Pépin cadavre T1 – Par Olivier Milhaud et Cedric Kernel - Glénat

30 mai 2015 2 commentaires
  • Pépin cadavre} est la seconde série scénarisée par Olivier Milhaud pour la collection {Tchô ! L’aventure} de Glénat. Après le rafraichissant {Agito Cosmos} dessiné par Fabien Mense, Milhaud s’associe à Cedric Kernel pour inaugurer, dans le même esprit, un nouvel univers d'action fantastique et poétique.

L’action de Pépin cadavre se déroule à la frontière de deux mondes : d’un côté un monde bien réel, version légèrement remodelée du nôtre, et de l’autre Asper, un monde parallèle, peuplé d’êtres et d’esprits fantastiques.

Notre héros, le jeune détective aventurier Sébastian Melmoth, navigue comme un poisson dans l’eau des deux côtés de la frontière. Fort de sa fine connaissance de la magie, et assisté par de bien loquaces animaux de compagnie, il dirige l’agence Pépin Cadavre qui enchaine les missions pour préserver l’équilibre entre les deux mondes. Car des créatures issues d’Asper jouent à apparaître dans le monde réel, ce qui n’est pas pour plaire à la population. Pas de quoi inquiéter Sébastian, jeune homme particulièrement confiant et qui n’a pas froid aux yeux. Habitué à intervenir et remettre chaque créature à sa place, il voit pourtant la situation se corser lorsqu’on lui apprend que le Caramantran, esprit difficilement contrôlable, s’est infiltré dans le monde réel.

Pépin cadavre T1 – Par Olivier Milhaud et Cedric Kernel - Glénat

Olivier Milhaud et Cedric Kernel semblent imprégnés par la culture des séries animées d’aventure. On en retrouve l’énergie et le souffle, tant dans le rythme et les enchainements que dans la mise en scène. Le choix de Cedric Kernel de traiter les arrière-plans uniquement à la couleur, et de réserver l’encrage aux personnages et avant-plans n’est d’ailleurs pas sans rappeler les standards de l’animation.

Léger et dynamique, le dessin de Cedric Kernel est parfaitement adapté à l’action, et permet une lecture fluide, dépourvu d’accroc. Sans se perdre dans la contemplation, sans s’appesantir, il arrive néanmoins à donner corps à des décors dont la poésie déclenche le rêve : on aimerait s’asseoir dans ce train au charme désuet peuplé de créatures loufoques, ou marcher, bottes aux pieds, entre les arbres de ses décors enneigés.

On sent qu’Olivier Milhaud, devant le terrain de jeu d’un nouvel univers à créer, laisse libre cours, sans retenue, à un foisonnement d’envies.
Chaque scène amène son lot d’idées ludiques et malicieuses définissant le fonctionnement de l’univers magique de la série, à l’image de ces frigos télétransporteurs ou de ces avions de papier guideurs. Nombreuses, et égrenées tout le long de l’album, ces idées joueuses transforment la lecture en un festival de surprises.

Une petite frustration pourtant : la phase durant laquelle le lecteur découvre les règles du jeu de cet univers se poursuit tout le long de l’album. Le personnage principal semble en savoir beaucoup plus que nous. Si bien qu’à la fin de ce premier épisode, le lecteur n’est pas encore certain de maitriser toute la logique de ce monde ni l’étendue et les limites des pouvoirs des personnages. Difficile dès lors de bien mesurer ce qui est pour Sébastian un réel danger, une réelle surprise, et ce qui ne l’est pas.

L’album est à prendre comme une introduction à un univers foisonnant. Les albums suivants devraient certainement nous aider à apprivoiser ce monde qu’on devine déjà attachant, ludique et plein de charmes.

(par Ralph DOUMIT)

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