Plus haut, plus loin, plus vite : Captain Marvel prend son envol au cinéma !

6 mars 2019 0 commentaire
  • Ce mercredi sort dans nos salles obscures le dernier film Marvel Studios, consacré à un nouveau personnage principal : Captain Marvel. Est-ce un bon cru? Notre critique.

Le logo affiché sur le bipper de Nick Fury à la fin du film Avengers | Infinity War ne mentait pas : il était en effet temps pour Captain Marvel de faire son entrée dans l’univers cinématographique de la Maison des Idées. Sur les épaules du personnage repose l’espoir d’un premier film du studio consacré à un personnage principal féminin, mais aussi le souhait de découvrir les premières clés menant à la résolution du gigantesque problème posé par Thanos dans le film cité plus haut.

La séance commence fort avec un générique à ne pas louper : sans dévoiler le contenu ou le thème de celui-ci, on ne peut que souligner qu’il s’agit là d’une très belle, et incontournable, démarche de la part de Marvel Studios.

À ce moment, le film va, pendant près de deux heures, afficher fièrement ses origines créatives : sous nos yeux défilent des références et l=des emprunts à l’auteure Kelly Sue DeConnick, qui a relancé le personnage du Captain Marvel en 2012 et se retrouve créditée dans le générique de fin. On pouvait s’en douter vu l’impact essentiel qu’a eu ce run ces dernières années. Il s’agit véritablement là, à nos yeux, d’une bonne pioche : le personnage ainsi renouvelé incarne des idéaux humanistes qui ne peuvent que remporter l’adhésion du spectateur. Sans une quelconque forme de misandrie que pourraient craindre certains recoins d’Internet ces derniers mois, Captain Marvel va lutter pour ses rêves et ce, souvent dans un contexte qui lui est hostile par qu’elle est une femme.

Plus haut, plus loin, plus vite : Captain Marvel prend son envol au cinéma !
Sur qui Carol peut-elle compter ?
© Marvel Studios

Dotée d’une force surhumaine, capable de voler et de projeter de l’énergie... Captain Marvel a dans ce long-métrage tous les stéréotypes de papier des super-héros standard issus du monde des Comics. Conférant à l’héroïne un visage humain et attachant au personnage, le jeu de l’actrice Brie Larson se révèle crucial dans la réussite du film : sans excès évident selon nous, l’actrice incarne une véritable dure-à-cuire que l’on a envie de suivre dans ses aventures. Ainsi, l’intensité du regard de de son interprétation dans ce film nous a souvent fait penser à celui de la lutteuse Ronda Rousey !

Surprises

Qu’en est-il de l’intrigue, non évoquée jusqu’ici ? Eh bien, pour une fois, les bandes-annonces étaient là pour nous mettre sur de fausses pistes, ou insister sur des thèmes qui ne se révèlent pas les plus importants à l’arrivée dans le film... Il est même difficile de vous en exposer le synopsis car nous avons ici affaire avec une adaptation libre, mais alors très libre, des canons des aventures du personnage original. À l’arrivée, les lecteurs assidus s’y retrouveront, mais le premier tiers du film se révèle très surprenant sur le plan de l’intrigue, laquelle se révèle plutôt obscure quant à ses objectifs à ce moment de l’histoire.

Quel est l’objectif poursuivi par les Skrulls ?
© Marvel Studios

Chose qui n’empêche nullement les réalisateurs de jouer avec les apparences de manière efficace et avec brio dans un premier temps avant de retomber sur des schémas narratifs classiques à l’approche de la conclusion. Captain Marvel est projetée dans un univers qui la dépasse, à l’instar du spectateur : ses adversaires peuvent prendre l’apparence qu’ils souhaitent, ce qui crée un climat d’incertitude permanent : rien est jamais acquis pour l’héroïnee, surtout quand il s’agit de compter sur ses alliés...

À ce propos, Captain Marvel va souvent être amenée à évoluer en binôme avec Nick Fury, l’emblématique futur directeur du S.H.I.E.LD, campé comme toujours par l’acteur Samuel L. Jackson. Le film se situant chronologiquement au milieu des années 1990, nous avons été bluffés par le rajeunissement (pratique, le numérique...) dont a bénéficié l’acteur : on a l’impression de retrouver le Sam Jackson de Pulp Fiction ou d’Une Journée en enfer (Die Hard 3) ! Dans un registre quelque peu différent de ses précédentes apparitions, Jackson nous offre un récital qui nous a beaucoup plu et qui apporte une sympathie évidente au film sans quitter sa fonction de personnage secondaire et sans voler la vedette à notre chère Captain...

Nick Fury perd ses certitudes face à tant de nouveautés.
© Marvel Studios

Le personnage, en revanche, qui peut-être va faire de l’ombre à ses collègues de de casting, c’est... le chat Goose ! Sans trop en révéler, cette mignonne boule de poils roux va définitivement marquer de sa patte de velours le film qui sort aujourd’hui. On doute que le marketing laisse très longtemps sans exploitation dérivée à son effigie tant l’animal crève l’écran et vu les réactions suscitées lors de la séance de presse...

Ce film est aussi l’occasion de voir débarquer sur l’écran une nouvelle décennie de références : les années 1990 ! Si la nostalgie des années 1980 a connu la part du lion ces dernières années dans les productions américaines, ce film-ci surfe sur la vague suivante laquelle va peut-être être appelée à devenir la nouvelle référence avec les prémices de l’Internet grand public, des musiques (Nirvana ou No Doubt) et des films ou des jeux vidéo (Street Fighter II) iconiques de cette époque sont convoqués pour placer le spectateur dans une situation de compréhension directe des différents traits humoristiques associés.

Est-ce que l’on vous conseille au final d’aller voir Captain Marvel au cinéma ? Oui et non : autant nous avons beaucoup apprécié le message humaniste développé autour de Captain Marvel (hérité, rappelons-le, de l’autrice d’origine Kelly Sue DeConnick), autant nous avons été quelque peu déçus par un spectacle en deçà des standards récents de Marvel Studios. En effet, même si nous sommes divertis de voir Captain Marvel distribuer avec conviction force coups de poing, ou autre si affinités, il n’y avait pas, à nos yeux, une scène qui nous ait fait frissoner dans la démonstration du potentiel du personnage principal. Un spectacle en retrait, en somme. Il n’en demeure pas moins que, pour les afficionados, l’idée directrice et l’humour sont au rendez-vous.

Captain Marvel est un film qui nous a semblé assez cool pour figurer dans la liste des sorties ciné ces prochains jours, mais pas apparu pour s’afficher parmi les incontournables de la filmographie Marvel, si l’on excepte les deux scènes post-générique annonçant le nouvel Avengers. C’est, avouons-le, un peu court.

(par Romuald LEFEBVRE)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Captain Marvel – Réalisé par Anna Boden & Ryan Fleck – Avec Brie Larson, Samuel L. Jackson, Jude Law, Ben Mendelsohn – Sortie le 6 mars 2019 – 124 minutes.

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