Pour le pire - Par Taro Nogizaka - Glénat

27 mars 2021 0
  • Un thriller psychologique qui confronte une superbe psychopathe à un agent des services sociaux déterminé à aider son prochain. "Pour le pire" a de quoi tenir son lecteur en haleine : double voire triple-jeux, faux-semblants et manipulations amoureuses sont au programme : attachez vos ceintures et cramponnez-vous à votre estomac.

Arata est un fonctionnaire des services sociaux dévoué corps et âme à la protection des enfants maltraités. Sa détermination, associée à son impulsivité, en font un agent précieux mais qui frôle souvent la voie de fait. Au détour d’une affaire dont il a la charge, il se retrouve mêlé à une série d’assassinats sordides perpétrés par une tueuse en série diabolique.

Aujourd’hui derrière les barreaux, elle n’a jamais révélé l’emplacement des membres sectionnés de ses dernières victimes, empêchant ainsi les familles de faire leur deuil. Arata pressent alors qu’en simulant une liaison amoureuse avec la tueuse, il pourrait la conduire à révéler tous ses secrets. S’engage alors un dangereux jeu de séduction pour percer à jour la redoutable psychopathe. Mais attention à ne pas tomber dans ses pièges à elle...

Un plan dans un plan dans un plan dans un plan : Pour le pire est un thriller psychologique dans la pure veine du monument du genre, Death Note. Sans arriver au niveau de son aîné, la série s’en tire tout de même très honorablement en imaginant des personnages à l’intelligence aussi acérée que L et Light.

Pour le pire - Par Taro Nogizaka - GlénatSéduire sans se faire séduire, ne pas tomber dans les pièges de l’autre et ne surtout pas perdre de vue l’objectif de sa mission : Arata joue aux équilibristes et son interlocutrice regorge de mystères et de secrets, interrogeant même sa culpabilité. Les dialogues entre les deux personnages sont le plus gros point fort du titre : finement pensés, jouant habilement entre les non-dits et sur les phrases à double-sens, on est pris par le bluff respectif des deux héros.

Et si le thème de base, un faux mariage, semble un peu "cucul la praline" au premier abord, ne nous y trompons pas : l’intrigue est à prendre très au sérieux et verse régulièrement dans le sordide. Elle aborde notamment la question des violences infantiles et du traumatisme avec une surprenante pertinence. Et l’auteur refuse de nous proposer des personnages strictement manichéens : on s’attache ainsi d’autant plus à eux.

Niveau dessin, Taro Nogizaka s’en tire vraiment très bien avec un style tout en finesse et des visages ultra-expressifs. Si l’on peut reprocher à ses personnages d’être "un peu trop" beaux, grands, élégants, lisses, il parvient sans peine à nous embarquer dans son monde. Rien de bien méchant d’autant que l’intérêt principal du titre repose dans son intrigue et dans ses dialogues (très bien traduits au demeurant).

La mise en bouche que constitue ce premier tome est alléchante et donne furieusement envie de connaître la suite. On découvre sous l’intrigue de base une série d’étrangetés et de mystères à dévoiler, de quoi occasionner de multiples rebondissements dans les prochains tomes. En un mot comme en mille : vivement la suite.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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Pour le pire - par Taro Nogizaka - Glénat - 17/03/2021 - 208 pages - 7€60

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