Pink Daïquiri - Par Habart, Théry, Grazini & Bax - Le Lombard

20 février 2013 0
  • Clémence et Alixia, deux co-locataire et amies que tout oppose, se croisent et s'affrontent indirectement dans leur course au bonheur et à l'homme idéal. Deux points de vue réunis dans un album piquant et réversible.

Clémence est une jeune experte en droit commercial. Son patron lui confie la mission d’accompagner un séduisant entrepreneur dans les cosmétiques... dont elle avait par hasard refusé les avances lors d’une tentative de drague dans un parc.

Passionnée en amour et grande sentimentale devant l’éternel, Clémence se remet difficilement d’une histoire au cours de laquelle son ex l’avait trompée.

De son côté, sa co-locataire Alixia, belle brune exubérante accumulant les conquêtes d’un soir, tombe, à moitié soûle, sur le coup du siècle, mais le bel étalon file au petit matin. Elle se met un point d’honneur à le retrouver, mais elle ignore tout de lui, du prénom jusqu’à l’apparence physique.

Les imbroglios amoureux et les jalousies diverses auront-elles raison de l’amitié entre les deux jeunes femmes ?

Cet album One Shot a la particularité d’être réversible, chaque partie racontant l’histoire du point de vue de Clémence ou d’Alixia. Chaque moitié d’album est dessinée par une artiste différente, toutes deux brésiliennes. Julia Bax illustre les aventures d’Alixia, tandis que le dessin d’Amanda Grazini accompagne les pérégrinations de Clémence.

Si les aventures de Clémence se révèlent parfois agaçantes en raison des hésitations sentimentales, et de l’aspect caractériel de l’héroïne, jamais elles ne tombent dans le mièvre. Malgré tout, le lecteur aura parfois envie de lui donner des claques.

Pink Daïquiri - Par Habart, Théry, Grazini & Bax - Le Lombard
Les aventures de Clémence
©Grazini/Le Lombard

Nous recommandons toutefois de commencer la lecture de Pink Daïquiri par cette histoire, car même si son héroïne comporte moins de part d’ombre qu’Alixia, et offre donc moins d’aspérité au scénario, ce segment d’apparence plus fade met parfaitement en valeur l’autre moitié et comporte suffisamment de zones de creux pour inciter une seconde lecture une fois l’album lu en entier.

Les deux scénaristes Mélanie Théry et Laurent Habart ont su doser idéalement ce cocktail sentimental se situant dans la lignée du Journal de Bridget Jones ou de la série Sex and the city. En proposant un pendant exubérant, plus nocturne et piquant aux aventures de Clémence, ils se servent d’Alixia, dont les indices laissés ça et là la présentait plus ou moins comme la "salope de service", comme d’un remontant ravageur et suscitant à son tour l’empathie.

Maniant l’ellipse d’une manière plutôt déstabilisante lors des premières pages, la narration réserve quelques bonnes surprises, et réussit à dresser deux portraits en creux de jeunes femmes attachantes, s’assemblant comme deux faces d’un même personnage.

Les aventures d’Alixia
©Bax/Le Lombard

Le lecteur qui saura se prendra au jeu de la chasse aux cohérences scénaristiques, s’amusera à relire l’album plusieurs fois, remarquant au passage la cohérence graphique du trait : en laissant le crayonné apparent et en jouant sur les rondeurs, Amanda Grazini souligne le caractère hésitant de Clémence, tandis que le trait anguleux et les cernes plus marqués de Julia Bax densifient l’aspect libéré d’Alixia.

Quelques pages bonus sur la genèse de l’album, ainsi que des recherches graphiques complètent ce livre qui saura plaire à un public plus varié qu’on ne l’imagine.

(par Thomas Berthelon)

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