Philosophie Magazine, spécial bande dessinée : La vie a-t-elle un sens ?

30 septembre 2012 3 commentaires
  • Le célèbre magazine s'octroit une fenêtre de bande dessinée pour aborder des thématiques profondes. Extraits de BD ultra-connues et planches dessinées juste pour le journal, interventions de philosophes et de maîtres ès BD, il y en a pour tous les goûts.

Rien de nouveau sous le soleil : il est parfois intéressant de changer de point de vue pour explorer les choses sous un nouvel angle, ouvrir une nouvelle réflexion pertinente sur un sujet donné. Philosophie Magazine n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, car il a précédemment publié un autre hors-série consacré à Tintin au pays des philosophes.

Mais le numéro qui nous occupe aujourd’hui a une conception plus large.

L’idée est d’aborder des sujets universels via des héros ou des auteurs connus :
Philosophie Magazine, spécial bande dessinée : La vie a-t-elle un sens ? Tout ceci a-t-il un (non) sens ? décortiqué par Trondheim, mais surtout illustré par des grands personnages qui ont exploré cette profonde question : Peanuts et Calvin & Hobbes

- À quoi servent les héros ? Où l’on devise sur le rire de Goscinny, sur la fière allure de Rantanplan, accompagné de son fidèle Lucky Luke, mais aussi sur quelques personnages charismatiques comme Superman et Spider-Man.

- Pourquoi tant de haine ? Avec Maus et Gen d’Horishima, mais la question est également portée par les créations d’auteur en recherche comme Clowes, Matt, Tomine et Ivan Brunetti

- Sommes-nous maîtres de nos destins ? illustrés par les bandes de Posy Simmonds, Jul, Franquin et Tezuka

- Faut-il mourir ou vivre ? Servis par les grands auteurs italiens que sont Crepax, Pratt, Manara et Giardino, mais aussi par Franquin et Crumb

- La vie est-elle un rêve ? Avec l’incontournable Little Nemo, mais également un Marc-Antoine Mathieu en grande forme !

Bien entendu, le magazine ne s’est pas contenté de rassembler des cases ou planches de bande dessinée pour illustrer son propos : après une brève histoire de la bande dessinée qui permet au néophyte de replacer quelques grands auteurs et personnages sur une ligne de temps et dans une catégorie thématique [1], le rédacteur en chef de la revue traite du sparadrap du capitaine Haddock avant de laisser la parole à une batterie d’experts.

Il fzut admettre que la brochette d’intervenants ayant analysé la vie par/de la bande dessinée inspire le respect. On retrouve donc des noms que nous citons régulièrement, mais aussi des signatures patentés qui apprécient le neuvième art : Pascal Ory, Julian Baggini, Elie During, Martin Winckler, Sonia Feertchak, Boris Cyrulnik, Paul Clavier, Frédéric Worms, Tristan Garcia, Agnès Gayraud, Roland Jaccard, Yvan Leclerc, Serge Tisseron, Clément Rosset, Denis Moreau, Benoît Peeters, Pascal Bruckner, Charlotte Pineau, Florencia di Rocco, Daniel Adjerad et l’inévitable Didier Pasamonik que nos lecteurs connaissent bien.

L’auteur détourne les planches de son album pour coller au thème du magazine
© Marc-Antoine Mathieu

Aux côtés de tous ces analystes qui décortiquent les pages de bande dessinée pour nous expliquer comment et par quel biais leurs auteurs ont voulu traiter du sens de la vie, quatre auteurs de BD ont carrément mis la main à la planche pour réaliser de courts récits spécialement pour ce hors-série :

- Lewis Trondheim livre une série de mise-en-abîme, façon poupées gigognes, afin de nous faire réfléchir sur le réel sens de la bande dessinée.

- Aurélia Aurita embraie dans l’idée du récit précédent, en empruntant les personnages de Trondheim, et en imaginant une suite et une fin à un récit qui n’en attendait pas tant. Comme quoi, la vie peut prendre un sens surprenant...

- Jul livre une double-planche dans l’air du temps, en imaginant les différentes écoles de philosophes grecques, réagissant à la crise qui secoue encore et toujours leur pays.

- Marc-Antoine Mathieu retrouve son personnage fétiche de Julius Corentin Acquefacques pour un récit complet de six pages, enfermé dans l’infini, mais surtout perdu dans le rien. Un dérapage contrôlé de langue française et d’absurde qui réjouira les amateurs de ses albums.

Cet hors-série cartonné de cent pages offre surtout une multitude de portes d’entrée pour pénétrer ces questions universelles. Qu’on le lise pour ses penseurs, ses personnages bien connus, par thématique ou par le biais des bandes inédites, tout est bon pour réfléchir sur le média de la bande dessinée et la vie de manière plus générale.

Car la BD parle de la vie, et le but de ses auteurs est toujours de mettre plus de vie dans la bande dessinée.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Philosophie Magazine, spécial bande dessinée : La vie a-t-elle un sens ? est disponible en kiosque et en librairie. Certains points de vente se sont curieusement faits dévaliser alors que d’autres sont encore fournis.

Quoiqu’il en soit, vous pouvez toujours le commander sur le site de Philosophie Magazine

[1Bien que l’étiquette soit une fois de plus réductrice, mais comment enseigner sans réduire d’abord avant d’ouvrir ensuite ?

 
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3 Messages :
  • Le numéro est sorti fin juillet, c’est normal que tous les points de vente ne l’aient plus en stock. Sinon, l’idée de confronter bande dessinée et sens de la vie est quand même un peu étrange. Ce numéro a-t-il un sens ?

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    • Répondu par Alex le 1er octobre 2012 à  00:32 :

      Sinon, l’idée de confronter bande dessinée et sens de la vie est quand même un peu étrange.

      Calvin et Hobbes, Herriman. Les grands absurdistes : Mandryka, Schlingo, Segar, Tony Millionaire. Spiderman, le dostoïevskien. Gébé, Woodring... je m’arrête là. Il me semble pourtant que pas mal d’artistes se sont investis profondément sur ce sujet- mine de rien. Vous ne vous en étiez même pas douté, sous leurs talents d’amuseurs ?

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      • Répondu par Sergio Salma le 1er octobre 2012 à  17:43 :

        Quoi ?! la bande dessinée peut être intelligente ?! Soyons sérieux.

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