Patrick Sobral et le phénomène des Légendaires

10 janvier 2011 39 commentaires
  • Il habite Limoges, il a longtemps été décorateur sur porcelaine, il ne fait pas parler de lui mais pèse un million d’exemplaires vendus. Patrick Sobral dessine et scénarise les Légendaires, une série jeunesse déjà culte qui pourrait fort bien devenir un phénomène de l’édition. Coup de projecteur sur un parcours à la fois classique et étonnant.

Alors que les nuages noirs s’amoncellent dans le ciel d’une certaine catégorie d’auteurs de bande dessinée, pourquoi ne pas parler, aussi, des rayons de soleil ? L’Oncle Paul aurait très certainement adoré le destin de Patrick Sobral et lui aurait consacré une de ses Belles Histoires. L’histoire édifiante d’un jeune garçon de Limoges, pas du tout parti pour être un professionnel du 9ème art : « Je n’avais pas particulièrement envie d’en faire mon métier. À la fin de mes courtes études, je me suis orienté vers un apprentissage professionnel qui touchait le plus possible au dessin, discipline que j’adorais. Et à Limoges, c’était la porcelaine. J’ai donc fait un CAP de trois ans de décorateur sur porcelaine. J’ai été repéré par des employeurs et j’ai eu un poste tout de suite. Pendant plus de douze ans, j’ai exercé ce métier. Et je réalisais des bandes dessinées pour moi, pendant mes loisirs. »

Patrick Sobral et le phénomène des Légendaires
Une case du tome 13 des Légendaires
(c) Sobral/Delcourt

Sans souhaiter particulièrement être édité, Patrick pratique assidûment et en vient même à vouloir se frotter au milieu de la BD. « J’ai participé à un concours lancé par les éditions Tonkam en 1999, qui visait à publier de jeunes auteurs dans un recueil. Le thème imposé était les anges. Style libre. Et ma BD a été parmi les onze sélectionnées sur plus de 700 participants. J’ai donc été publié pour la première fois. Des professionnels reconnaissaient mon travail et estimaient qu’il était digne d’être publié. Et un an après, j’ai été contacté par une agence de publicité qui travaillait pour la BNP, qui avait eu mes coordonnées par Tonkam. Il fallait réaliser un personnage manga pour un produit bancaire pour les jeunes. Après plusieurs essais, j’ai été pris. Deuxième expérience professionnelle. Et là j’ai commencé à me dire que ce serait bien d’être publié. »

(c) N. Anspach

Ne manquait plus qu’un déclic pour sauter le pas. Il sera économique. Face aux difficultés du moment, l’entreprise où Patrick travaille annonce de futurs licenciements ; il se proposera pour être volontairement licencié. Le décorateur sur porcelaine, qui avoue lui-même ne pas être très aventurier, lève pourtant le bras sans hésitation. Inconsciemment, il n’attendait qu’un coup de pied aux fesses pour lancer sa carrière. Mais le démarrage est très laborieux. Patrick se lance avec Démons, un premier vrai projet. De l’horreur, un peu de « trash », un ton et un sujet adultes, et surtout un dessin fortement inspiré des mangas. « Tout jeune, je dessinais des bandes dessinées, je faisais des suites de tout ce que je voyais, Spider-Man, Indiana Jones, Ulysse 31. Et puis j’ai découvert Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque) et là, j’ai reçu une grande claque. Visuellement, je me suis dit que c’était ça que je voulais faire et rien d’autre. Et je n’ai toujours pas changé d’avis. »

La première page de Démons
(c) Sobral

Patrick fait la tournée des éditeurs, son carton à dessin sous le bras, lors du Festival d’Angoulême, évidemment. Les réactions sont unanimes : son projet est refusé partout. Saisi par cet échec, il revoit radicalement sa copie en dessinant une histoire jeunesse fortement inspirée par ses souvenirs des Chevaliers du Zodiaque. Le chemin lui parait moins encombré. Bon calcul puisque Delcourt lui fait immédiatement signer un contrat, ce qui prend complètement Patrick par surprise. « Quand Guy Delcourt m’a demandé combien de tomes j’avais prévu, quelle était la suite, je ne savais pas quoi lui répondre. Pour moi, les 10 planches proposées étaient juste un projet sans suite. » Patrick Sobral le reconnaît lui-même, les deux premiers tomes laissent à désirer. Il ne croit pas en la série et exécute cette « commande » sans passion, du moins au tout début.

Page 5 du tome 13 des Légendaires
(c) Sobral/Delcourt

Le résultat, une BD hybride, graphiquement proche du manga, mais dans un format et une pagination franco-belge, trouve sa place à une époque où les éditeurs cherchent la recette magique du manfra, le manga à la française. Les Légendaires proposent un mangalike avec un autre rythme, un autre découpage et l’ajout de couleurs. Un entre-deux qui s’imprègne des deux cultures, clairement estampillé jeunesse et qui rassure ainsi les parents, inquiets des lectures nippones de leurs chères têtes blondes.

Le manque d’intérêt pour sa propre série s’évanouit très rapidement chez Patrick Sobral. Encouragé par les ventes satisfaisantes des premiers albums, il se prend au jeu, jusqu’à être complètement investi par son histoire. « Il y a eu un tournant à partir du tome 5. Les ventes ont commencé à décoller. Il faut dire que les albums étaient de bien meilleure qualité que les premiers. Je m’investissais à fond. Et puis la campagne marketing avait bien fonctionné. Les packs « tome 5 + tome 1 gratuit » avaient boosté les ventes. » Le cercle des fans grossit rapidement, tout en étant très actif. Pour se reconnaître, certains portent au poignet le petit bracelet de la série. Les cosplayers fleurissent. Les Légendaires ont droit à une chanson de fans et même une pièce de théâtre. L’implication de l’auteur dans la vie de la série est proportionnelle à l’engouement des fans. Très proche d’eux, il alimente son site (qui reçoit plus de 2000 visites par jour) d’images et d’informations, suit les forums sur la série, répond aux questions, au risque d’être submergé par le phénomène.

Patrick Sobral entouré de cosplayers à Japan Expo
(c) Sobral

À partir du tome 10, les Légendaires prennent un tournant assez radical. « C’est la deuxième époque qui a véritablement fait exploser la série. J’avais envie de faire évoluer l’histoire vers quelque chose d’un peu plus ado, avec des personnages plus complexes, l’apparition plus franche de la mort, une certaine sensualité. » La réaction de certains fans est hystérique. Les insultes pleuvent sur les forums. Patrick déconseille fortement à certains de venir aux festivals tellement leur agressivité est palpable. L’un d’entre eux aurait même montré un album à sa mère psy qui décrète que l’auteur a un esprit malade. Heureusement, ces réactions sont minoritaires. Si l’évolution de la série en laisse quelques-uns sur le carreau, elle séduit beaucoup plus de nouveaux lecteurs. Avec des réactions, ma foi, tout aussi excessives, mais dans la douceur. Ainsi, pour honorer la mémoire de Danaël, l’un des personnages principaux qui trouve la mort dans un des épisodes, un groupe de fans crée un site mausolée où chacun peut déposer un mot en hommage à l’un des Légendaires. Patrick Sobral avoue avoir eu les larmes aux yeux en lisant le poème de plusieurs pages d’un(e) de ses fans.

Etudes préparatoires pour Danaël, le personnage principal
(c) Sobral

Il était toutefois temps pour lui de prendre un peu de recul par rapport au phénomène. Mettre un peu de distance avec ses fans, mais aussi réduire sa cadence de production. Précisons ici que le dessinateur réalise depuis 2004 deux albums des Légendaires par an. Un travail harassant. « Je vais un peu me calmer. D’abord parce que j’ai des problèmes de dos, de hernie discale. Ensuite parce qu’avec le dessin en semaine et les festivals les week-ends, je n’ai plus une minute à moi. Je vais souffler un peu et il ne devrait plus y avoir qu’un album des Légendaires par an. »

Pas tout à fait. Car un spin-off est annoncé pour 2011. Dessiné par Nadou, une jeune auteure découverte sur Internet, et scénarisé par Patrick Sobral. Il décrira la jeunesse des Légendaires, c’est-à-dire l’époque où ceux-ci n’étaient pas encore des enfants. Oui… bon, les fans de la série comprendront.

Première planche test pour le spin-off
(c) Nadou/Delcourt

Le rêve de Patrick Sobral serait également de réaliser un dessin animé de la série, rejoindre les Chevaliers du Zodiaque qui lui ont donné l’envie de commencer. Curieusement, les maisons de production sont frileuses. Elles recherchent plutôt des séries pouvant être déclinées en gags courts, susceptibles d’être diffusés dans le désordre. L’idée de Patrick Sobral est un feuilleton à suivre avec des épisodes de 20 minutes qui rappelleraient la structure des Mystérieuses cités d’or ou d’Ulysse 31, succès bien connus. Ce n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. Nul doute que lorsque la série aura atteint un degré de notoriété incontournable, les maisons de production se bousculeront au portillon.

Etudes préparatoires pour le Spin off. Danaël jeune, mais en même temps... plus vieux
(c) Nadou

Il ne devrait peut-être pas falloir attendre très longtemps. Après un tome 12 tiré à 100 000 exemplaires, le tome 13 ajoute 50 000 exemplaires de plus à un score déjà impressionnant. Si ce n’est pas un signe que les éditions Delcourt ont de gros espoirs en cette série… Les Légendaires se placent d’ailleurs dans le top 3 des meilleurs tirages de l’éditeur, à égalité en 2010 avec Les blagues de Toto. C’est-à-dire, en 2011, au niveau d’un album de Naruto. Le fond s’en ressent, puisqu’à chaque nouvel épisode, les ventes des premiers volumes reprennent des couleurs. Visiblement, le plafond des lecteurs n’a pas encore été atteint. Où s’arrêteront Les Légendaires ? Début de réponse dans deux ou trois albums.

(par Thierry Lemaire)

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39 Messages :
  • Patrick Sobral et le phénomène des Légendaires
    10 janvier 2011 09:34, par Frenchoïd

    Alors que les nuages noirs s’amoncellent dans le ciel d-une certaine catégorie d’auteurs de bande dessinée

    Je trouve cette phrase un peu sibylline...

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    • Répondu le 10 janvier 2011 à  11:17 :

      ca fait penser à l’ancienne formule ; grève chez une certaine catégorie de personnels, bref que signifie ce " certains " ?????????????

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 10 janvier 2011 à  14:01 :

        Vous trouvez que cela va mal pour les Van Hamme, les Geluck, les Marjane Satrapi, les Joann Sfar, les Cauvin, les Schuiten, les Arleston, les Vehlmann, les Trondheim, les Riad Sattouf, les Blain... (la liste est longue puisque, selon Ratier, 1446 auteurs vivent de leur métier).

        Donc oui, il y a des catégories de gens (les débutants, les auteurs publiés quasi exclusivement chez des petits éditeurs, ceux dont les ventes sont insuffisantes, certaines gloires déchues...) pour qui les nuages s’accumulent en ce moment.

        Rien de choquant ni de sibyllin dans cette formule, selon moi.

        Sobral est le cas typique d’un auteur qui n’attire pas les projecteurs mais qui, avec son travail modeste, a su trouver un public et s’en tire plutôt bien en ces temps de crise.

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        • Répondu par Frenchoïd le 10 janvier 2011 à  14:31 :

          Rien de choquant ni de sibyllin dans cette formule, selon moi.

          Je n’étais pas choqué, j’étais surpris. Votre explication me semble très satisfaisante — elle aurait peut-être dû figurer dans le texte —, merci d’avoir pris cette peine (et bravo pour la réactivité des contributeurs rarement prise en défaut).

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        • Répondu le 10 janvier 2011 à  14:39 :

          S’en tire plutôt bien financièrement ou artistiquement ?

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          • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 10 janvier 2011 à  14:50 :

            Les deux. Tout dépend du point de vue duquel on se place. Pour certains la qualité n’y est pas, mais il y a quand même eu un million de lecteurs contents en face. Les nantis trouveront sans doute que les droits d’auteurs sur un million de bouquins ne paieront pas leur louche de caviar ou leur Rolex. Mais pour vivre tout simplement, c’est déjà pas mal.

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            • Répondu le 10 janvier 2011 à  15:00 :

              Pour l’instant, vos arguments ne tournent qu’autour du nombre de lecteurs. J’en conclus que la seule est financière. La qualité artistique n’a rien à voir avec les ventes. Vous le savez très bien. Vous avez édité de superbes ouvrages chez Magic Strip et ils n’ont pourtant pas été des succès commerciaux. Donc, séparer les ventes du travail même et expliquez-nous en quoi artistiquement c’est une réussite. Parlez-nous du récit, du rapport texte image, de l’intelligence de la composition des pages, de l’invention graphique... Vous avez édité Chaland, je ne considère donc pas que vous soyez un idiot.

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              • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 10 janvier 2011 à  15:42 :

                Pour l’instant, vos arguments ne tournent qu’autour du nombre de lecteurs.

                Ces lecteurs ne sont pas méprisables.

                J’en conclus que la seule est financière. La qualité artistique n’a rien à voir avec les ventes. Vous le savez très bien.

                A vous lire, la qualité ne se vendrait pas. Moi je pense qu’au contraire, elle est un facteur clé du succès. Je pense que cette série a des qualités qui font qu’elle se vend. Peut-être sortent-elles de votre entendement.

                Vous avez édité de superbes ouvrages chez Magic Strip et ils n’ont pourtant pas été des succès commerciaux. Donc, séparer les ventes du travail même et expliquez-nous en quoi artistiquement c’est une réussite. Parlez-nous du récit, du rapport texte image, de l’intelligence de la composition des pages, de l’invention graphique... Vous avez édité Chaland, je ne considère donc pas que vous soyez un idiot.

                Vous ne connaissez rien à l’histoire de Magic Strip et vous en tirez des conclusions hâtives. Vous cherchez à personnaliser le débat, cela ne m’intéresse pas. Cet article constate un succès et le contextualise, rien d’autre. Votre demande d’analyse est hors de propos.

                Répondre à ce message

                • Répondu le 10 janvier 2011 à  15:59 :

                  Ces lecteurs ne sont pas méprisables.

                  Je ne dis pas que ces lecteurs sont méprisables. Je constate que vous ne vous fondez que sur leur nombre. Nuance.

                  A vous lire, la qualité ne se vendrait pas. Moi je pense qu’au contraire, elle est un facteur clé du succès. Je pense que cette série a des qualités qui font qu’elle se vend. Peut-être sortent-elles de votre entendement.

                  Ce n’est pas une réponse. Je ne dis pas que la qualité ne se vend pas. Je dis que ce n’est pas parce qu’un livre se vend qu’il est de qualité. Vous retournez la proposition. D’un côté il y a les ventes et de l’autre l’analyse de l’œuvre. Ensuite, on peut faire une synthèse des deux. Mais là, je ne vois aucun argument, aucune analyse critique de l’œuvre sur le plan strictement artistique. Donc, j’en conclus que la réussite n’est que financière.

                  Vous ne connaissez rien à l’histoire de Magic Strip

                  Pas sûr, mais moins que vous, forcément.

                  et vous en tirez des conclusions hâtives. Vous cherchez à personnaliser le débat, cela ne m’intéresse pas. Cet article constate un succès et le contextualise, rien d’autre. Votre demande d’analyse est hors de propos.

                  Absolument pas. Actua BD parle d’un succès sur le plan financier, uniquement. Mais pour que ce soit vraiment intéressant, il faudrait pousser l’analyse plus loin. Sinon, c’est un peu trop facile. Parce qu’en ce cas, si seul le succès commercial compte, la critique est vaine. Le rôle de la critique, des journalistes est de creuser plus loin. Vous mettez une énorme énergie à démolir Menu, Trondheim et compagnie. Par contre, lorsqu’il est question d’analyser des œuvres comme Les Légendaires ou les Blagues de Toto, vous semblez cirer les pompes de gens comme Delcourt. Pourquoi ?

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                  • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 10 janvier 2011 à  20:27 :

                    Vous mettez une énorme énergie à démolir Menu, Trondheim et compagnie.

                    Ah, eh bien voilà, vous l’avez crachée votre Valda. Fallait le faire tout de suite au lieu de faire des circonvolutions qui ne convainquent personne et même pas vous-même. Tout ceci est faux bien entendu. Je ne démolis personne, je me contente de critiquer leur travail. Vous le voyez, la critique existe. La preuve, c’est que vous ne l’admettez pas.

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          • Répondu par monsieur le web lecteur le 10 janvier 2011 à  14:55 :

            En gros, Sobral est le Frank Michael de la bd. Une grosse pointure des ventes qui reste très discrèt malgré son succès.

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        • Répondu le 10 janvier 2011 à  15:06 :

          Ratier dit TENTENT de vivre ;-)

          Pour les petits éditeurs, c’est hélas un constat exact que vous faites et même si les grands groupes sont le diable, il faut aller au plus tôt enfer pour s’en sortir

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  • Le succès de cette série est simple : calqué sur ce que le public connaît déjà : les chevaliers du zodiaque et le seigneur des anneaux. Que des recettes. Comme les blagues de Toto, comme la plupart des séries qui marchent chez Delcourt. Plutôt affligeant pour les auteurs qui se creusent la tête.

    "Le rêve de Patrick Sobral serait également de réaliser un dessin animé de la série, rejoindre les Chevaliers du Zodiaque qui lui ont donné l’envie de commencer. Curieusement, les maisons de production sont frileuses. Elles recherchent plutôt des séries pouvant être déclinées en gags courts, susceptibles d’être diffusés dans le désordre. L’idée de Patrick Sobral est un feuilleton à suivre avec des épisodes de 20 minutes qui rappelleraient la structure des Mystérieuses cités d’or ou d’Ulysse 31, succès bien connus. Ce n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. Nul doute que lorsque la série aura atteint un degré de notoriété incontournable, les maisons de production se bousculeront au portillon."

    Peut-être, mais quel intérêt les producteurs français auraient à faire de l’animation japonaise ? Quel intérêt de refaire les Chevaliers du Zodiaque ? Seulement un intérêt économique. Mais les réalisateurs et animateurs des studios ont peut-être mieux à faire et envie d’autre chose. Ce ne sont pas des esclaves, ils préfèrent peut-être créer ou d’adapter des œuvres plus originales et surtout plus "européennes".
    Nous ne sommes plus dans les années 80 avec Chalopin, Deyriès et leurs amis d’IDDH et de la DIC. Le contexte a changé et les procédés de fabrication aussi. Les financements des chaînes évoluent. France Télévison n’a plus les pleins pouvoirs. Gulli et les chaînes de la TNT gagnent des parts de marché. Les montages financiers pour des séries de 26 minutes en feuilleton sont plus complexes à monter. L’informatique a rapatrié pas mal de travail en France et Belgique...
    Patrick Sobral et son éditeur devraient peut-être aller démarcher en Asie du sud-est.
    Autrement, peut-être que je me trompe et que la nouvelle série qui se monte des Merveilleuses cités d’Or va remettre le club Dorothée à la mode.

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    • Répondu le 10 janvier 2011 à  12:16 :

      Le succès de cette série est simple

      On dira avec prudence que la recette peut éventuellement paraître simple ; mais, même si c’est le cas, ce n’est ni nécessaire ni suffisant pour expliquer le succès.

      Le succès est toujours simple à expliquer... à postériori !

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      • Répondu le 10 janvier 2011 à  14:17 :

        Mais non. Pas a posteriori. Ce constat je l’avais fait dès le premier tome. Me^me formule pour les blagues de toto. C’est pas sorcier. Par contre, un succès comme Astérix, à part Goscinny qui aurait pu y croire, qui aurait pu deviner ? Là, la formule du succès de la potion magique est plus compliqué.

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        • Répondu le 10 janvier 2011 à  22:41 :

          votre argument n’est malheureusement pas un argument :

          Vous pouvez faire exactement le même constat sur un grand nombre de Tomes 1 qui ne sont jamais devenus des succès.

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          • Répondu le 11 janvier 2011 à  08:11 :

            Delcourt y a cru tout de suite. Comme pour les blagues de Toto. Ce sont des recettes connues, pas des créations. Vous prenez un truc déjà connu ou reconnu, des idées faciles et convenues, vous changez l’emballage, la forme, vous mettez ça au goût du jour et vous balancez sur le marché. Peu de risques de faire des ventes lamentables. Pas forcément de gros bénéfices tout de suite mais peu de risques. Alors, autant continuer et pousser le mulet. Le truc peut monter très vite, mais ça ne fera jamais un phénomène de société. Ça retombera au bout de quelques années. Ce sont des étoiles filantes, pas des révolutions. Par contre, le secret de la potion magique d’Astérix, c’est véritablement une révolution. Là, il faut vraiment être d’une grande finesse intellectuelle, avoir un grand sens d’analyse psychologique, comprendre son époque et aimer les autres, être généreux... C’est bien sophistiqué que des produits comme Les Légendaires ou que bon nombre des œuvres approximatives du genre nouvelle BD.

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    • Répondu par Romain le 4 juin 2016 à  16:47 :

      Je crois qu’ici vous êtes complètement dans l’erreur. De plus en plus de parts de marchés sont accaparées par l’animation "à la japonaise". Je m’explique : des studios français allant chercher style graphique et techniques au Japon. Dans cette logique un animé les Légendaires est tout à fait envisageable quand on sait que Dofus par exemple a été créé à l’image des œuvres japonaises.
      Cependant en France on a du mal à reconnaître la valeur des œuvres nipponnes, on leur donne tous les défauts ( qualité d’animation, violence ect..) alors qu’il n’en est rien. L’offre nipponne est largement supérieure à l’offre française et le public est beaucoup plus séduit par cette culture que par la BD Franco-Belge ( enfin pour les personnes nées à partir de l’époque où certains ado pouvaient regarder le club Dorothée).
      Si Sobral est passionné par cette culture il n’est pas le seul et selon moi se rapprocher de trop de l’œuvre standard française est une grave erreur.
      Je pense que l’évolution de la série sera le seul critère qui permettra de juger de sa qualité. Le monde que construit Sobral est vaste et il va devoir le gérer sans faute. Sinon adieu aux lecteurs. Pour moi c’est le seul enjeu de taille qu’il va devoir surmonter, et celui-ci est commun à nombre d’oeuvres qui prétendent fournir une histoire riche.
      Enfin le côté japonisant de l’œuvre est très séduisant et le style graphique très équilibré entre personnages adultes détaillés et enfants aux traits dou, pour moi il a le potentiel de bien percer dans le milieu mais sûrement plus sur le long terme. En revanche un animé serait le bienvenu pour booster ses ventes car, les dessins sont vraiment dans le style des récents animés à succès en France pour le jeune public.

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  • Patrick Sobral et le phénomène des Légendaires
    10 janvier 2011 10:36, par Stillman

    Décollage des ventes au 5eme album, serait ce possible aujourd’hui ?
    quand un tome 1 mal vendu signe l’arrêt de mort de la série !

    les nuages noirs s’amoncellent dans le ciel d’une certaine catégorie d’auteurs,
    oui certes mais je dirai : ça dépend de quel éditeur vous dépendez, Delcourt a eu la patience d’attendre pour Sobral, d’autres éditeurs, plus bourrins auraient sabré la série illico.

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    • Répondu le 10 janvier 2011 à  13:34 :

      "Delcourt a eu la patience d’attendre pour Sobral"

      Les premiers tomes se sont bien vendus. Il aurait été idiot d’arrêter.

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      • Répondu le 10 janvier 2011 à  17:23 :

        Des idiots incapables de voir ou sentir le potentiel débutant d’une série, il en existe malheureusement, j’en sais quelque chose, par contre les éditeurs plus intelligents sont ready pour t’accueillir, et mieux te soigner et c’est bien, sinon pas mal de séries avec un bon potentiels resteraient lettres mortes ou vivoteraient péniblement

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        • Répondu par Sergio Salma le 10 janvier 2011 à  18:22 :

          Ce n’est pas de l’idiotie, ce sont des intuitions, des envies, des doutes. Plusieurs immenses succès ont été à la base des séries refusées ailleurs . Des séries ou des histoires acceptées du bout des lèvres qui cartonnent ça arrive régulièrement, beaucoup d’argent investi sur des auteurs ou des albums qui au final ne rapportent que très peu c’est le lot quotidien de beaucoup d’éditeurs. Et ce n’est pas propre à la bande dessinée, cinéma, romans etc...l’erreur est humaine et ce n’est pas une science infuse. C’est amusant comme chacun a l’impression d’être dans le vrai et que tout cela relève du bon sens et des mathématiques. Ben non justement.

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          • Répondu par Sergio Salma le 10 janvier 2011 à  21:04 :

            J’ai écrit trop vite, pardon. Ce n’est pas une science exacte . "Infuse" ça veut rien dire ici. Les lecteurs auront rectifié .

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          • Répondu le 11 janvier 2011 à  06:30 :

            L’erreur est humaine, certes, mais l’éditeur trop âpre au gain qui dégoutte à fond un jeune auteur-dont le tome 1 s’est pourtant très très bien vendu en ces temps de crise - jusqu’a ce que l’auteur en question retourne vite à ses chers story boards d’avant, et abandonne totalement la BD, car il trouve le milieu malsain... c’est ça que je voulais dire, Mr Salma. Un Tome 1 bien vendu mais .. sans suite.

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            • Répondu par Sergio Salma le 11 janvier 2011 à  08:29 :

              Il serait plus normal de continuer cette discussion en privé mais après tout ,ça intéressera peut-être d’autres personnes. Je ne tiens pas non plus à disculper tout le monde et à rendre angélique l’univers qui m’entoure.

              Mais si votre partenaire -éditeur a décidé d’arrêter ça peut-être pour diverses raisons. Ils ont peut-être décidé de resserrer le catalogue. Peut-être y avait-il entre vous des points de discorde qui n’étaient pas vivables, ni viables. Peut-être l’éditeur a-t-il entre-temps signé un autre projet avec un autre auteur avec lequel le courant passait mieux et qui rendait votre projet surnuméraire. Peut-être une des personnes de l’entourage a-t-il eu des gros doutes quant à l’avenir et a préféré arrêter l’expérience. Il s’agit là d’actes dont on peut ne pas saisir tous les tenants et aboutissants. Peut-être incompatibilité, non-dits, conflits internes...c’est complexe.
              Justement s’il ne s’agissait que de colonnes de chiffres, ce serait simple ; mais votre cas sans doute énervant et démoralisant est un des nombreux cas de figure.

              Dans ma liste d’exemples, je pourrais sortir autant de cas qu’il y a de projets.
              Un éditeur n’est pas cet ennemi âpre au gain ( il peut l’être, il n’est pas philanthrope ) , il est une personne qui tient à survivre et poursuivre ses activités(comme vous). Il peut soutenir un auteur qui ne se"vend pas " pour de multiples raisons. Une amitié ancienne, une volonté de promouvoir une oeuvre sur la longueur, une passion , une intuition qui lui commande d’être patient voire déraisonnable( il y a beaucoup ,beaucoup d’exemples). Autant que des cas d’éditeurs qui" lâchent" leur auteur. Il y a des procès qui éclatent entre des partenaires pour qui semble-t-il tout va bien. Il y des séries que l’éditeur soutient mollement mais qui vaille que vaille tirent leur épingle du jeu. Mollement parce qu’il a pu investir un moment puis se décourager. Une série( ou un auteur) peut être rentable sur la longueur mais d’autres projets ont peut-être été envisagés et calculés sur le moyen terme voire le court terme. Si l’éditeur ne soutient pas mon projet, je ne vais pas perdre mon énergie et vais aller ailleurs. Pourquoi trouvez-vous le milieu malsain ? Comment trouvez-vous les autres milieux ? Ceux qui trouvent "malsain" un domaines sont souvent des gens qui n’en ont pas compris les ressorts. Malsain, non. Je dirais impitoyable, violent, impatient souvent.
              La période n’étant pas spécialement à la rigolade, vous avez sans doute négligé d’anticiper. Comment étaient vos relations avec l’éditeur ? Vous sentiez-vous des affinités personnelles, humaines ? Si 10000 exemplaires se sont vendus mais que l’éditeur avait engagé de gros frais de marketing , ce qui vous semble un bon chiffre peut être relativement décevant pour lui.
              Et si vous aviez envisagé un deuxième tome voire un troisième et que la relation , le partenariat étaient sur de mauvaises bases, il y aurait sans doute eu des pleurs et des grincements de dents quelques mois plus tard. Comme dans une relation affective( pardon de faire des comparaisons de ce type) il faut une volonté commune pour tenir sur la longueur.

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              • Répondu le 11 janvier 2011 à  09:47 :

                Des points de discorde ? Oui, la loi, Mr Salma, la loi, non respectée sur plusieurs points, ( d’un père juge, j’y suis très attaché, à ce principe ) et si j’ai décidé de stopper tout ça, de moi même, et de ne plus en faire mon job, c’est que pour moi, un milieu professionnel ou la loi n’existe pas est ... malsain.
                Un gros éditeur m’avait contacté il y a 5 ans, me prouvant par A+B, que le reste du milieu de l’édition n’était pas si ubuesque et louche comme là d’ou je venais, mais tant pis, chat échaudé est resté dans ses story-board.

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                • Répondu le 11 janvier 2011 à  20:12 :

                  Il est vrai que les milieux utilisant des storyboardeurs ( cinéma, animation, pub...) sont universellement connus pour être exempts de requins ! :)

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  • Oui, oui, ce contributeur anonyme a raison :

    Parlez-nous du récit, du rapport texte image, de l’intelligence de la composition des pages, de l’invention graphique

    Parlez-nous de son originalité, des choix qu’il fait, de ses partis pris, dites nous en quoi il participe de l’évolution du médium...

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 10 janvier 2011 à  23:15 :

      Non, il n’a pas raison.

      Toute la bande dessinée n’a pas la prétention de "faire évoluer le médium". La plupart des BD publiées ne l’ont pas n’ont plus.

      Tous les auteurs n’ont pas cette insupportable morgue qui n’a qu’un seul but : discréditer la bande dessinée populaire. Or, populaire, la BD l’est essentiellement.

      Par ailleurs, cette exigence obtuse d’analyse ne correspond pas à la fonction d’ActuaBD. Le nom est pourtant transparent : Il y a un temps pour l’information, ce que fait notre journaliste ici, et un autre pour l’analyse, ce que nous faisons de temps à autre.

      Nous considérons par ailleurs que nos lecteurs sont assez intelligents et responsables pour qu’on ait pas à leur donner les prêts à penser que vous réclamez de façon exorbitante.

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      • Répondu le 11 janvier 2011 à  07:56 :

        Dans ce cas, si les critiques ne font pas leur travail d’analyse, ils ne servent à rien. Je crois en la critique, c’est un outil indispensable pour faire avancer les choses. Il peut y avoir des livres complexes qui méritent qu’on s’y attarde. Il peut y avoir des livres populaires qui méritent qu’on s’y attarde aussi. Il n’y a pas d’un côté le populaire qui serait médiocre et de l’autre l’élitisme qui serait parfait. La critique est ouverte à tout, analyse tout sans distinction. Et au final, dit pourquoi ceci est intéressant ou pas. Pour ce qui est des Légendaires, je suis désolé. C’est une œuvre populaire, qui a du succès et tant mieux pour son auteur, mais Actua BD ne nous explique jamais pourquoi c’est de qualité. À vous de convaincre l’opinion. Pour l’instant, désolé, mais vous ne faites pas votre travail.

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 11 janvier 2011 à  08:51 :

          Vous êtes un intervenant particulièrement buté. On a beau vous dire que nous ne nous assignons pas seulement au travail de critique et que notre premier rôle est d’informer, vous continuer, comme un hamster dans la cage de votre intellect limité, à ressortir votre antienne fielleuse sur les critiques, ce qui montre que vous avez clairement un compte à régler.

          Nous avons près de 150.000 lecteurs uniques par mois. La plupart sont des néophytes et n’ont pas le besoin qu’on leur dise ce qu’ils doivent lire. Ils sont intéressés par les grandes tendances, les titres les plus populaires, et s’intéressent aux phénomènes nouveaux. Notre journaliste s’est appliqué à signaler le phénomène Sobral. C’est tout et c’est bien suffisant pour l’instant.

          La façon dont vous définissez la critique est ridicule, réactionnaire et caricaturale. Nous n’avons pas la prétention d’indiquer au lecteur ce qui est bon ou pas pour lui. Nous émettons, de temps à autre, des opinions, parfois même contradictoires, selon le journaliste qui signe l’article.

          Ainsi, récemment, nous avons écrit deux articles sur Jean Van Hamme (+ une interview) qui étaient dans le constat du phénomène ("homme de l’année 2010") tandis que notre journaliste trouvait le dernier Largo Winch plutôt convenu.

          Nous sommes dans la nuance, alors que vous préférez rester sottement dans la caricature. C’est votre problème et cela clôt toute discussion.

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          • Répondu le 11 janvier 2011 à  12:39 :

            Lisez-nous sans vous énerver.

            je n’ai rien contre les BDs populaires, je n’admire pas systématiquement la BD "élitiste" et j’approuve "le phénomène légendaire" et j’admire particulièrement le professionnalisme de Patrick Sobral, c’est loin d’être le cas de tous les 5800 albums publiés.

            Le fait qu’une BD fasse évoluer ou non le médium n’est pas une qualité en soi. C’est juste une analyse plus ou moins subjective qui m’aide à choisir mes lectures.

            Le fait qu’un auteur me propose une des partis pris personnels ou des accointances avec tel ou tel mouvement ou école n’est pas non plus une qualité en soi.

            je n’accorde pas plus de crédit simplement parce qu’il me semble que telle ou telle BD ne s’adresse qu’à un petit public.

            Il existe beaucoup de formes de "critiques". J’aime celle qui consiste à parler des processus de créations. Je déplore n’avoir pas le temps d’en proposer à votre site.
            La critique juste "informative" laisse à penser que vous amalgamez succès populaire et qualités artistiques.

            Il me semble ici que, s’il y a beaucoup de qualités professionnelles, il y a peu de qualités artistiques (pour le dire vite)

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            • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 11 janvier 2011 à  14:00 :

              Le fait qu’une BD fasse évoluer ou non le médium n’est pas une qualité en soi. C’est juste une analyse plus ou moins subjective qui m’aide à choisir mes lectures.

              Le fait qu’un auteur me propose une des partis pris personnels ou des accointances avec tel ou tel mouvement ou école n’est pas non plus une qualité en soi.

              je n’accorde pas plus de crédit simplement parce qu’il me semble que telle ou telle BD ne s’adresse qu’à un petit public.

              Bien. C’est une des raisons de notre ligne éditoriale. L’analyse, on ne peut la faire qu’une fois la question posée. Or, pour bon nombre d’œuvres, la question ne se pose pas ou n’est pas pertinente. "Les Schtroumpfs", par exemple m’apparaissent plus propres à l’analyse que "Poussy", "Gil Jourdan" que "César".

              Encore faut-il qu’on ait l’envie et la disponibilité de s’y prêter. Les critiques ne sont pas des caniches à qui l’on demande de faire un tour contre un sucre (surtout que souvent, de sucre, il n’y a pas). Le travail d’analyse est un vrai travail de recherche, coûteux en efforts et en temps. L’exiger comme si c’était un du, alors que vous venez ici gratuitement me semble être, disons, cavalier.

              Il faut bien noter que le discours contre la critique vient souvent d’auteurs déçus ou frustrés qui poursuivent la presse de leur vindicte parce que leur travail n’a as été accueilli comme ils le voulaient.Sachez que certains d’entre eux tentent de nous "spoiler" systématiquement dans une vendetta mesquine. Ces trolls, on se contente le plus souvent de les censurer sans état d’âme, parfois en les roulant dans la farine.

              La presse n’est pas aux ordres et elle a même le droit de se tromper, d’être médiocre. Plutôt que de tenir des propos généraux sur la faiblesse de la critique, nous attendons plutôt que vos avis sur nos chroniques fassent la démonstration de l’erreur. Ceux qui nous lisent savent que nous corrigeons nos erreurs, et avec un merci encore bien.

              Il existe beaucoup de formes de "critiques". J’aime celle qui consiste à parler des processus de créations. Je déplore n’avoir pas le temps d’en proposer à votre site. La critique juste "informative" laisse à penser que vous amalgamez succès populaire et qualités artistiques.

              C’est n’est pas parce que vous aimez exclusivement une forme de critique que nous allons transformer notre ligne éditoriale pour vous faire plaisir à vous seulement. Nous avons notre libre arbitre. Les gens viennent ici principalement pour l’information qui y est donnée. Parce qu’elle est sérieuse et souvent complète. Mais on peut se tromper (on compte sur vous pour nous le signaler) et dans notre rédaction nous discutons beaucoup sur les points qui font polémique.

              Il me semble ici que, s’il y a beaucoup de qualités professionnelles, il y a peu de qualités artistiques (pour le dire vite)

              Cette conclusion est un peu sibylline. Vous parlez du travail de Sobral ou d’ActuaBD ?

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              • Répondu le 11 janvier 2011 à  16:01 :

                Pardon pour cette imprécision, je parlais du travail de Patrick Sobral.

                Si j’aime les critiques d’analyses, n’en concluez pas que j’en exige à toutes les pages de votre site (dont j’admire par ailleurs le travail colossal abattu bénévolement et l’intérêt que vous portez au forum, quand vous allez jusqu’à répondre avec fougue et passion à des interlocuteurs anonymes).

                D’ailleurs je n’exige rien du tout, je déplorais juste l’amalgame "succès/qualité" que l’on pouvait conclure à la lecture de l’article.

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                • Répondu par hankey le 11 janvier 2011 à  21:17 :

                  c’est une recette commerciale qui a été appliqué par une seule personne, à la manière des artisans. mais cela veut il dire que çq n’est pas une bd commerciale ? meme si l’auteur a sans doute créer ses histoires avec sincérité, je pense que cette série est un pur produit marketing (dans une interview, les auteurs "des blondes" expliquaient que malgré ce que les gens disaient, ils créaient leur bd avec avec la convictions des dessinateurs underground, ils n’empêche, les blondes n’est qu’ un produit marketing)
                  et c’est surement ce qui différencie les auteurs de talent et les auteurs populaires : une certaine lucidité sur leur propre travail.

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                  • Répondu par Alex le 11 janvier 2011 à  23:15 :

                    et c’est surement ce qui différencie les auteurs de talent et les auteurs populaires : une certaine lucidité sur leur propre travail.

                    Je ne crois pas à cette équation. Je prends pour illustrer mon point de vue le cas de Neal Adams : un dessinateur d’une virtuosité unique, talentueux comme peu, populaire...absolument ! Mais aux choix éditoriaux malencontreux, qui n’en font pas un de ces géants comme son talent graphique pourrait le pré-supposer. La différence : la priorité. Je n’ai "senti" son engagement -et donc l’épanouissement de son talent que dans très peu de ses productions (l’admirable "Deadman"). Neal Adams est un mercenaire à mon avis.

                    Je trouve les pages de Mr Sobral superbes, d’un dynamisme qui est la preuve dessinée d’une immersion totale dans l’acte de création. Les références aux jeux de consoles dans le traitement des décors me réjouissent et me confortent dans mon opinion que la bande dessinée n’est pas un art statique, mais en constante transformation.

                    Je ne connais pas son oeuvre mais les pages présentées ici m’ont données définitivement une envie de lire. Et s’il applique des recettes, pourquoi pas ? Plutôt la tambouille d’un apprenti-cuisinier que les plats tièdes ou réchauffés d’un grand chef.

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                    • Répondu le 13 janvier 2011 à  21:19 :

                      Il existe des plats qui sont encore meilleurs réchauffes : le bœuf bouguignon par exemple. Comme quoi tout est relatif :)

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  • En mettant ces "Etudes préparatoires" vous ne faites que confirmer que ce monsieur n’est que dans la copie des Albator, Olive et Tom etc qu’il devait regarder étant petit, il n’y a aucun création un peu personnelle, rien de ce qui ferait de lui un artiste.

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    • Répondu par li_ku le 29 juillet 2013 à  20:27 :

      tu rigole ou quoi !!C’est LE phénomène !

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