Patrick Pinchart & Olivier Van Vaerenbergh : "Spirou HeBDo est une évolution, pas une révolution"

24 janvier 2006 3 commentaires
  • [Le magazine {Spirou} change de peau->3199]. Les éditions Dupuis ont décidé de reconquérir les kiosques français ! 300.000 exemplaires vont être mis en place. Un plan marketing musclé accompagne cette mise en avant. L'éditeur va-t-il réussir son pari alors que la presse dans son ensemble fait grise mine ? L'avenir nous le dira... Pour l'heure, {{Patrick Pinchart}}, l'éditeur actuel du magazine, et {{Olivier Van Vaerenbergh}}, son rédacteur en chef, nous parlent de la nouvelle formule ...

Le journal avait subi un sérieux lifting en 2004. Pourquoi lancer une nouvelle formule ? Est-ce un aveu d’échec par rapport aux modifications apportées au magazine ces dernières années ?

PP : Spirou HeBDo n’est pas une révolution par rapport à ce qui a été fait précédemment, mais plutôt une évolution. Le journal Spirou a toujours été en évolution constante depuis sa création.
Lorsque j’ai été une première fois rédacteur en chef du magazine, entre 1987 et 1993, j’ai constaté que Spirou s’était tourné vers les adolescents. Nous avions perdus nos jeunes lecteurs. Mon principal objectif était de faire de Spirou un vrai magazine destiné aux préadolescents. Le contenu rédactionnel a été adapté pour correspondre à cet objectif.

Thierry Tinlot m’a succédé et a considéré que Spirou devait avant tout être un journal de bande dessinée et a supprimé tout le contenu rédactionnel. Il est revenu sur cette décision à la fin de son mandat. Thierry s’était rendu compte qu’une formule « magazine », finalement, ce n’était pas si mal. En 2004, il a donc changé la formule et a réinstallé différentes rubriques.

Et vous avez poursuivi avec Olivier ce travail ?

PP : Oui. On peut considérer qu’il est enfin abouti. Nous avons, à nouveau, un magazine de BD, constitué majoritairement de bandes dessinées qui se marient avec des rubriques rédactionnelles. Celles-ci sont toujours illustrées par des dessinateurs de l’équipe et souvent même, totalement réalisées en bande dessinée, ce qui permet à une plus large variété d’auteurs de participer au journal...

Patrick Pinchart & Olivier Van Vaerenbergh : "Spirou HeBDo est une évolution, pas une révolution"
Spirou Point Com (www.spirou.com) c’est aussi de nombreuses webtoons hilarantes.

Comment se positionne Spirou HeBDo par rapport à ses principaux concurrents, à savoir Mickey et Pif ? Est-il possible de gagner des parts de marché dans ce secteur particulièrement concurrentiel ?

PP : Le seul hebdomadaire auquel on pourrait tenter de nous comparer est Mickey, mais ce n’est pas le même type de magazine. Les autres journaux ne peuvent pas être considérés comme des concurrents car ils sont mensuels. Mais la cible de Mickey est clairement enfantine, alors que Spirou est un journal familial « tous publics ». On ne lit plus Mickey après dix ans, alors que Spirou est lu par toute la famille.

De plus, Spirou est le seul véritable hebdomadaire de création de bandes dessinées, alors que Mickey rachète les droits de publication de BD créées ailleurs (entre autres chez Dupuis) ou publie des travaux de studios étrangers. Ceci dit, mes propos n’ont rien de dénigrants. C’est un journal très bien fait pour sa jeune cible.

Le marché est difficile, et toute la presse (jeunesse ou autre) voit ses chiffres de vente chuter, mais nous sommes convaincus qu’il y a toujours un avenir pour un hebdomadaire de BD, surtout lorsqu’il publie la plupart des stars de la BD « tous publics » d’hier, d’aujourd’hui et, nous l’espérons bien, de demain. A part Titeuf, Tintin et Astérix, il faut bien se rendre compte que la plupart des séries les plus populaires de la bande dessinée sont nées dans Spirou. Nous comptons bien continuer à les publier ou les republier, et profiter de leur notoriété pour permettre à d’autres de prendre leur succession.

Vous avez été rédacteur en chef du journal entre 1987 et 1993, puis entre 2004 et 2005. Avez-vous l’impression que ce métier et les responsabilités qui en découlent, ont évolués ?

PP : Au niveau des responsabilités, pas vraiment ! Il faut toujours veiller à l’équilibre du journal, sentir l’air du temps pour le faire évoluer, chercher de nouvelles idées pour le renouveler, trouver de nouveaux créateurs, motiver les auteurs, répondre à leurs interrogations et à leurs inquiétudes, veiller à la cohérence du contenu et du ton, superviser tous les stades de conception du journal, faire en sorte qu’il corresponde aux critères de qualité exigés par Dupuis, etc...

Mais la masse de travail est plus importante depuis que nous avons opté pour une pagination de soixante-huit pages, soit vingt de plus que la précédente. Ce qui explique le partage des responsabilités entre Olivier Van Vaerenbergh et moi. Il est responsable de l’animation du journal, de la gestion de l’équipe, ainsi que de la partie rédactionnelle. En tant qu’éditeur, je suis chargé de la partie « bandes dessinées ». Nous travaillons cependant en binôme, nos bureaux étant côte à côte, chacun demandant l’avis de l’autre lors de prises de décisions importantes.

Par rapport à mon premier mandat, il y a aussi une motivation générale des éditions Dupuis dans le journal, avec un comité de direction très impliqué dans les choix rédactionnels. Le rédacteur en chef n’est plus seul dans les décisions. Le journal est un vrai projet d’entreprise.

Vous ne vous chargez donc pas de sélectionner les nouveaux projets ?

PP : Oui. C’est d’ailleurs une des choses qui a évolué depuis mon premier mandat en tant que rédacteur en chef de Spirou. La quantité de dossiers que nous recevons est beaucoup plus importante. Nous recevons énormément de projets de dessinateurs, d’un niveau moyen nettement supérieur à celui d’il y a quinze ans. Il faut aider à les faire aboutir. Mon rôle est de les accompagner afin que leurs projets soient publiables dans Spirou HeBDo. Il y a toujours, malheureusement, la même carence en scénaristes doués.

Vous publiez les séries classiques du catalogue Dupuis comme Gaston ou Spirou dans la nouvelle formule du journal... Est-ce une manière de faire du neuf avec du « vieux » ?

PP : Je n’aime pas le terme « vieux ». Les séries que nous allons republier dans le journal (Gaston Lagaffe, Boule & Bill, Les Schtroumpfs, Natacha, Le Marsupilami, etc) sont toujours actuelles et sont signées par d’immenses auteurs. Mais, vu la surproduction, quels enfants ont encore la chance d’être mis en contact avec ces personnages ? Nous sommes convaincus qu’ils plairont à la nouvelle génération de jeunes lecteurs. Ils ignorent d’ailleurs que les planches qu’ils liront ont vingt, trente ou quarante ans ...
Nous choisirons, bien sûr, les séries qui ont résisté au temps.

Vous ne vous adressez pas au nostalgiques ?

PP : Non. Notre objectif est de faire connaître ces séries aux lecteurs d’aujourd’hui. C’est aux libraires, ensuite, de faire leur travail, et de remettre ces albums en avant ! Ils sont souvent d’une qualité nettement supérieures à beaucoup d’albums qu’ils sont obligés d’entasser dans leurs rayons.

Il y a une grande injustice dans la bande dessinée par rapport aux autres moyens d’expression ou aux autres médias. Des œuvres littéraires datant d’il y a un ou deux siècles sont encore éditées et toujours populaires, tandis que des séries de BD que nous avons appréciées il y a des dix ou vingt ans, ont totalement disparu ou ne sont disponibles que sur le marché des collectionneurs. Il manque un équivalent de la « Pléiade » pour la BD !

Je suis donc fier de pouvoir faire découvrir aux enfants d’aujourd’hui des chapitres importants de notre patrimoine.

La rédak en vrai
Les personnages fictifs qui animent le site Spirou.com et le journal.

Il n’empêche que le retour des séries historiques a déjà fait couler beaucoup d’encre...

PP : Est-ce que l’on est choqué de voir rediffusés à la télévision des films ou des séries télévisées des années ’70 et ’80 ? Cela fait plaisir à ceux qui les ont déjà appréciés. Les plus jeunes, quant à eux, peuvent les découvrir. Pourquoi en serait-il autrement dans un journal de bande dessinée ? D’autant plus que ces rééditions n’occupent que huit pages hebdomadaires ...

Olivier Sulpice, le directeur général de Bamboo, nous disait avoir réussi à s’imposer dans un créneau, l’humour tous publics, alors que les éditions Dupuis -pionnier dans le genre- étaient en perte de vitesse sur ce segment du marché ... Dupuis a-t-il eu un moment du mal à se renouveler ?

PP : Il est indéniable que Bamboo a réussi à s’imposer avec des séries à thèmes, en ciblant des catégories bien précises, comme les enseignants, les gendarmes, les amateurs de foot, etc. Je trouve personnellement que c’est une grande réussite au niveau marketing, mais qu’il y a des efforts à faire au niveau de la qualité. Chez Dupuis, nous avons d’une part des critères de qualité extrêmement exigeants et, d’autre part, des auteurs qui ont cette rigueur pour eux-mêmes.

Lisez Le Petit Spirou, Kid Paddle ou Game Over, Cédric, les Femmes en Blanc, Parker et Badger, les Nombrils (pour ne citer que quelques séries d’humour parmi plein d’autres) et vous vous apercevrez que l’on ne joue pas dans la même cour que bien des séries de Bamboo... Ceci dit, je ne recherche pas à enlever du mérite à cet éditeur qui, s’il n’a pas les mêmes critères que les nôtres, a parfaitement réussi à s’imposer sur un marché très difficile.

La rédak se dévoilait sur sa carte de vœux 2006

Et la question du renouvellement ?

PP : Ces derniers mois, nous avons lancé plusieurs nouvelles séries de gags dans Spirou et nous poursuivrons le travail dans les semaines qui viennent, sans pour autant garantir que ces nouvelles séries se retrouveront ensuite en albums.
Spirou est un laboratoire. Il permet de tester les séries avant de décider de les publier en librairie. Les éditeurs qui n’ont pas de magazine sont obligés d’effectuer ces tests directement en albums, ce qui participe à la saturation actuelle ... et à la quantité d’albums moyens ou médiocres mis sur le marché !
Nombre de séries lancées chaque année seront pilonnées rapidement et n’atteindront pas le deuxième tome. Avec un magazine, on minimise ce risque ...

Olivier Van Vaerenbergh, sur quels critères, vous êtes-vous basés pour la création de nouvelles rubriques ?

OVV : Sur nos propres convictions et analyses. Le journal perdait de la visibilité d’année en année. Il avait pratiquement disparu des kiosques français. Il devenait peu à peu un produit d’abonnement et de vente par correspondance. Les événements qui ont suivis le rachat de Dupuis par Média-Participations ont provoqué le climat idéal pour une relance, avec pour objectif le renouvellement et l’augmentation du lectorat du magazine Spirou. Comme il se doit de le faire pratiquement à chaque génération depuis 68 ans !
Ensuite, nous avons mené une enquête précise, la plus crédible possible, auprès de 2000 abonnés, en France et en Belgique. Différents points ont été abordés : leur âge, leurs attentes, leurs déceptions, leurs personnages et rubriques préférées, etc.

Qu’en avez-vous retenu ?

OVV : Des informations souvent intéressantes : ils lisent Spirou pour se détendre et accordent une nette préférence à l’humour. Ils apprécient particulièrement Le Petit Spirou, Kid Paddle, Cédric. La prépublication n’est pas un critère fondamental pour eux. L’écrasante majorité du lectorat a entre 10 et 17 ans...
Il a donc fallu digérer ces données et le traduire dans une nouvelle formule du magazine : plus de pages, une maquette correspondant à l’aire du temps, un contenu cohérent de semaine en semaine, des BD best-sellers, le retour des séries historiques, des jeunes talents, et beaucoup plus de rubrique d’animation. Celles-ci sont ouvertes aux autres sujets que la bande dessinée (musique, nouvelles technologies, reportages, interviews, air du temps, etc) et sont toujours et avant tout traitées graphiquement. Bref, il nous fallait recréer un « esprit Spirou », une envie et un élan, qui concerne autant les auteurs que les lecteurs.

Patrick Pinchart, quelle réaction sucite chez vous la remarque de certains adultes qui disent : « Spirou, c’était mieux avant ! » ?

PP : C’est une réaction normale de nostalgique que tous les rédacteurs en chef ont entendues. Pourtant, s’ils retrouvaient le journal de leur enfance, il est probable que ces lecteurs trouveraient qu’il a un peu vieilli... Comme Spirou évolue en permanence, sa maquette est adaptée à son époque et se trouve donc systématiquement « datée ». Certaines séries vieillissent mal, également.

C’est vrai que nous recevons des lettres de grands-parents qui se plaignent du contenu, qui râlent parce que « c’était mieux dessiné avant » et qui menacent de désabonner leurs petits-enfants si on ne change pas ... Mais bon, on ne peut pas dire que le public des nostalgiques soit notre cible principale.
Par contre Spirou est véritablement un journal familial, que l’on découvre quand on est enfant et que l’on continue à lire quand on est adulte, en le faisant découvrir à nouveau à ses propres enfants. Cela fait des décennies que cela dure et on va tout faire pour que cela continue !

Spirou semble perdre de plus en plus son rôle de journal à prépublication. Autrefois, on y découvrait les aventures des héros du journal deux ou trois mois avant la parution des albums. Maintenant vous publiez des gags,(Petit Spirou, Parker & Badger), sans compter l’aventure de Spirou et Fantasio réalisée par Yoann & Vehlmann, indépendemment de leur parution en librairie... Pourquoi ?

PP : Pour nous permettre d’équilibrer le journal comme nous le souhaitons en étant indépendants de la programmation des albums. Jusqu’à aujourd’hui, nous devions programmer le contenu du journal en fonction de celle-ci : si un éditeur programmait tel album en décembre, il nous fallait nous arranger pour publier les planches avant, et tant pis si nous avions en parallèle trop de séries réalistes ou enfantines. Le journal n’était pas traité comme un support indépendant, dont le contenu devait être équilibré pour lui-même.

Nous avons donc décidé de programmer les histoires en fonction de ce qui nous semblait le mieux pour le journal, afin d’obtenir un contenu homogène. Dans la plupart des cas, cela sera des prépublicationd par rapport à la parution en album. Parfois, l’album sortira pendant la publication dans le journal, ou avant celle-ci.

Mais il ne faut pas imaginer non plus que, une fois l’album sorti, tout le monde se précipite l’acheter dès le jour de son lancement. Les ventes s’étalent sur des semaines, voire des mois. Il y aura, certes, des lecteurs qui auront déjà acheté l’album et qui trouveront, dans Spirou, quelques pages (une minorité) qu’ils ont déjà lues. Mais pour la majorité des lecteurs, cela ne sera pas le cas. Spirou va être tiré à 300.000 exemplaires [1], ce qui est nettement supérieur aux ventes de la plupart des albums.

Olivier Van Vaerenbergh et Patrick Pinchart
Photo (c) Nicolas Anspach

Olivier, vous avez travaillé pour le groupe Rossel, qui édite en Belgique le quotidien « Le Soir », puis vous avezparticipé au lancement du mensuel « Pepper Plug ». Qu’est ce qui vous motive le plus particulièrement dans vos nouvelles fonctions ? ?

OVV : Je voulais surtout travailler pour ce journal ! C’est un magazine qui, dans ma vie d’enfant et d’adolescent, a été très important. Comme beaucoup, j’avais un rapport presque intime avec lui : un vraie relation d’appartenance, très affective et presque familiale. C’était « mon Spirou » !
Nous souhaitons tous, à la rédaction du journal et plus globalement chez Dupuis, offrir ce même type de relation aux enfants d’aujourd’hui ainsi qu’à ceux qui le sont restés.

Plus égoïstement, c’est un incroyable clin d’œil du destin que de me retrouver rédacteur en chef de Spirou ! Lors de mes études universitaires, j’avais réalisé mon mémoire, en journalisme, sur l’évolution du journal Spirou de 1977 à nos jours. Et ce à travers le prisme et l’importance du rédacteur en chef ! Pour l’anecdote, Thierry Tinlot m’avait contacté pour devenir rédacteur pour ce support. J’étais très emballé, mais j’avais alors choisi, en m’arrachant le cœur, de rester chez Pepper Plug pour aller au bout de cette aventure-là ! Quand un an plus tard, j’ai appris qu’ils recherchaient un nouveau rédacteur en chef, je n’ai plus hésité et j’ai postulé. Il n’était pas question de passer deux fois à côté de ce rêve ! Cela me permet d’offrir aux enfants d’aujourd’hui ce que Spirou m’offrait à l’enfant que j’étais alors...

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

[1Le tirage des dix premiers numéros de Spirou HeBDo a été porté à 300.000 exemplaires. Les éditions Dupuis nourrissent l’ambition d’améliorer la présence du journal dans les kiosques français grâce à une campagne commerciale soutenue. Le tirage s’affinera selon les ventes obtenues. Dimitri Kennes, le directeur général de la maison de Marcinelle, table sur des retours de l’ordre de 30 à 40%.

 
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3 Messages :
  • 300.000 exemplaires de leur daube ? Ils peuvent toujours rêver... et l’ami Pinchart, il oublie une chose : si son coeur de cible a de 10 à 17 ans, c’est toujours les parents qui casquent... En plus, comme c’est un magazine familial, comme il dit, les parents lisent aussi. Et ça ne leur plaît pas de voir qu’avec 40 % d’augmentation du prix, ils se ramassent des vieilleries... Les cochons payeurs ne suivent pas.

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    • Répondu le 1er février 2006 à  14:40 :

      Ben, c’est un peu sèchement dit, mais... faut reconnaître que c’est bien vrai ! Ce numéro est très mauvais : couverture ratée, limite racoleuse. Augmentation du prix scandaleuse (surtout au regard du supplément de 20 pages qui est loin de compenser, ni en quantité, ni en qualité). Reprise de vieilles séries, soi-disant pour les présenter à un nouveau public qui en est privé... sauf que "Boule et Bill" et "Gaston Lagaffe", par ex., ben on les trouve partout - de la librairie spécialisée à la grande surface la plus quelconque !!! Et puis toujours le consternant Petit Spirou (Kid Paddle, vraiment bon, suffirait amplement), Les Nombrils, très mauvais... etc. etc. Ouaip, y a pas, c’est bien triste tout ça !!!

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  • "L’écrasante majorité du lectorat a entre 10 et 17 ans" : le problème est que, depuis 1987, le journal cible les 8-12 ans. Il y a déjà un sacré décalage...
    Ce qui a fait le succès du journal par le passé était au contraire de publier des BD qui plaisait aux 8-12 ans mais aussi aux plus âgés (de 8 à 78 ans ?)... Peut-être qu’à cette époque les auteurs faisaient des séries qui leur plaisaient déjà à eux-mêmes ?
    Cette nouvelle formule est un non-événement éditorial, mais aura le mérite, j’espère d’améliorer durablement la diffusion en France : à Paris, le magazine était quasimment introuvable...

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