatique de l'affaire O.J. Simpson, Trudeau est le témoin moral de son époque. Une malheureuse rencontre avec l'actualité fait qu'aujourd'hui, on réclame sa tête !

Ceci nous est rapporté par un article signé Libby Copeland dans le Washington Post du 16 mai 2004 qui nous apprend que Gary Trudeau, auteur du strip Doonesbury (Universal Press Syndicate), est actuellement dans l’embarras suite à un impair dont il n’est pas responsable.

Il faut savoir que les planches en couleurs de Doonesbury qui paraissent le dimanche dans près de 900 journaux américains leur sont expédiées d’avance car ces suppléments dominicaux doivent être imprimés jusqu’à une semaine avant livraison. On veut la tête de Doonesbury ! Or, la planche prévue pour le 23 mai - et créée il y a plusieurs semaines - montre une tête décapitée... triste coïncidence avec la trop récente décapitation d’un citoyen américain en Irak. Les habitués du strip savent déjà que l’équipe de football universitaire dont Boopsie assume le coaching, est impliquée dans un scandale d’harassement sexuel. Boopsie fait alors appel à une avocate pour une poursuite civile ; cette dernière s’imagine, dans la dernière case du strip, en train de servir la tête du recteur de l’université sur un plateau d’argent.

Il n’y a, bien sûr, pas de relation entre la fiction et la réalité, et bien sûr aussi, Gary Trudeau ne pouvait prévoir ce triste événement. Cependant, les coeurs sont encore très sensibles aux USA... Les journaux dont le supplément dominical est déjà imprimé devront mettre leurs lecteurs en contexte tandis que les autres se sont vu offrir une autre planche en remplacement. Selon le Washington Post, même s’il n’y est pour rien, Gary Trudeau va quand même afficher un communiqué sur son site web dimanche prochain disant regretter cette coïncidence fâcheuse et s’excuser auprès des lecteurs que ces images auraient offensés. Voilà, maintenant, c’est le bédéiste qui doit s’excuser parce que le public a trop d’imagination !

Le BéDénaute

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Le site Doonesbury

Lire l’article du Washington Post (abonnement nécessaire, mais gratuit)