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Paulette Comète – T1 : Justicière à mi-temps – par Sapin & Rossi - Dargaud

  • Son nom évoque celui de Fantômette, mais Paulette Comète est beaucoup plus naïve et assurément plus sexy que l'héroïne de Georges Chaulet. Petit délire jubilatoire de Mathieu Sapin mis en image par l'étonnant Christian Rossi.

Paulette, étudiante en sociologie le jour, est justicière à ses heures perdues la nuit. Comme tous les super-héros, elle a du mal à gérer sa double vie. Pas facile de réviser ses examens quand les malfrats règnent sur la nuit, qu’une multinationale cherche à exploiter votre image, sans compter la pression médiatique ! Mais le vrai hic est que Paulette, lorsqu’elle boit la moindre goutte d’alcool, ne maîtrise plus la situation et a tendance à vite craquer pour les beaux et mauvais garçons qui la rendent toute chose !

Ce n’est pas sa première apparition. En effet, les formes généreuses de Paulette Comète sont déjà apparues dans L’Oreille gauche, petit livre de 24 pages sorti chez Le Cycliste en 2000, puis dans le magazine Psikopat, dans Francis Blatte et enfin dans Pilote (publié en 2009).

Mathieu Sapin développe ici un récit décalé aux allures parodiques. Comme la plupart des super-héros, Paulette Comète a un talon d’Achille : en l’occurrence, son incapacité à boire une goutte d’alcool sans effet secondaire lubrique… Le plaisir de l’écriture du créateur de Supermurgeman transpire dans les dialogues et les aventures rocambolesques que vivent les personnages. De prime abord assez désinvolte, la narration est en fait très structurée.

Paulette Comète – T1 : Justicière à mi-temps – par Sapin & Rossi - Dargaud

On retrouve l’influence du Spirit d’Eisner dans le graphisme de Christian Rossi qui, pour l’occasion, arbore un trait radicalement différent de celui de W.E.S.T., c’est-à-dire plus rond, plus humoristique et plus second degré. Il s’affranchit avec brio des contraintes d’une mise en page en gaufrier de 9 cases.

Sans être révolutionnaire, cet album est, assurément, un plaisant divertissement.

(par Laurent Boileau)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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5 Messages :
  • Délire jubilatoire ?
    14 avril 2010 08:41, par Johnny Bigoudis

    Rossi est un remarquable dessinateur. Heureusement qu’il y a le plaisir des yeux, parce qu’en ce qui concerne le scénario... c’est du déjà vu 100 fois, c’est à peu près aussi drôle que Garfield ou du Plantu, c’est dire. Sapin semble se faire une spécialité de la farce potache, de Supermurgeman à Francis Blatte ou en détournant des bédés de gare avec Pion. Mais c’est du style du bon élève qui pouffe et s’inspire des mauvais. Pfff, je préfère mille fois Fantômette.

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  • A t-on suffisamment dit à quel point Christian Rossi est grand ?Sa technique graphique est époustouflante-trop diront certains,qui y trouverons un côté récité, de la froideur ;et affirmerons qu’il en est un peu prisonnier-.Mais on se doit de parler aussi de son énergie,de sa composition -foisonnante et pourtant limpide(ha ses "Jim Cutlass"qui laissent sans voix,dommage que les scénars eux...)-.

    Mais surtout,surtout,ses cases débordent de vie,de facilité,de maîtrise,de plaisir de faire...
    Cependant,je trouve quand même que son encrage est en deçà.Rossi se "contente" de repasser ses fabuleux crayonnés,il les "affadis"au lieu de les faire exploser.En clair,je trouve que son encrage est le cul entre deux chaises,soit trop lâché,soit trop retenu.Je crois que ça résume bien le"problème" de Christian Rossi ;il ne croit pas assez en lui, en ce qu’il est:un des plus grand dessinateur du monde,et peut être le numéro un en Europe !Un complexe qui vient peut être du fait que l’influence de Jean Giraud est encore (trop ?) visible dans son trait.
    Il est vrai que ce "résidu" l’empêche de basculer définitivement parmi les plus grands.Alors qu’il se lâche,qu’il se lâche...on aimerais tant le voir multiplier les styles:le noir et blanc,le trait tramé,les grands aplats de noirs,les hachures ...le vrai Christian Rossi est encore à découvrir.

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    • Répondu par Fred Poullet le 15 avril 2010 à  10:41 :

      Il y a de très grandes réussites d’encrage chez Rossi, voyez La petite sirène par exemple ou encore le troisième Julius Antoine, Le sujet il touche à ses moments précis, un encrage sublime d’intelligence que Giraud beaucoup plus "brut" n’explorera jamais. Il y a chez Rossi et sa permanente volonté d’être "au service" de la narration, une intelligence rare, je ne vois cela que chez le très grand Alex Toth, qui tout comme Rossi à toujours mis en avant, tout en questionnant son dessin, la narration. Il a dernièrement réussi, après s’être embourbé dedans longtemps, de très très belles choses melant dessin et couleurs dans le dernier WEST, Megan.

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      • Répondu par la plume occulte le 15 avril 2010 à  15:59 :

        Ben pour moi ,la couleur pose un vrai problème avec Rossi.Comme pour d’autres grands qui l’utilisent( Manara,Hermann, voire giraud),je ne suis pas convaincu par le résultat.Pour moi ces maîtres du trait n’ont pas le sens de la couleur,de la teinte.Leurs gammes de couleurs, leur harmonisation laissent un peu à désirer,et je trouve que le résultat part un peu dans tout les sens:on est plus dans l’exécution technique,le coloriage ,que dans la vrai mise en couleur.Hélas,on ne peut pas avoir tout les talents.

        Un Bilal,un Rosinski,un Boucq,un Bourgeon ,un Loisel,sont eux de vrai coloristes,et leur travail ne me "heurte "pas bien au contraire...Pour en revenir à Rossi donc,sa mise en couleur directe me laisse indifférent,et je trouve qu’elle a tendance à figer son trait:ce qui reste un comble pour ce virtuose -entre autre- du mouvement et des jeux de physionomies.Après, il est certain qu’il faut tenir compte de la différence qui existe entre les originaux, et le travail publié:cette différence peu se révéler abyssale,mais pour moi Rossi devrait utiliser son énergie à explorer le noir et blanc.

        Parlons plutôt du "vrai"Rossi,le narrateur ,le dessinateur virtuose comme je l’ai dit plus haut.Le fait de le comparer à Alex Toth ,me donne envie pour un pur plaisir de l’oeil,pour l’éxitation, de le voir faire de la pure BD de genre .Du polar noir, de horreur,de la SF vintage etc...Tiens mon rêve serait de le voir dessiner un Conan,en noir et blanc,pour montrer à tous -aux américains en particulier- que lui aussi est là.J’aimerais tant qu’il se mesure aux plus grands de là-bas,sur leurs terrains !

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