« Petit Miracle » Tome 1 de Valérie Mangin et Griffo - Editions Soleil

22 octobre 2003 0
  • Lorsque Griffo, le dessinateur de {Giacomo C}, un artiste en pleine maturité, fait équipe avec Valérie Mangin, la scénariste du {Fléau des Dieux}, une auteur qui confirme ses premières promesses. En mettant en commun leur goût pour l'histoire, ils nous offrent un album qui mérite le qualificatif de « miraculeux ».

Car tout est intelligent dans cet album. Le sujet d’abord qui utilise audacieusement les brèches de l’histoire pour nous proposer une fable fantastique dont les noms, pour le moins, nous sont familiers. Le visiteur de Montmartre ne met pas longtemps à savoir que la butte doit son nom à Saint Denis qui, selon la légende, réussit à se saisir de sa tête après sa décapitation et gravit la colline qui devint le « mont du martyre ». En revanche, quand il trouve, dans un repli de la Butte, la rue qui porte son nom et le monument qui lui rend hommage, peut-être ne sait-il pas que Jean-François Lefebvre, Chevalier de la Barre fut, le 1er juillet 1766, supplicié (langue coupée) puis décapité à l’âge de 19 ans, pour avoir refusé de saluer une procession. Voltaire, parmi les premiers, en fit le martyre de la libre pensée.

Une fable parfaitement documentée

Un autre personnage de l’album mérite notre attention, un homme dont Victor Hugo a pu dire, pas seulement à cause de son pied-bot,« Tout en lui boitait comme lui » : Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, le futur ministre des affaires étrangères de Napoléon et de Louis XVIII, l’incarnation par excellence du politicien moderne. On le retrouve ici jeune prêtre, goûtant déjà les intrigues politiques (et la bonne chair), proche de la reine au point de la manipuler, déjà. Tout ces détails ne sont pas là par hasard : diplômée de l’Ecole des Chartes, Valérie Mangin connaît, si l’on peut dire, son histoire.
Le dessinateur Griffo aussi qui retrouve ici le décor historique de Giacomo C. Le prolifique Flamand est parfait dans l’exécution des costumes et des décors parisiens. Sa facture classique, une Ligne Claire parfaitement adaptée à la restitution de l’Histoire, met le lecteur sous le charme tandis que la scénariste Valérie Mangin s’ingénie à l’affoler.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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