Orbital, T5 : Justice - Par Serge Pellé & Sylvain Runberg - Dupuis

12 janvier 2013 6 commentaires
  • Héritier de Valérian, et d'une bande dessinée de plus en plus adulte, {Orbital} livre un graphisme et un scénario de grande maturité. Une reconnaissance bienvenue qui figure dans la sélection d'Angoulême 2013.

Après le désastre de Kuala-Lumpur, la Confédération a besoin de coupables. Peu importe que leurs deux agents, Caleb et Mézoké, aient tenté l’impossible pour éviter le drame, peu importe aussi que Caleb soit entre la vie et la mort ; Mézoké, seul face à ses supérieurs, est tout désigné pour constituer le parfait bouc-émissaire.

Accusé à tort, sans possibilité de se faire entendre ou de se défendre, Mézoké soupçonne qu’il n’est qu’un pion bien pratique sur l’échiquier politique intergalactique. Quand un commando de terroristes terriens parvient à s’infiltrer sur la station Orbital, la donne change... à tel point même que la destinée de Mézoké et Caleb va basculer de manière irrémédiable.

Orbital, T5 : Justice - Par Serge Pellé & Sylvain Runberg - Dupuis
Dans un monde où la diplomatie tente de garder unie la Confédération, quels meilleurs boucs-émissaires que ces deux agents que tout oppose ?

Dès la parution du premier tome, Orbital imposait son ton particulier. Certes, un duo d’agents qui résout des difficultés diplomatiques aux quatre coins de la galaxie, cela fait écho à bien d’autres séries. Mais le passé des deux agents leur confère déjà une qualité particulière. De plus, l’intégration de la Terre dans la Confédération ne s’est pas fait sans heurts, de quoi provoquer des tensions et rixes en tous sens.

C’est avec beaucoup de plaisir qu’on replonge dans cette nouvelle intrigue, qui fait directement suite au tome précédent.

Entre leur déchéance, le passé qui les rattrape, et la pression diplomatique qui veut absolument faire d’eux des boucs émissaires, nos deux ’héros’ sont les jouets de forces qui semblent les dépasser. C’est d’ailleurs toute la singularité du scénario de Sylvain Runberg : on ne voit pas toujours clairement comment l’intrigue se profile, demeurant dès lors aux aguets de chaque élément, de chaque piste qui pourrait nous aider, comme les héros, à distinguer qui tire les ficelles.

Une autre grande force du récit est la puissance que Pellé parvient à insuffler dans chaque planche. Elles sont denses, étoffées, et permettent de saisir parfaitement l’ambiance distillée par le scénario. Avec un dessin héritier de celui deMézières, et des effets graphiques dignes de Gimenez, Orbital a toutes les cartes en mains pour emmener les lecteurs dans les étoiles.

Une ambiance bien installée, avec un paradoxe entre le masque des terroristes et l’action présentée.
Percutant !

(par Charles-Louis Detournay)

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Orbital sur ActuaBD, c’est aussi :
- la chronique du tome T1
- une interview vidéo de Serge Pellé : « Je n’ai pas de schéma de création précis pour l’aspect des aliens » (Janvier 2010)
- une interview de Sylvain Runberg : « Orbital est le reflet de mon goût pour la géopolitique » (avril 2010)

 
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6 Messages :
  • Orbital, T5 : Justice - Par Serge Pellé & Sylvain Runberg - Dupuis
    12 janvier 2013 14:29, par Sylvain Runberg

    Merci pour cette chronique enthousiaste ! J’ai cependant une remarque : Serge Pellé n’a rien à voir avec "Les Carnets de Darwin", qui sont illustrés par Eduardo Ocana.

    Cordialement

    Sylvain Runberg

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    • Répondu par ActuaBD le 12 janvier 2013 à  14:36 :

      Nous avons corrigé cette erreur. Avec nos excuses.

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  • J’avais bien aimé les 4 premiers albums, mais là, rien à faire, je ne suis pas entré dedans. Il y a un gros problème de narration, plein de choses sont incompréhensibles, et on n’arrive pas à différencier plusieurs personnages, du coup on est perdu. Je trouve que c’est le rôle de l’éditeur (qui est le premier lecteur) de montrer aux auteurs quand il faut revoir la copie ou éclaircir certains points, mais y-a-t-il encore des éditeurs chez Dupuis ? La lecture de la Grande Odalisque m’a fait penser que non, et sur cet album il y a visiblement un manque éditorial.

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    • Répondu par Adx le 14 janvier 2013 à  11:14 :

      Je suis un peu du même avis, même si à la fin, les choses rentrent un peu de l’ordre.

      [Attention SPOILER : petit mais spoiler quand même]

      En fait, il y a 2 choses qui me gênent un peu dans le récit. Le flashback un peu étrange sur le vaisseau et aussi, ce groupe de terroriste qui s’en prends aux isolationnistes qui semblent sortis de nulle part.

      Je dirais même que le retour sur la planète des mineurs est un peu étrange et déplacé, surtout sans être remis dans le contexte.

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      • Répondu par Sylvain Runberg le 14 janvier 2013 à  15:23 :

        Ce tome 5 fait en effet le lien avec des évènements survenus tout au long des 4 tomes précédents (on considère donc que les lecteurs s’en souviennent au moins dans les grandes lignes). Par exemple, le groupe de terroristes ne sort pas de nulle part : il est directement lié à la première scène du T1, mais je ne vas pas spoiler plus en avant ;)

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        • Répondu par lbums le 14 janvier 2013 à  17:58 :

          Même en ayant lu les précédents albums, on ne comprend pas grand-chose, c’est un problème de narration, c’est pas sensé être du Dostoivski, si faut prendre des notes pendant la lecture il faudrait le dire au début, qu’on sache à quoi s’attendre (c’est dans ces cas-là qu’on se dit que les récitatifs de Jacobs avaient du bon).

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