Philippe Geluck : "Si Woody Allen pouvait me contacter..."

19 novembre 2006 0 commentaire
  • Philippe Geluck est connu principalement pour ses albums du {Chat} publiés par Casterman. Parallèlement, il mène une carrière audiovisuelle des plus riches, participant aux émissions de {{Michel Drucker}} ou de {{Laurent Ruquier}}. Il fut de l'aventure de l'émission de télévision dominicale {Vivement dimanche} durant 7 ans et publie aujourd'hui un florilège des lettres qu'il adressa aux invités de ce programme.

Philippe Geluck, vous nous offrez en cette fin d’année, un album regroupant...

Non, pas un album, un livre. C’est un livre, je tenais à cet aspect d’objet proche de celui des romans pour marquer la différence avec les albums du Chat.

Ce livre, donc, regroupe une série de lettres que vous avez rédigées à l’intention des invités de Michel Drucker dans le cadre de son émission Vivement dimanche.

J’ai collaboré avec Michel pendant sept ans, on a enregistré environ 280 émissions. Lors des trois dernières saisons, j’étais devenu co-animateur. Michel Drucker m’a alors proposé d’écrire une lettre, qui tiendrait à la fois de la biographie inventée et du résumé de carrière de l’invité. À la fin de mon intervention, j’offrais aussi un dessin réalisé pour l’occasion ; j’ai ainsi "commis" près de 200 dessins.

Philippe Geluck : "Si Woody Allen pouvait me contacter..."

Comment procédiez-vous pour trouver la matière de la lettre, les invités étant d’origine fort diverses ?

Les textes demandaient en effet un gros travail de recherche. L’équipe de l’émission me préparait un dossier de presse composé d’une biographie ainsi que de nombreuses interviews. À moi d’en extraire la substantifique moëlle ! Chaque lettre me demandait près d’un jour et demi de travail.

Auriez-vous accepté de rédiger un texte pour une personnalité qui n’aurait pas les mêmes valeurs morales ou politiques que vous ?

Certainement, mais cela n’a jamais été le cas, l’émission se voulant un espace de liberté où seuls les démocrates auraient la parole. J’ai été élevé dans une famille de gauche et paradoxalement, j’ai toujours eu plus de facilité à écrire un texte pour des hommes politiques du bord opposé qui se sont bien souvent révélés très ouverts et très intéressants. Quant aux artistes, ils ont tous leur raison d’être, peu importent mes goûts ! J’ai à chaque fois pu trouver un axe par lequel évoquer leur carrière avec humour, et cela même si je n’avais pas d’affinité particulière avec leur travail. Il faut remarquer que l’on n’est pas toujours le plus inspiré par les artistes que l’on admire le plus.

À qui auriez-vous voulu adresser une missive et qui n’est pas venu à l’émission ?

Peut-être à Dieu, mais je sais qu’il aurait eu beaucoup de difficultés pour se libérer le dimanche !

Jouons au jeu de l’arroseur arrosé, si quelqu’un avait à écrire une lettre vous concernant,à qui confieriez-vous cette tâche ?

Dieu, on y revient. Sinon par des gens que j’admire et respecte ; mais ils l’ont déjà fait, parmi eux Marc Moulin, Patrice Leconte, Frédéric Dard. Je n’ai pas à me plaindre de ce côté-là, je suis gâté par de formidables amitiés. Un fantasme reste que Woody Allen me contacte, je sais qu’il aime mes langues de Chat [1].] ! Alors, s’il lit cet entretien...

Michel Drucker et Philippe Geluck

(par Erik Kempinaire)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire une autre interview de Philippe Geluck, publiée dans nos pages.

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photo (c) DR.

[1Le chocolatier belge Jean Galler a confectionné une « petite douceur » savoureuse ayant pour forme le Chat. Pour plus d’information cliquez sur ce lien suivant.

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