Pour ses 80 ans, Batman tombe le masque à Angoulême 2019

24 janvier 2019 0 commentaire
  • Une lumière crasseuse, des sirènes de police qui résonnent au loin, des poubelles qui débordent... Pas de doute, nous sommes à Gotham City. Deux silhouettes blanches sont tracées sur le sol, celle de Thomas et Martha Wayne, le couple a froidement abattus sous les yeux de leurs fils : Bruce Wayne. Voici l'élément fondateur du mythe de Batman : une allée sombre, deux coups de feu et une vie brisée à jamais.

On appellera désormais ce lieu "Crime Alley" et c’est le point de départ de l’exposition "Batman 80 ans : un genre américain démasqué". Elle retrace l’histoire du Chevalier noir, qu’elle soit artistique, éditoriale ou scénaristique, en nous entraînant sur les lieux emblématiques du personnages grâce une scénographie impressionnante créée par Eve Sarfati et Bastien Buignet. Les textes de l’exposition réalisés par Yann Graf - éditeur chez Urban Comics - reviennent quant à eux sur l’évolution du personnage et de son univers à travers les âges.

Bienvenue à Gotham City.

Pour ses 80 ans, Batman tombe le masque à Angoulême 2019
"18 ans depuis cette nuit-là..."
Photo : Vincent Savi

Après avoir traversé l’« allée du crime », nous nous rendons dans le Manoir Wayne, et le public découvrira la longue lignée des Wayne dans une mise en scène inspirée du Batman : Année Un de Frank Miller. Nous sommes plus exactement dans le bureau de Bruce Wayne, où la fenêtre est brisée par une immense chauve-souris. C’est là que le jeune orphelin comprend sa destinée, Bruce Wayne est mort, il n’y a plus que Batman.

"Je deviendrai chauve-souris"
Photo : Vincent Savi

Le Manoir Wayne n’est plus qu’un mausolée, c’est dans la Batcave, à la fois sanctuaire et base high-tech où la technologie hyper-moderne s’invite dans une antique grotte lugubre peuplée par les chauves-souris. Les amateurs reconnaîtront les différentes références invoquées pour construire ce décor, venant aussi bien des comics que du cinéma. N’oubliez pas de tendre l’oreille pour vous laisser emporter par un célèbre thème musical composé par Danny Elfman.

La célèbre Batcave, ici inspirée par Andy Kubert et Jim Lee.
Photo : Vincent Savi

Mais vient le moment de respirer : après avoir visité les oppressantes allées de Gotham et la crépusculaire Batcave, il est temps de s’aérer l’esprit sur les toits de Gotham. Si vous n’êtes pas ébloui par le Bat-Signal, vous pourrez admirer le très beau travail réalisé sur cette pièce, qui rend hommage à la mythique série animée des années 1990.

Photo : Vincent Savi

Mais si la croisade contre le crime de Batman l’amène à fréquenter les cieux de Gotham, elle le pousse aussi à plonger dans les plus sombres recoins de l’humanité, le menant bien souvent à l’Asile d’Arkham. Cette partie de l’exposition s’inspire notamment de l’excellent jeu vidéo Batman : Arkham Asylum et retranscrit à merveille cette vieille bâtisse dans tout ce qu’elle a de plus glauque. L’occasion de s’intéresser à la riche galeries de vilains que le croisé masqué doit affronter nuit après nuit dans son éternel combat.

L’Asile d’Arkham, une maison sérieuse, pour des troubles sérieux.
Photo : Vincent Savi

Cette plongée dans Gotham City arrive ensuite à son terme, mais pas l’exposition. Reste en effet à admirer des originaux de Frank Miller, Bruce Timm, Neal Adams ou encore Jim Lee qui sont parmi les plus grands dessinateurs du Chevalier noir. L’occasion de constater le grand nombre d’artistes qui se sont intéressés à l’univers de Batman, et aussi la variété de leur style.

Un dessin original de Batman par Frank Miller.
Photo : Didier Pasamonik

Arrive l’heure de quitter la sinistres mégalopole et de revenir à la réalité, en n’oubliant pas de déplacer sa Batmobile mal stationnée devant la médiathèque L’Alpha, où se trouve l’exposition.

Une incroyable immersion dans l’univers du Chevalier noir, qui conviendra autant aux néophytes qu’aux amateurs de longue date de l’un des plus grands détectives du monde. Un grand bravo aux équipes du festival et d’Urban Comics.

Un modèle qui se fait exclusivement en noir.
Photo : Didier Pasamonik

(par Vincent SAVI)

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’’Batman 80 ans : un genre américain démasqué’’ - 24 au 27 janvier 2019 - médiathèque de Grand Angoulême - Commissariat : Yann Graf et Stéphane Beaujean - Scénographes : Eve Sarfati et Bastien Buignet.

FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA BD D’ANGOULÊME 2019
Du 24 au 27 janvier 2019.

LE SITE DE L’EVENEMENT

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