One Piece Z : l’adaptation ciné d’un hit manga peut-il rencontrer le succès en France ?

15 mai 2013 0 commentaire
  • Ce 15 mai sort en France "One Piece Z", onzième film dérivé du manga à succès d'Eiichiro Oda, "One Piece". Après "Strong World", "One Piece Z" est le deuxième film de ce genre à bénéficier d'une réelle distribution. Y a-t-il chez nous un public pour ce type de long métrage plébiscité au Japon?

Luffy et sa bande naviguent sur le Nouveau Monde quand ils recueillent un naufragé, Z. Celui-ci se révèle être un ancien amiral de la Marine décidé à noyer les mers sous un déluge de feu afin d’en finir avec les pirates qui y règnent en maîtres. La confrontation est inévitable.

One Piece Z : l'adaptation ciné d'un hit manga peut-il rencontrer le succès en France ?Trame simple, efficace, prétexte à la mise en scène des héros du manga dans des schémas connus qui raviront les fans. Surtout, pour la seconde fois, Eiichiro Oda, le mangaka, s’est impliqué dans la production du film, en particulier dans l’élaboration des nouveaux personnages. À commencer par Z/Zéphyr, l’ancien amiral devenu renégat. Ce onzième film, à l’image de Strong World, s’intègre ainsi réellement à la mythologie interne de One Piece.

Bonne animation et réalisation au service des personnages principaux et des quelques guests du manga : chacun a droit à son petit moment de gloire. Le film se veut un divertissement efficace à destination d’un jeune public.

Les combats font ainsi l’objet d’une attention particulière avec des choix de mise en scène parfois étonnants : dynamisme absolu pour le combat de Zorro et lourdeur des punchs pour l’ultime affrontement de Luffy. C’est par ce type de détails qu’on mesure, si besoin est, l’écart entre un tel projet, mené par le réalisateur Tatsuya Nagamine, et un pur produit commercial sans âme.

Reste à voir à qui s’adresse le film en France ; et à estimer l’ampleur des écueils qu’il ne manquera pas de rencontrer. Strong World, malgré des qualités évidentes et un succès phénoménal au Japon n’avait pas trouvé son public chez nous. En sera-t-il de même pour One Piece Z ?

A priori la distribution serait encourageante : environ 80 copies en France dont une vingtaine pour la région parisienne. A titre de comparaison, Les Enfants Loups : Ame & Yuki de Mamoru Hosoda, le dernier film dont s’est chargé Kazé, avait commencé sa carrière en salles à 50 copies pour culminer à 100.

Un succès phénoménal

Quelques chiffres pour appréhender le phénomène One Piece : Le manga d’Eiichiro Oda vient d’atteindre - chiffres publiés par la régie publicitaire de Shueisha pour février 2013 - 288 millions de volumes vendus sur l’Archipel. Cela en fait le succès numéro 1 actuel au Japon, mais aussi dans l’histoire des mangas puisque Dragon Ball, quant à lui, atteint "seulement" 157 millions. Précisons toutefois que les ventes à l’international placent le succès d’Akira Toriyama devant celui d’Eiichiro Oda au total.

Débuté en 1997, One Piece est presque depuis lors l’étendard du Weekly Shonen Jump. Ses ventes annuelles oscillent entre 20 et 30 millions d’exemplaires contre 6 et 8 millions pour le plus gros succès suivant : Naruto.

Côté cinéma, Strong World et One Piece Z, les deux films sur lesquels Eiichiro Oda s’est engagé, ont été au Japon en salle des succès colossaux. Le démarrage de Strong World a fait jeu égal avec celui du Harry Potter, sorti à la même période, tandis que celui de One Piece Z fut, en décembre dernier, le meilleur au box office nippon toutes catégories confondues, depuis 2011 avec plus d’un million de spectateurs sur le premier week-end ! Il totalise depuis 5,6 millions d’entrées au Japon. Le phénomène n’a donc rien d’anecdotique !

En France toutefois, Strong World n’a attiré en salle qu’un peu plus de 20 000 spectateurs. L’écart est donc grand même si le "vivier" des fans semble important : One Piece est aussi un hit chez nous, avec plus de 9 millions de volumes du manga écoulés.

Il ne manquera pas d’être taxé de japoniaiserie et, comme pour Strong World, les critiques contre l’animation japonaise - supposée abrutissante - et la culture manga - de base médiocre - ne feront certainement pas non plus défaut. Comme si entre le dessin animé quotidien qui passe à la télévision - forcément catastrophique - et les films d’Hayao Miyazaki - ontologiquement géniaux - il n’y avait pas d’alternative.

Peut-être peut-on cependant inviter à prendre One Piece Z pour ce qu’il est : un moment de détente assez réjouissant qui embarquera les plus jeunes sans trop ennuyer ceux qui les accompagneront, pourvu qu’il ne partent pas avec des a priori hostiles. One Piece Z livre sa part de rêve, ses personnages improbables et charismatiques à la fois, ses univers délirants et ses moments épiques, soulignés et grossis certes, mais qui font mouche. Et c’est déjà pas mal.

(par Aurélien Pigeat)

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