Overkiller, un poing c’est tout !

13 février 2020 0 commentaire
  • Pour préparer dignement la Saint-Valentin en ce 13 février, le web-comic Overkiller se fait une place bien méritée dans nos librairies. Deux tomes financés grâce à une campagne Ulule qui a dépassé les 325% de la somme requise, et qui plongent le lecteur dans un univers aussi barré qu'hilarant. Une franche réussite ! Et si la série ne s’adresse pas à tous les lecteurs, elle saura ravir ceux qui aiment le second degré, la parodie et ce que d'aucun appellent le "politiquement incorrect".

Overkiller, un poing c'est tout !On y suit les aventure de l’Overkiller, Lance de son vrai nom, un tueur à gage célèbre dans sa ville d’Atros City. Accompagné de son fidèle acolyte Ethan, looser accro à la beuh et à la glande, ils vont tenter d’assumer les contrats d’assassinat confiés à Lance qui élimine volontiers les pontes du crime organisé si leurs ennemis le paient assez grassement.

Sur le principe, rien de bien original, si ce n’est que l’univers mis en place par Fred Mansour, Rodolphe Bax et Gaëtan Georges, est COMPLÈTEMENT taré. On y croise pèle mêle un violeur d’ours exhibitionniste, un mime assassin qui se bat avec des armes imaginaires, une mafia gay ou une tueuse à la poitrine over-surdimensionnée. Tous ces protagonistes s’affrontent dans des bains de sang et des flopées d’insultes si crues que l’on est presque tenté de se sentir choqué.

En bon mime qui se respecte, Simon ne prononce pas un mot et tous ses gadgets sont imaginaires, y compris ici un mouchoir chloroformé (qui reste étrangement efficace...)
© Fred Mansour, Rodolphe Bax, Overkiller.

Les graphismes sont très dynamiques et mettent bien en valeur le bordel et le non-sens ambiant d’Atros City. Un soin tout particulier est apporté aux proportions des corps, pour jouer avec les personnages et en faire des caricatures : moustaches de plusieurs mètres, muscles qui feraient pâlir d’envie Hulk, poitrines sur-développées..., tout y est pour rendre chaque protagoniste unique et intéressant visuellement.

Et s’ils sont au services d’un scénario pour le moins classique, d’aucun diraient même basique, la véritable force d’Overkiller repose sur ses dialogues. Pour peu que vous appréciez l’humour vulgaire qui franchit régulièrement la frontière du "politiquement incorrect" (gay, noir, femme, ours, russe, tout le monde en prend pour son grade), et surtout le non-sens et l’absurde.

Overkiller fait partie de ces trop rares comédies qui ne nous arrachent pas seulement un rictus et nous font rire franchement. À condition bien évidemment que le lecteur soit réceptif à ce type de blague, autrement il pourrait trouver l’ensemble un peu lourdingue, voire même se sentir offensé par quelques sorties presque limites.

Emmo, ancien espion du KGB, qui s’avère être un muppet ultraviolent et instable. Oui oui.
© Fred Mansour, Rodolphe Bax, Overkiller.

Doit-on mettre Overkiller entre toutes les mains ? Certainement pas. En revanche, tous les amateurs de comédies d’action irrévérencieuses peuvent se jeter dessus.

Enfin, l’équipe derrière la série est très proche de sa communauté notamment à travers les réseaux sociaux, en publiant régulièrement des compléments à cet univers. Sur leur site (très bien fait au demeurant), on peut également prolonger l’expérience Overkiller avec une série audio, une aventure dont vous êtes le héros, et même découvrir le premier tome gratuitement. Une nouvelle campagne de financement participatif a été lancée pour la publication du troisième tome.

© Fred Mansour, Rodolphe Bax, Overkiller.

Voir en ligne : Le site d’Overkiller.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Overkiller T. 1 et T. 2 - Par par Fred Mansour, Rodolphe Bax et Gaëtan Georges - Ed. Uppercut - 16€ par volume.

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