Prédictions – Par Aurélie William Levaux & Isabelle Pralong – Atrabile

4 juillet 2011 8 commentaires
  • Livre étrange, dont la forme touche les limites du genre « bande dessinée », {Prédictions}, réalisé à quatre mains par Aurélie William Levaux & Isabelle Pralong, est une touchante collection de petits moments de vie.

Aurélie William Levaux dessine sur du tissu et de la broderie. Isabelle Pralong pratique la peinture sur bois. Lorsqu’elles se rencontrent à l’occasion de la première édition du festival Pierre Feuille Ciseaux en 2009, l’idée d’une collaboration germe. Les deux femmes ont en commun leurs recherches sur la matière et les supports du dessin. Deux années plus tard, elles livrent le fruit de ce travail à quatre mains : Prédictions.

Le livre s’appuie sur une succession d’aphorismes volontairement redondants qui provoquent un dessin. Chaque petite phrase (toutes tirées d’un texte théâtral de Peter Handke) laisse libre cours à une séquence graphique, tantôt poétique, tantôt réaliste qui met en scène des émotions de la vie. Prédictions d’ Aurélie William Levaux et Isabelle Pralong peut décontenancer, mais propose une forme très libre et éclatée de bande dessinée, plastiquement de toute beauté.

Prédictions – Par Aurélie William Levaux & Isabelle Pralong – Atrabile
Un extrait de "Prédictions"
© Aurélie William Levaux - Isabelle Pralong - Atrabile

(par Morgan Di Salvia)

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8 Messages :
  • Bande dessinée ?!

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    • Répondu par Guerlain le 6 juillet 2011 à  12:59 :

      dès qu’il y a séquence graphique, il y a bande dessinée. Non ?

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      • Répondu par Sergio Salma le 6 juillet 2011 à  20:25 :

        Oui et non. Beaucoup d’ expériences graphiques peuvent être intéressantes mais il y a des petites frontières très ténues entre la narration figurative et la figuration narrative ( haha, on coupe les cheveux en 8 ou 16 , là) ; j’ai essayé d’aller voir sur le site de l’éditeur etc...je ne vois que de grandes images , réussies, mais pas vraiment de séquences. On se rapproche peut-être plus de la suite d’illustrations qui forment en soi une "narration", comme des photos juxtaposées. Considérez-vous que dès que la caméra tourne et enregistre, il y a un film qui en résulte ? Pas sûr.

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      • Répondu par Alex le 6 juillet 2011 à  23:59 :

        dès qu’il y a séquence graphique, il y a bande dessinée. Non ?

        Non. Mais vous n’êtes pas tombé très loin de la définition d’un genre graphique narratif vieux comme le monde -la bande dessinée étant un de ses avatars les plus récents.

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        • Répondu par Joseph BEHE le 7 juillet 2011 à  09:42 :

          Absolument.

          L’affirmation qu’il n’y a pas de réelle frontières entre illustration et BD, que les images narratives -ou la narration figurative- (nuance de point de vue) sont un art hybride, sans cloison aucune, donne de la force au médium.

          Pour exemple concret : c’est ce que nous tentons de mettre en œuvre à l’atelier d’Illustration de l’Esad Strasbourg où nous essayons de couvrir le spectre le plus large possible.
          Du texte illustré quasi abstraitement à la bande dessinée muette, en passant par l’album jeunesse, l’affiche, le dessin animé ou le jeu vidéo.
          Naturellement, les étudiants venant principalement pour faire "du livre illustré" la majorité des projets sont des illus ou de la BD. Mais cette année au DNSEP nous avons eu un concert de dessin et une pièce de théâtre couplée à une projection d’animations...

          Et ce sont précisément les œuvres qui sont fortement inspirée à l’extérieur du médium qui sont souvent (toujours ?) les plus intéressantes et les plus nourrissantes pour les auteurs et, in fine pour le lecteur.

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        • Répondu par Sergio Salma le 7 juillet 2011 à  11:54 :

          Séquence graphique c’est intéressant mais ça regroupe tellement de choses . Les chemins de croix dans les églises sont-ils de la bande dessinée ? J’ai le livre devant les yeux et je ne vois justement pas de séquences . Bien qu’ une seule image peut aussi être narrative. Dans le cas de Prédictions, il me semble qu’on est quelque part entre gravure et illustration. Bien entendu on peut repousser les limites et considérer que chaque illustration est un moment , la succession de ces images forme donc une narration. Si je montre 15 photos de ma vie de famille , je les place sur une table, vous aurez aussi une bande dessinée. Il y a une séquence puisqu’une suite chronologique s’imposera, le temps qui passe , les saisons. Euh, ce serait pas un peu peu ?

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          • Répondu par Alex le 10 juillet 2011 à  02:35 :

            Mais Mr Salma, les chemins de croix n’étaient pas destinés à être parcourus dans un livre !

            Bien entendu on peut repousser les limites et considérer que chaque illustration est un moment , la succession de ces images forme donc une narration

            On peut reprendre Brueghel "L’Aveugle conduisant les aveugles" (approx.), c’est de la narration. On peut en déterminer le passé (leur départ, leurs attentes...) le moment figé sur la toile -le présent- décompose en une séquence cinétique la chute à venir par la position des corps des protagonistes.

            On retrouve ces mêmes actions en latence dans les illustrés du début du siècle (le XXe), et Jacobs... Ce n’est que cela, tout le temps- ces moments en suspens- où le texte en ce cas issue d’une tradition victorienne abdique face à une mise en image moderne

            C’est de la narration, mettre des mots sous des images c’est une déclaration de guerre contre le chaos, et une déclaration de guerre contre le langage. Et raconter ses chasses sur les parois de Lascaux (tiens les revoilous !), c’est la même chose : c’est "baiser" le temps, ordonner le chaos, et témoigner de son existence, de sa place dans le monde.

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        • Répondu par Joseph BEHE le 7 juillet 2011 à  19:40 :

          Je peux passer des semaines entières aux arts décos sans utiliser le mot Bande Dessinée (et pourtant on en fait beaucoup). En revanche "illustration" est un terme aujourd’hui tellement péjoratif dans les écoles d’art que nous l’employons, nous, avec une certaine gourmandise.

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