Pour ses 75 ans, Flash, l’homme le plus rapide de l’univers DC, reçoit son anthologie chez Urban Comics

17 avril 2015 0 commentaire
  • Après Batman, Superman, le Joker ou les Super-Vilains, une anthologie dédiée à Flash, cela peut sembler un pari risqué. Mais Urban comics se saisit des 75 ans du bolide pour mettre l'accent sur ce héros faussement secondaire, au cœur de nombreux rebondissements structurels de l'univers DC. Une manière pour l'éditeur d'éclairer sous un nouveau jour l'offre déjà proposée au lecteur et de surfer sur la vogue d'un héros qui connaît, lui aussi, après {Green Arrow}, une récente adaptation en série télévisée.

Pour les 75 ans de l’Éclair écarlate, et alors que la série TV Flash redéfinit, comme pour Green Arrow, la mythologie du héros, Urban Comics propose une belle anthologie dédiée au personnage. Convoquant l’ensemble des incarnations de Flash, ce volume permet de se faire une idée assez précise de la manière dont de nombreux grands auteurs de comics ont su s’approprier le héros.

La structure chronologique, attendue, de ce copieux volume balaye les différents époques de création. Elles correspondent avec Flash non seulement à diverses périodes et équipes éditoriales, mais également à différents héros : le costume de Flash étant endossé par de nombreux personnages.

Surtout, elles renvoient directement aux différents "Âges" du comics puisque le bolide écarlate est fréquemment et directement impliqué dans les récits et les crises qui façonnèrent l’univers DC. En effet, le pouvoir de Flash, la "force véloce", lui permet de naviguer, ou plutôt d’osciller, entre les époques et entre les mondes parallèles. Le héros apparaît ainsi incontournable pour qui souhaite correctement mesurer les pulsations de ce label éditorial.

Pour ses 75 ans, Flash, l'homme le plus rapide de l'univers DC, reçoit son anthologie chez Urban Comics
Des circonstances qui firent le deuxième Flash, Barry Allen
Flash Anthologie © DC Comics

Cette donnée confère sans doute à cette publication une portée historique plus vaste que celles des précédentes anthologies. Ce qui compense, en retour, la moindre popularité de ce héros par rapport à ses aînés Batman et Superman, plus iconiques que lui, c’est une évidence.

Le choix des histoires implique donc de faire une place aux différents avatars de Flash, depuis Jay Garrick jusqu’à Wally West en passant par Barry Allen, lui-même plusieurs fois sollicité au cours de l’histoire du super-héros. Sans oublier les apparitions des Kid Flash, des compagnes respectives -centrales s’il en est- des différents avatars du héros, ni la mise en scène des villes où officie le héros, sans compter le personnel des Vilains propres à la série...

Ouf ! Cela fait beaucoup. Du coup, on a parfois le sentiment de lire quelques épisodes un peu anecdotiques, surtout présentés là pour poser des jalons dans le parcours historique en train de se déployer au fil de la lecture. Ce qui n’empêche pas de découvrir quelques récits tout bonnement magistraux, qu’ils soient anciens, comme le Voici Kid Flash de 1959, ou plus récents, comme l’extraordinaire Wednesday Comics de 2009.

Un format particulier pour ce Wednesday Comics qui impose une lecture horizontale sur des double-pages forcément verticales !
Flash Anthologie © DC Comics

Mais c’est au fond le problème de tout choix effectué, et chaque lecteur voudrait, à son gré, faire sa propre sélection. Pour nous, cela a manqué de « lascars » et on regrette de ne pas avoir vu, par exemple, la fin de Bart Allen, le quatrième Flash, même si cette étape importante de l’histoire du personnage est bien présentée dans les textes d’accompagnement qui ponctuent le volume.

C’est d’ailleurs là que réside en fin de compte le grand point fort de cette anthologie : Yann Graf propose de réguliers développements, clairs, instructifs, précieux, qui ne se contentent pas de simplement et rapidement introduire les aventures du Sultan de la Vitesse. Leur fonction de contextualisation se voit là élargie et ils comblent littéralement les manques, inévitables, entre ces épisodes, brossant au fil du volume une véritable fresque des évolutions de l’univers DC à travers le prisme de celui qui en fut souvent le déclencheur ou l’instrument.

Deux Flash, de deux univers parallèles, associés pour combattre le crime
Flash Anthologie © DC Comics

Des textes assez formidables qui permettent de mesurer la qualité de travail éditorial d’Urban Comics, non seulement sur ses volumes indépendants comme on a pu le voir avec Deux Frères, mais aussi sur ses franchises super-héroïques ; tant à l’intérieur du volume, avec de telles présentations, que dans l’offre éditoriale globale, puisque cette anthologie arrive en même temps que le lancement, enfin, du Flash de New 52, dans la gamme Renaissance d’Urban donc, et que l’édition de Flashpoint. Des sorties conjointes pour susciter et soutenir l’intérêt pour ce héros.

Et, puisque la période est aussi pour l’éditeur à la sortie de beaux ouvrages critiques (nous reviendrons bientôt sur la collection Urban Book qui s’enrichit fortement ces derniers temps), on se prend même à rêver une suite d’essais sur les grands héros de l’univers DC en complément de ces publications. C’est dire si cette lecture de Flash Anthologie nous a plu, mais d’une façon, et pour des raisons, qui nous ont nous-mêmes surpris.

Gardner Fox, Carmine Infantino, John Broom, Marv Wolfman ; Grant Morrison, Mark Waid, Geoff Johns, Paul Dini ou encore Jeph Loeb : il y a du beau monde au sommaire de cette anthologie
Flash Anthologie © DC Comics

(par Aurélien Pigeat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Flash Anthologie. Collectif. Textes de Yann Graf. Traduction Jean-Marc Lainé, Edmond Tourriol, Jérôme Wicky, Alex Nikolavitch, Jérémy Manesse et Thomas Davier. Urban Comics. Sortie le 27 mars 2015. 400 pages. 25 euros.

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Lire les chroniques des précédentes anthologie Urban Comics :
- Super-Vilains Anthologie
- Joker Anthologie
- Batman Anthologie
- DC Comics Anthologie

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