Princess Jellyfish, T1 & 2 - Par Akiko Higashimura - Delcourt

9 janvier 2012 0 commentaire
  • Un premier tome original avec des personnages atypiques et une intrigue riche en événements, un second tome qui lisse un peu trop vote dans le romantisme des plus classiques.

Tsukimi a débarqué à Tôkyô voici quelques semaines pour devenir illustratrice. Elle a emménagé dans la résidence Amamizu, uniquement habitée par des jeunes filles ringardes aux passions des plus farfelues. Tsukimi elle-même est une otaku, passionnée par les méduses, qui a bien du mal à se sociabiliser dans un monde qui l’effraie.

Un soir, alors qu’elle essaie de sauver une méduse dans une animalerie, elle rencontre une jeune beauté ultra-fashion, qui se révèle être un garçon. Or, la résidence Amamizu a une règle : aucun garçonne peut entrer dans l’enceinte de l’établissement, sous peine de mort. Mais Kuranosuke s’est pris d’affection pour cette fille étrange qui aime tant les méduses et compte revenir la voir.

Princess Jellyfish est sans doute LE shojô de l’année 2011. Déjà plus de 2 millions d’exemplaires vendus, le prix du meilleur shojô 2010 au Japon, une foule de goodies et une série animée.

Drôle, frais, léger, original, ce titre a tout pour plaire. Du moins sur le papier, car le second tome s’oriente déjà dangereusement vers le shojô classique de base où amourette et quiproquo croisent triangle amoureux et étoiles plein les yeux.

Les personnages sont atypiques en raison de leur passion : entre Banba qui collectionne les trains ou Mayaya qui passe son temps à comparer la vraie vie au récit des Trois royaumes [1], entre Chieko qui s’habille comme les poupées qu’elle collectionne et Jiji se cachant derrière ses cheveux filasses, les caractères décrits sont un peu clichés. L’héroïne principale a une passion des plus surprenantes : les méduses, qu’elle dessine à tout bout de champs. Mais derrière cette passion des bêtes se cache une jeune fille qui rêve d’amour et qui va se révéler une véritable beauté, un peu ingénue.

Le seul personnage vraiment original est Kuranosuke, un beau garçon qui se travestit pour le plaisir et pour échapper à la concupiscence féminine. Fils bâtard d’un politicien et d’une actrice, il est la honte de sa famille, mais représente paradoxalement l’idéal féminin des pensionnaires de la résidence Amamizu.

Princess Jellyfish, T1 & 2 - Par Akiko Higashimura - Delcourt

Akiko Higashimura s’intéresse dans ce manga aux fujoshi, ces geeks au féminin, dont l’appellation, particulière péjorative, signifie "filles moisies". Longtemps utilisé pour désigner les lectrices de Boy’s Love, le terme s’adresse aujourd’hui aux jeunes femmes qui se soignent pas leur apparence et sont attirés par des passions pour le moins incongrues. C’est le cas des personnages de Princess Jellyfish dont l’excentricité les a quelque peu écartées de la vie en société.

Si le premier volume offrait des idées très prometteuses entre une bande d’otakus associables, mais terriblement drôles, et un personnage masculin original et complexe, de même qu’un scénario plutôt sympathique croisant manipulation politique, chronique sociale et histoire d’amour, il n’en est pas de même pour le second : le récit s’enfonce vite dans la mièvrerie et manque de recul et oublie les idées de départ.

Espérons que la suite renoue avec les qualités du premier opus.

(par Stéphanie Francqueville)

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[1Les Trois Royaumes est un manga de Mitsuteru Yokoyama en soixante volumes non traduit en France. C’est l’adaptation d’une compilation de chroniques chinoises écrites entre le IIIe et le Ve siècle, recouvrant le fin de la dynastie Han (206 av. JC - 220) et la période dite des Trois Royaumes (220-265), les trois royaumes étant ceux de Wei, Shu et Wu.

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