Plus de cent mille euros pour le Musée Jijé.

31 mars 2004 0 commentaire
  • On se souvient que François Deneyer, le propriétaire du Musée Jijé, avait eu, face à ses difficultés, l'initiative de faire une vente caritative pour se renflouer. Celle-ci a eu lieu au-delà des espérances puisque plus de 100.000 € ont été réunis. Mais le Musée n'est pas pour autant sorti d'affaire.

L’initiative était culottée : organiser une vente publique d’originaux donnés gracieusement au Musée par des auteurs et des collectionneurs afin de renflouer les pertes occasionnées par la création de cette institution consacrée à l’un des fondateurs-clé de l’Ecole belge.

« La vente s’est très bien déroulée, nous explique François Deneyer. Nous avons récolté plus de cent mille euros.
Certaines pièces ont "cartonné" car plusieurs acheteurs étaient dessus
[de l’estimation](Caza, Jojo, Don Bosco, Mézières, Tibet, Tillieux,...). Cette vente restera probablement dans les annales des belles ventes caritatives car quasi rien n’a été bradé sur 15 lots invendus (des 210 lots), nous en avons vendu 5 par la suite au prix de réserve fixé par l’auteur et nous proposons les dix autres demain soir, lors du vernissage de notre nouvelle expo qui a lieu du 1er au 18 avril dans le cadre de la quinzaine bd. »

« Cela dit, nous n’en sommes pas encore sortis, ajoute notre interlocuteur. Nous attendons toujours un geste de la part du ministre de la culture, Christian Dupont. Nous avons encore besoin d’un bon cent mille euros pour payer le solde des travaux d’investissements. La vente a permis de faire patienter nos fournisseurs. J’espère qu’ils continueront à patienter. »

Nous nous réjouissons en tout cas de cette réussite pour le Musée Jijé. Cela dit, cette opération ne fait pas que des heureux. Un certain nombre de gens s’interrogent sur cette vente destinée à renflouer les caisses d’une institution qui appartient à une personne privée, au contraire du Centre belge de la BD ou du CNBDI d’Angoulême. Un observateur nous signale que ce subside attendu de la part du ministère belge de la culture ne repose sur aucun texte légal et, s’il devait intervenir, serait même inquiétant pour les finances publiques puisqu’il ouvrirait droit à toute une série d’institutions qui ne ressortissent pas seulement du monde de la BD. Il est vrai que ces questions n’ont jamais été portées sur la place publique.

C’est peut-être l’occasion pour le gouvernement belge d’ouvrir un véritable débat sur les actions qu’elle entreprend pour défendre le patrimoine culturel de la BD dans son pays.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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