Pas de cessez-le-feu pour la Première Guerre mondiale en BD

7 novembre 2018 0 commentaire
  • Le 11 novembre 1918 est la date que tout le monde retient pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale : c'est celle de l'armistice qui nous vaut d'ordinaire un jour de congé. Mais il est une date bien souvent oubliée : celle du cessez-le-feu, le 7 novembre. C’est ce jour-là que finit vraiment la « Der des Ders », où commencent des négociations menant à l’armistice. Quelle est l'actualité, en cette date anniversaire, de la Première Guerre mondiale dans la bande dessinée ?

Quand on évoque la Grande Guerre dans le 9e Art, un nom surgit d’entrée : Jacques Tardi. Il fait figure, oserait-on dire, « d’ancien combattant ». Peu, avant lui, ont consacré un album complet sur le sujet. Marqué par la lecture des Carnets de Guerre de Louis Barthas, tonnelier : 1914 - 1919 et le visionnage de films comme Verdun, Visions d’Histoires qui venaient faire écho aux récits entendus dans sa propre famille, l’auteur des Aventures d’Adèle Blanc-Sec s’est rapidement intéressé à cette période de l’histoire et y a dédié de nombreux albums, dont certains, comme Putain de Guerre ou C’était la Guerre des tranchées, sont devenus de grands classiques.

Pas de cessez-le-feu pour la Première Guerre mondiale en BD
Jacques Tardi...
© Casterman
© Le Lombard

L’auteur s’intéresse aux soldats, « ces pauvres gars qui ne demandaient rien mais qui ont été envoyés au casse-pipe ». Il met un point d’honneur à visiter les lieux où se sont déroulés tous ces événements et à travailler avec des historiens pour se rapprocher avec exactitude de ce qu’il s’est réellement passé. Son travail est d’ailleurs reconnu comme étant exceptionnel de ce point de vue : il ne manque pas un bouton de guêtre et la qualité de la documentation en remontrerait à plus d’un spécialiste. Quand on lui demande s’il y a encore beaucoup d’histoires à raconter sur ce sujet, notre dessinateur bourru répond « C’est une histoire sans fin... ».

De fait, depuis cette première référence, les contributions pullulent. On mentionnera 14-18 d’Éric Corbeyran, La Guerre des Lulus de Régis Hautière ou encore La Grande Guerre : le premier jour de la Bataille de la Somme de Joe Sacco.

Xavier Dorison, Emmanuel Herzet et Cédric Babouche dans "Le Chant du cygne"...
© Le Lombard

Jusqu’à investiguer les domaines les plus occultés, comme ces poilus qui décidèrent en pleine guerre de défier l’autorité en lançant une pétition dénonçant les ordres absurdes qui leur étaient donnés. Un groupe de soldats eut alors la périlleuse mission de rapporter ce document à l’Assemblée Nationale. Cette histoire a inspiré Xavier Dorison, scénariste émérite, Emmanuel Herzet et Cédric Babouche pour Le Chant du cygne, qui revient ce mois-ci en intégrale chez Le Lombard.

© Delirium

Les éditions Delirium, quant à elles, en profitent aussi pour republier La Grande Guerre de Charlie. Considérée aujourd’hui comme l’une des meilleures bandes dessinées de guerre jamais produite, cette série en dix volumes suit l’histoire de Charlie Bourne, un jeune Britannique de 16 ans qui s’est enrôlé volontairement dans l’armée. Plutôt courageux, le jeune homme va rapidement se trouver confronté à la réalité de la guerre, qui est décrite minutieusement grâce à un travail de documentation méticuleux et aux dessins remarquables de Joe Colquhoun. D’Alan Moore à Historia, cette œuvre majeure a été unanimement saluée et a fait l’objet d’une exposition au Musée de la Grande Guerre de Meaux en 2014-2015.

...ou encore Pat Mills et Joe Colquhoun, ont illustré chacun avec talent la "Der des Der".
© Delirium

Associée à d’aussi marquantes images, cette terrible période de l’histoire ne risque pas d’être oubliée. C’est là l’une des forces de la bande dessinée.

(par Vincent SAVI)

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