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"Pornostar" inaugure la nouvelle collection "Fumettix" de Dynamite

  • L'un des éditeurs les plus actifs dans le domaine de l'érotisme exhume quelques trésors issus des productions italiennes publiées dans les années 1980. Un premier album réunit les aventures de Beba et Fiona, signé par Giovanni Romanini, ancien collaborateur de Magnus.

Les Fumetti érotiques italiens, des petits formats diffusés en kiosque, ont été popularisés en France par les éditions Elvifrance dans les années 1960 à 1980. En dépit du très grand nombre d’albums érotiques parus ensuite (près de six cents titres en plus de vingt ans), certains titres ont échappé à la sagacité des éditeurs. De quoi convaincre l’éditeur Dynamite d’offrir à ses lecteurs un retour en arrière nostalgique, dans un format de poche fidèle à l’original.

"Pornostar" inaugure la nouvelle collection "Fumettix" de Dynamite
Satanik en 1974, scénarisé par Max Bunker

Le premier titre de cette nouvelle collection intitulée Fumettix est consacré à Govanni Romanini, un auteur qui fut notamment le principal assistant de Magnus au début de sa carrière. Comme le rappelle Bernard Joubert dans son intéressante introduction, Romanini épaula l’auteur des 110 Pilules entre autres sur Kriminal et Satanik. Cette influence est bien évidemment présente dans son graphisme.

Ce premier volume rassemble trois histoires réalisées par Romanini en 1983 et 1984, avant qu’il ne prolonge la série sous le nom de Pornostar sur près de quarante volumes. Elle met en scène Beba, une jeune blonde libérée, star du X. La jeune femme mène une carrière glorieuse à Los Angeles sous le regard attentif de son manager, qui n’est autre que… Fiona, sa sœur aînée ! La jolie brune, pas moins délurée que sa cadette, négocie avec fermeté les contrats de Beba, et n’hésite pas à donner de sa personne pour mettre au pas les producteurs retors. Ce n’est pourtant pas de derrière la caméra que viennent les plus grands dangers pour les deux sœurs. En effet, elles ont souvent maille à partir avec divers criminels, voleurs, kidnappeurs ou trafiquants, qu’elles combattent avec leurs propres armes : beauté et décontraction.

Les scénarios ne volent pas très haut : ils reproduisent les productions de l'époque, fautes d'orthographes comprises...

À l’image des Elvifrance bien connus, les scénarios de ces trois histoires ne volent pas très haut, mais elles traduisent parfaitement le style répandu dans ces années 1980 : une bande dessinée décomplexée où humour et action côtoyaient des scènes érotiques, le tout sans prise de tête. Une bande dessinée sans complexe, car on y trouve des scènes aussi bien hétérosexuelles qu’homosexuelles masculines dans les mêmes histoires, un mix assez rare qui mérite d’être souligné.

Le point fort de cet ouvrage comprenant des histoires inédites en français, réside avant tout dans le dessin (et surtout l’encrage) de Romanini. On y ressent la nette influence de Magnus, et même si certains visages sont parfois assez impassibles, l’ensemble demeure d’une très grande qualité lorsqu’on se rappelle à quelle vitesse ces albums étaient produits.

Les amateurs souriront d’ailleurs à la vue de quelques bavures sur les pages et aux quelques fautes d’orthographe persitant çà et là, en considérant la modicité du prix : 12 € pour un album de plus de trois cents pages, une redécouverte amusante opérée par les éditions Dynamite. Nous vous parlerons prochainement des recueils suivants à paraître dans cette collection Fumettix promise, il nous semble, à un bel avenir.

(par Charles-Louis Detournay)

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