Pico Bogue – Tome 5 : Légère Contrariété – Par Dominique Roques et Alexis Dormal - Dargaud

2 décembre 2011 5 commentaires
  • Les vacances, le soleil, le marchand de bonbons et les copains. Tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf que...

C’est l’été, l’eau de la piscine est bonne, les radiateurs sont frais. Pico et Ana Ana sont en vacances. Las, leurs parents les abandonnent à un indigne sort. Bouderies et répliques cassantes abondent dans cette rébellion contre l’ineptie parentale.

Nos deux orphelins nous offrent un nouveau moment de détente. Mais après un cinquième tome en trois ans, la répétition des gags joue sur le plaisir de lecture et nuit sûrement à l’inventivité. Ce manque d’imagination fertile et de renouvellement créent une impression de déjà-vu fâcheuse.

Pico Bogue – Tome 5 : Légère Contrariété – Par Dominique Roques et Alexis Dormal - Dargaud
Pico Bogue
Dominique Roques et Alexis Dormal - Dargaud ©

Ce renouvellement toujours difficile pour une série comique devra être la prochaine étape pour les auteurs, le risque de lassitude du lecteur augmentant. On est tenté de laisser Pico en chemin comme un enfant qui ne voudrait pas grandir. Pour ne pas perdre son attrait Pico va devoir évoluer.

Pico Bogue
Dominique Roques et Alexis Dormal - Dargaud ©

Les éléments habituels de la série lui garantissent tout de même un niveau satisfaisant. La recherche du gag (trop) juste en permanence fait sourire mais ces mises en situation ne sont pas des postures de vie, tout étant dans la perfection des enchainements. Leurs vies sur ce décor de Provence rêvée paraît parfaite (tout le monde passe des vacances sur un bateau...), les répliques sont ajustées au millimètre et les enfants sont évidemment des êtres dotés de l’agilité de la jeunesse et de la sagesse de l’aïeul.

Le dessin est toujours agréable, le trait fin et ajusté, le décor travaillé avec des scènes d’extérieur mise en avant (c’est quand même les vacances). Même à l’intérieur, on préfère toujours regarder par la fenêtre. Juste un détail, les yeux boudeurs des enfants les font ressembler à des junkies en colère. On trouve ici une atmosphère qui se rapproche de Sempé, en créant une sorte de réplique moderne au Petit Nicolas. Mais la perte du côté pastel du premier tome défait un peu la poésie du trait et détruit un environnement construit sur les chemins de Pagnol. On est tout de même loin ici du côté popu d’un Petit Nicolas pour se retrouver dans les beaux rêves de la classe moyenne consommatrice.

On peut donc toujours essayer ce nouvel album pour esquisser un sourire lors des déprimantes soirées d’hiver mais on en ressortira avec une « légère contrariété ».

(par Vincent GAUTHIER)

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