Parce que le paradis n’existe pas - Par Marie et Vanders - Editions Bamboo

3 mars 2009 0
  • Avec ce nouvel album, Bamboo souhaiterait-il investir le roman graphique tout en cherchant à se démarquer de ses concurrents ? C’est ce que laisse à penser ce nouvel opus du tandem Marie et Vanders. Avec en prime, une bonne dose de poésie nostalgique !

On avait déjà remarqué ces auteurs pour leur très noir et très captivant Welcome to hope à l’atmosphère lourde et pesante. Ici le duo change radicalement de registre pour se tourner vers une biographie intimiste et sensible.

Le récit s’oriente volontairement vers la nostalgie et les souvenirs d’enfance en invitant le lecteur à de fréquents aller et retour entre le vécu de Fabien, trentenaire, licencié, séparé de sa copine et venu se réfugier chez ses parents à la campagne à la recherche des impressions et des émotions de ses dix ans. Au fil du récit, nous voilà donc transportés entre deux univers : celui du spleen désabusé de cet écorché d’une « certaine modernité de l’existence » et les peurs et les émotions du garçonnet qu’il fut…qu’il est peut-être encore ? Cet homme (dont on ne sait finalement pas grand chose) retrouve à la faveur de ce retour chez « Papa-Maman » des sensations oubliées, enfouies au plus profond : est ce qu’il rêve ? Revoit-il ou revit-il vraiment son passé ? Au lecteur de suivre Fabien dans « son paradis » pour trouver (peut-être ?) une explication.

Jouant à fond le registre intimiste les auteurs nous restituent une série d’impressions sympathiques ou la nostalgie des « jours heureux » et des chaleurs des premiers étés d’enfance affleure à chaque page. Difficulté de communication, refuge dans une solitude volontaire et assumée, suspension du temps, odeurs et lumières teintées de mélancolie et de morosité, tous ces petits « riens » sont brillamment restitués par la touche graphique du dessinateur en parfaite osmose avec la tonalité d’un récit hésitant entre biographie poétique et chronique enfantine.

« J’ai dix ans, je sais que c’est pas vrai, mais j’ai dix ans... », cet album parvient sans difficulté à faire écho à la fameuse chanson d’Alain Souchon avec un certain talent.

Présenté dans un format conforme aux « lois » du genre : maquette économique, recours aux dégradés de noir et de blanc et un format très « Graphic Novel », l’objet de près de deux cents pages se complète de la publication intégrale du texte du scénario abondamment illustré de photos d’une esthétique très proche de l’ouvrage.

(par Patrice Gentilhomme)

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