"Open Bar" : du grand Fabcaro !

2 juillet 2020 0 commentaire
  • L'auteur du magnifique et déroutant "Zaï zaï zaï zaï" revient avec le second tome de sa série réalisée chez Delcourt. Opportunisme, récupération, redite ? Plutôt un beau Pataquès !

"Open Bar" : du grand Fabcaro !
Fabcaro n’est l’auteur pas que d’un album. Même s’il est évident que son Zaï zaï zaï zaï a changé sa vie, et a apporté sa pierre à l’humour en bande dessinée comme le disait entre autres Philippe Geluck. Et nous avions d’ailleurs été dans les premiers à vous conseiller cet incontournable album paru chez Six Pieds sous terre.

Pourtant, le succès de ce titre (plus de 220.000 exemplaires vendus) a chamboulé l’auteur, le condamnant presque à rééditer son exploit. Et les albums suivants ont confirmé cette part d’ankylose : les deux ouvrages parus par la suite chez Glénat et Six Pieds sous terre ne sont pas parvenus à atteindre la fraîcheur et la liberté que l’on avait dans Zaï zaï zaï zaï ou encore le précédent Carnet du Pérou.

C’est donc avec un mélange de plaisir mais aussi d’appréhension que nous avions ouvert son premier album paru chez Delcourt, Open Bar, un sentiment vite dissipé face à la réussite de ce premier tome, car il s’agit bien ici d’une série au contraire des autres one-shots.

Arrive le second tome, et même si le premier avait largement dépassé nos attentes, le même sentiment d’envie et d’appréhension nous reprend : est-ce que le second tome maintiendra le niveau du premier ? Un sentiment qui se maintient d’ailleurs dans les premières pages : certes l’absurde et la dénonciation de nos travers sociétaux sont bien présents, certes c’est plaisant, mais ce n’est pas aussi bon qu’on l’espérait. Allez, continuons la lecture...

Et bien, en définitive, le second tome d’Open Bar n’est pas bon, il est tout bonnement excellent ! Et ces premières pages qui nous donnaient un sentiment un peu mitigé, avaient surtout le mérite de nous installer dans l’univers baroque et borderline de Fabcaro. De quoi nous permettre de mieux apprécier les gags qui suivent, ou des situations identiques qui profitent des installations précédentes pour visent juste là où ça fait mal, donc là où cela fait rire !

Car l’auteur se retrouve de nouveau à l’aise dans son élément. Laissant tomber de précédents fils rouges qui finissaient par l’entraver, il parvient à critiquer les faux-semblants de notre société en imaginant des situations qui mettent en exergue ces carcans qui souvent nous étouffent. Lire et rire avec Open Bar sert donc d’exutoire au lecteur, tout en le faisant réfléchir : que demander de plus ?!

L’auteur diversifie les thématiques : ce gag risque de ne toucher que des parents qui ont connu les joies des interminables spectacles scolaires.

Comme le premier opus, cette nouveauté profite également d’un excellent chemin de fer, qui alterne les situations et les mises en page, en proposant une progressive montée en puissance pour que le lecteur profite pleinement de sa lecture. Nous saluons donc James, le directeur de la collection Pataquès chez Delcourt, qui n’est certainement pas étranger à ce succès. En moins de deux ans, la collection a déjà su donner le ton, profitant il est vrai de la visibilité de Fabcaro, mais permettant également de publier d’étonnant petits formats carré qui méritent vraiment d’y porter attention.

La réussite d’Open Bar tient-elle alors dans la confiance retrouvée de l’auteur ou dans l’environnement et l’encadrement de l’éditeur ? Difficile de trancher, mais il apparaît évident que la série va s’imposer durablement dans le paysage avec ces deux premiers opus plus que réussi. Un beau Pataquès !

(par Charles-Louis Detournay)

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