Pierre Collin, Vertiges ordinaires

27 avril 2008 0 commentaire
  • Exposition

Du 27 avril au 15 juin 2008, le musée du Dessin et de l’Estampe Originale de Gravelines présente Vertiges
ordinaires, une exposition d’estampes du peintre et graveur Pierre Collin, réalisées de 1977 à nos jours.

Né à Paris en 1956, Pierre Collin habite depuis 1999 à Vannes, au petit Conleau en bordure du Golfe du
Morbihan. C’est là que ce professeur aux Beaux-Arts de Lorient a installé son atelier de gravure et de
peinture. Deux modes d’expression qui chez lui ne vont pas l’un sans l’autre.

L’œuvre de l’artiste se situe au croisement de la gravure et de la Bande Dessinée. Elle raconte un
monde où les lignes de fuite, les ombres, les plongées, distillent une poésie inattendue mais laisse au
spectateur le soin d’en écrire l’histoire. Pierre Collin met en image son journal intime en jouant avec les
ombres et les découpes de lumière. Ses morceaux de vie ou souvenirs racontent davantage que ce qu’ils sont
supposés montrer. Tout y est altéré, comme perçu dans un rêve, où l’on passe de l’obscurité à la clarté.

Depuis les années 80, époque de sa sortie de l’école des Beaux-Arts de Paris, l’artiste puise son inspiration
dans les choses les plus banales de son quotidien, tout en procédant par séries thématiques : portraits de
ses proches, paysages familiers ou intérieurs d’ateliers. Son oeuvre prend le contre-pied du sensationnel et
du spectaculaire en revenant « à l’étonnement miraculeux du quotidien »
Admirateur des Maîtres anciens : Rembrandt, Piranèse, Goya, mais aussi de Hopper, Caillebotte, Philip
Guston…, influencé également dès sa jeunesse par des grands de la Bande Dessinée : Chaval, Willem,
Crumb, Tardi, Gus Bofa… ; Pierre Collin fait naître des images complexes, aux contrastes violents, obsédées
par les ombres, souvent empreintes d’éblouissements, où la lumière semble toujours vouloir pénétrer avec
force. Un univers où la lumière fait sa loi.
L’exposition présente chronologiquement, des carnet de dessins, des estampes, des monotypes, une
peinture, issus de séries thématiques. Chez Collin, un même sujet peut se décliner sur différents médiums.

Il passe avec bonheur de l’un à l’autre sans hiérarchie (gravure, dessin, tableau). En gravure les œuvres sont
réalisées le plus souvent en noir et blanc dans une ou plusieurs techniques successives ou mêlées : eauforte,
burin, pointe sèche, aquatinte, héliogravure retravaillée, sérigraphie…

Elle s’articule autour d’un choix dans son oeuvre de plusieurs thèmes ponctués de quelques portraits :

Pierre Collin, Vertiges ordinaires l’espace intérieur (gravures des débuts de l’atelier de Maurepas, l’Arche de Noé, série de vingt-sept
gravures, 1983),
- les paysages (vues de Bourgogne où il avait installé son atelier),
- le tableau et la série de planches, intitulés Strabisme (huile et gravures charnières dans l’oeuvre de Collin
qui annoncent la série des Recettes estivales),
- le livre et les gravures issus des Recettes estivales, visions panoramiques où il fait glisser des scènes
banales de plage et de table les unes vers les autres, liant la nourriture et les corps),
- les paysages urbains (vues de Paris de la fenêtre de l’artiste),
- les reflets portraits *(une grande série de planches réalisées à partir de sept portraits), enfin,
-  Sol y Sombra, la série la plus récente de l’artiste, où le réel semble glisser vers une vision moins ordonnée,
où les humains, devenu de petits soldats vivant au travers de leur ombre, ne cachent plus leurs sombres
désirs.
- Les reflets portraits, série d’héliogravures où sont transférés des portraits de ses élèves (Gersende, Alain,
Peggy, Cedric, Michael, Pascal, Julie) avec lesquelles il a joué à décomposer les couches, « pour tordre le cou
à la photographie », ont fait l’objet d’une donation de 50 planches au musée de Gravelines.

Le musée propose à la vente une monographie intitulée Vertiges ordinaires dans la collection des Cahiers
dessinés dirigée par Frédéric Pajak (textes de Valère Bertrand) aux Editions Buchet-Chastel. Éditions
courante : 29,50 € et éditions de tête avec une gravure originales : 120 €


Par : Emmanuel Gilliot

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