TRIBUNE LIBRE À Philippe Caza : De quoi la Quenelle est-elle le nom ?

15 janvier 2014 1 commentaire
  • Face à l'invasion de quenelles en France, Philippe Caza réagit [sur son site->http://philippe-caza.blogspot.fr/2014/01/de-quoi-la-quenelle-est-elle-le-nom.html] par cette Lettre ouverte amusante et pertinente que nous reproduisons ici avec son accord.

DE QUOI LA QUENELLE EST-ELLE LE NOM ?

(Essai d’analyse polysémique politico-charcutière)

Après la banane, la quenelle. Décidément, la bite blanche et molle est le must de l’hiver !

Le nom viendrait de Knödel allemand ou alsacien. A priori rien à voir avec la quenotte ou la quenouille ni avec la queue ou la quéquette (quoique…). Mais quand même, dans le mot, il y a queue et la forme évoque inévitablement une bite blanche, plutôt petite et molle (queue-nouille ?).

Geste "potache", bien sûr, c’est-à-dire issu du collège, du lycée. Et voilà donc que le débat politique se ramène à un geste de cour de récré. Un bras d’honneur, oui, mais un peu planqué, à demi dissimulé. Un demi bras d’honneur, en quelque sorte, timide ou hypocrite, lancé "par en dessous". On oriente le geste de défi vers le prof ou le surveillant général (le surgé, dit Poyof), mais quand il a tourné le dos, le geste n’est visible que par les copains complices. Lesquels se marrent en douce, au risque que l’intéressé perçoive ce mouvement dans son dos (les surgés ont cette sorte de super-pouvoir) et balance une retenue collective. Je n’ai pas le souvenir que ça ait eu un nom, à l’époque. Faire "un bras"… (Faire "un doigt" joue à peu près le même rôle.)

Mais le bras d’honneur, le vrai, est plus visible, plus dressé, plus phallique. Bras droit plié au coude, main gauche dans le creux du coude. Variante main droite ouverte : je balance ça par dessus mon épaule, derrière moi = je m’en fous. Variante poing fermé et avec un embryon de mouvement latéral : plus agressif = je te le mets dans le cul, bien profond. Ça veut dire, en gros et en détail, "Va te faire foutre", "Je t’emmerde", "Je t’ai bien eu", "Tu l’as dans le cul"… et autres delicatessen du même acabit(e).

Maintenant, dans la quenelle, ce geste où le bras reste tendu mais bas, la main droite paume en bas et la gauche qui semble retenir le bras, évoque immanquablement le cas du Dr Folamour : un salut nazi retenu à grand peine. Là encore, il y a de la dissimulation, de l’hypocrisie. Je dirai finalement : un geste lâche. Qu’ils le fassent donc pour de bon, ce salut honni, qu’on puisse les foutre en tôle !

Mais le geste de retenir peut aussi être vu comme une coupure si la main gauche s’applique par la tranche sur le haut du bras droit, juste sous l’épaule. Le geste signifierait alors "Je te la coupe".

Pour ce qui est de "mettre dans le cul du système", c’est nul. Ce bras mou, pendouillant, est loin d’avoir le pouvoir de pénétration d’un bras d’honneur en forme de fist fucking, d’un poing levé anarcho-syndicaliste, d’un doigt sinéesque ou d’un simple saucisson pur porc. "Pur porc" ? Évidemment, dans la problématique sémitique casher halal, ce serait délicat à manier. D’où peut-être ce choix du terme quenelle : une charcuterie sans porc. (Je rappelle en passant que le terme sémitique est à la base linguistique et désigne les langues proche-orientales telles que l’hébreu, l’arabe ou l’araméen, de racines proches, de cultures proches. Au point que le terme antisémitisme et les actes qui vont avec pourraient s’appliquer aux arabes tout aussi bien qu’aux juifs.)

Accessoirement, avec ces conneries, les quenelles lyonnaises se vendent bien ces temps-ci, merci. Il s’était passé un peu la même chose avec la viande de cheval qui avait connu un nouveau succès à la suite du scandale des lasagnes. De là à croire que c’est un coup du puissant lobby de la charcuterie lyonnaise………

Bon. Je crois que c’est tout ce que j’ai à dire là dessus.

TRIBUNE LIBRE À Philippe Caza : De quoi la Quenelle est-elle le nom ?
© Philippe Caza

— Tu nous dis pas si tu es pour ou contre DD. Pour ou contre l’interdiction de ses spectacles. Pour ou contre l’usage de la quenelle dans le contexte politico-médiatique actuel…

— Je ne réponds jamais aux sondages ni aux micro-crottoirs.

Philippe Caza

(par François Boudet)

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