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Philippe Wurm : dans la Ligne claire d’Hergé, de Jacobs, et de Chaland… [PODCAST]

Par Didier Pasamonik (L’Agence BD) Kelian NGUYEN le 25 octobre 2022                      Lien  
Il est en train de préparer une bio de Chaland en BD, après avoir fait celle de Jacobs. Nous l’avons interviewé aux Rencontres Chaland de la BD à Nérac. L’occasion pour lui de mener une réflexion sur l’évolution et la pertinence de ces styles aujourd’hui. « Il n’y a pas de passé, nous dit-il, il y a une continuité historique très riche qui vient des fresques égyptiennes jusqu’à aujourd’hui. » Sa démonstration est bluffante.

Allez qualifier de Franco-belge ce Français né en Suisse qui vit en Belgique et qui porte un nom alsacien ! C’est pourtant la composante belge qui domine puisque, échu au pays de la BD en pleine âge d’or, il y devient l’élève d’Eddy Paape à Saint-Luc, dans une classe de BD créée à l’instigation d’Hergé, puis aux Beaux-Arts de Bruxelles où Edgar Jacobs usa ses fonds de culottes. Ayant publié un premier album en 1988, une Histoire du Tennis qui regarde Daniel Goossens de très près, il est touché par l’esprit saint de la Ligne claire en illustrant Nero Wolfe et plusieurs Maigret de Georges Simenon de belle qualité pour les éditions Lefrancq.

Puis en 1997, on le repère dans (A Suivre) avec Le Cercle des sentinelles (3 tomes), sur un scénario de Stephen Desberg. Dans la foulée, c’est Jean Dufaux qui prend le relais avec Les Rochester (6 volumes parus) dans un style très jacobsien qui ne le quittera plus. Une collaboration qui se poursuit avec deux volumes de la collection Elza chez Glénat.

Philippe Wurm : dans la Ligne claire d'Hergé, de Jacobs, et de Chaland… [PODCAST]
Edgar Jacobs vu par Philippe Wurm et François Rivière
© Ed. Glénat

Devenu prof, il espace ses créations jusqu’à ce « Rêveur d’apocalypses » signé François Rivière (et Benoit Bekaert pour les couleurs) où il raconte de façon somptueuse la vie du créateur de Blake et Mortimer pour Glénat. L’éditeur grenoblois remet le couvert pour une vie d’Yves Chaland, le wonder boy de la Ligne claire des années 1980. D’où vient la Ligne claire ? Telle est la question qu’il développe dans ce podcast où il la théorise littéralement, comparant le dessin de Hergé, de Jacobs et de Chaland.

Une dédicace "chalandesque" de Philippe Wurm au réalisateur Avril Tembouret faite aux Rencontres Chaland de Nérac

Le « grand saut » esthétique lié à la Ligne claire, explique-t-il, a eu lieu dans l’entre-deux-Guerres, quand on est passé au style graphique des Arts Décoratifs. Auparavant le dessin avait encore un rapport avec la peinture : le modelé, le contraste, le réalisme… Puis on est passé à un dessin épuré « en relation avec ce qui se fait dans le design et l’architecture. » Un exemple ? Matisse, né dans le post-impressionnisme, il passe au fauvisme et termine sa carrière avec des papiers découpés en surface de collage. « Il a épousé le XXe siècle ! » s’enthousiasme Philippe Wurm.

Écoutons-le nous dispenser sa leçon d’histoire du dessin…

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par Kelian NGUYEN)

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Code EAN : 9782344003916

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7 Messages :
  • "Le rêveur d’apocalypses", la bio de Jacobs en BD, a reçu, en septembre dernier, le prix Historia 2022.

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  • Vraiment passionnant le monsieur. Il rend intelligible les démarches artistiques de Jacobs et de Chaland et les resitue dans l’histoire de l’art en général. Ses élèves doivent se régaler 😀
    Après son très beau bouquin sur Jacobs, je suis vraiment curieux de voir ce qu’il va faire sur Chaland.

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  • "Un exemple ? Matisse, né dans le post-impressionnisme, il passe au fauvisme et termine sa carrière avec des papiers découpés en surface de collage."

    On ne devrait pas dire "le fauvisme" mais "les Fauves". De la même manière qu’on ne dit pas "le dadaïsme et les dadaïstes" mais "dada et les les dadas"..
    Des erreurs que tout le monde fait...

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    • Répondu le 28 octobre 2022 à  10:17 :

      Des erreurs ? C’est l’usage qui fait la langue, et non pas les puristes comme vous. On ne devrait pas dire non plus "le ressenti", ni "autrice", ni "moins pire", mais ça y est, l’usage de ces mots et expressions s’est installé.

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      • Répondu par michalski le 4 novembre 2022 à  17:25 :

        Quelle agressivité on sent les égos des concernés exploser .Effectivement la langue française s’est appauvrie comme la bande dessinée mais attention ne pas toucher !

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    • Répondu le 28 octobre 2022 à  13:55 :

      Non non on dit bien le fauvisme et les Fauves (et pas les fauvistes) mais le fauvisme oui.

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      • Répondu le 28 octobre 2022 à  19:22 :

        Eh bien, au début des années 80, en histoire de l’art, sur ma copie, on m’avait souligné en rouge que fauvisme était une erreur. J’ai eu beau négocier, mon professeur n’a rien voulu entendre.

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PAR Didier Pasamonik (L’Agence BD),Kelian NGUYEN  
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