Prix Diagonale - Le Soir 2013 : Cosey mis à l’honneur

8 mai 2013 1 commentaire
  • Forte de son partenariat avec Le Soir et la Fondation Raymond Leblanc, la sixième remise des Prix Diagonale a franchi plusieurs étapes décisives pour marquer son empreinte, tout en conservant son ton décalé et incisif.
Prix Diagonale - Le Soir 2013 : Cosey mis à l'honneur
Vehlmann & Gazzotti, les auteurs récompensés par le Prix de la série pour Seuls , se tombent dans les bras.
Photo : ©CL Detournay

C’était ce samedi 4 mai 2013 qu’étaient remis les Prix Diagonale - Le Soir. Cette sixième remise consacrait un nouveau partenariat très important car, comme nous l’expliquions en janvier dernier, Le Soir, les Prix Diagonale et la Fondation Raymond Leblanc ont décidé de s’associer, créant ainsi la distinction BD la mieux dotée d’Europe.

Natacha Leblanc, fille du célèbre créateur du Journal de Tintin Raymond Leblanc, revient avec nous sur la genèse de cette association : "En créant la Fondation Raymond Leblanc, nous avions pour objectif de mieux faire connaître les nombreuses réalisations professionnelles de Raymond Leblanc (dans les domaines de la bande dessinée, du dessin animé et de la publicité). Très attaché à ne pas faire de la Fondation un outil nostalgique et en droite ligne avec son travail d’éditeur, mon père tenait beaucoup à ce que ce prix aide de manière très concrète les nouveaux talents de la bande dessinée.

Fabien Vehlmann
Photo : ©CL Detournay

Aujourd’hui, grâce à la création des prix Diagonale Le Soir, le Prix Raymond Leblanc de la Jeune création (20.000 euros de dotation) répond encore mieux à ce souhait, continue-t-elle. "La somme de 10 000 euros, définitivement acquise, s’accompagne d’un véritable contrat d’édition avec les Éditions du Lombard avec tous les avantages qu’un tel contrat induit (10.000 euros en avance sur tous types de droits et 10 % de droits d’auteur sur le prix de vente public de l’album), bien sûr, mais également un véritable suivi et des conseils de professionnels de la bande dessinée dans la réalisation d’un album.

Cet aspect formateur est très important. Le travail primé fera également l’objet d’une campagne promotionnelle sans précédent. De ce point de vue, on peut sans doute parler d’un accomplissement.

Le Prix est effectivement le mieux doté de la bande dessinée francophone mais, surtout, il a cette dimension pratique inédite qui le différencie des nombreux prix BD qui existent actuellement. Nous voulions agir de manière tangible pour soutenir les auteurs de demain."

Cette année, ce sont donc Manon Textoris et Julien Lambert qui sont les premiers récompensés par cette nouvelle formule, pour leur projet Edwin, le voyage aux origines.

Une veuve ayant connu bien des auteurs tente de retrouver le Prix Raymond Leblanc de la jeune création au milieu de ses courses. Les lauréats, Manon Textoris et Julien Lambert pour leur projet « Edwin, le voyage aux origines », sont fort amusés de cette prestation.
Photo : ©CL Detournay
Emmanuel Lepage, lauréat du Prix du meilleur album pour Un Printemps à Tchernobyl
Photo : ©CL Detournay

Natacha Leblanc nous explique l’envergure du nouveau Prix : "Le soutien du quotidien belge Le Soir est indéniablement un volet primordial et très positif du Prix. Le Soir apporte une aide essentielle au point de vue médiatique. Vous l’avez souligné, percer aujourd’hui pour un jeune auteur dans un marché de la bande dessinée très concurrentiel est devenu extrêmement difficile. Dans ce contexte, en pré-publiant l’album du gagnant du prix et en assurant une campagne de communication dans le journal, Le Soir offre une visibilité exceptionnelle au gagnant, d’autant plus unique qu’elle permet de le faire connaître auprès du grand public et pas uniquement auprès d’un cercle plus limité de bédéphiles avertis. C’est une dimension essentielle."

Didier Hamann, rédacteur-en-chef du Soir, souligne l’importance de la bande dessinée en Belgique.
Photo : ©CL Detournay

"En d’autres termes, nous essayons, d’une part, de tisser des liens entre jeunes auteurs et professionnels de la bande dessinée grâce à la collaboration avec les Éditions du Lombard et, d’autre part, de leur offrir un espace de visibilité grâce au soutien du Soir. Ces deux volets se complètent et font à mes yeux une des spécificités et l’intérêt du Prix.

Nos partenaires institutionnels, la Région de Bruxelles-Capitale, grâce au soutien de Monsieur Charles Picqué, ainsi que la Commission Communautaire Française, à l’initiative de Madame Françoise Dupuis, qui nous soutiennent depuis le lancement de notre prix, nous ont permis d’asseoir la crédibilité nécessaire au développement de nos projets et de ces partenariats."

Une cérémonie décalée

La cérémonie récompensa Cosey pour l’ensemble de son œuvre. Nous avons eu l’occasion de rencontrer l’auteur quelques minutes avant le début du ’spectacle’ : "Je suis avant tout très heureux et surtout honoré d’être récompensé par des auteurs que j’estime beaucoup. C’est une réelle différence d’être primé de la sorte, ce qui change d’autres récompenses accordées par des journalistes et critiques." Il est vrai que le dessinateur suisse, déjà distingué par le festival de Blois est depuis longtemps pressenti pour le Grand Prix d’Angoulême sans jamais obtenir l’accessit jusqu’ici.

Cosey nous avoua également se demander comment cela allait se dérouler, car cette cérémonie aborde tout du long un ton volontairement décalé. Les correspondants français qui étaient présents nous avouaient que ce type de remise de prix ne seraient sûrement pas accepté chez eux, de crainte de se brouiller avec les instances et auteurs présents.

Les divers orateurs furent comme d’habitude chahutés par la troupe de comédiens. Représentant la Fondation Raymond Leblanc, le directeur éditorial du Lombard Gauthier Van Meerbeeck n’échappa pas à la règle.
Photo : ©CL Detournay
Dès l’entrée, la troupe de comédiens donnent le ton de la soirée.
Photo : ©CL Detournay
Divers intermèdes musicaux font partie intégrante de ce spectacle-remise de prix. Pour souligner le prix du meilleur album octroyé à Un Printemps à Tchernobyl, trois militaires US en uniforme chantent M Sandman, tandis que des danseurs en combinaison anti-radiation se trémoussent à l’arrière.
Photo : ©CL Detournay

Mais ce fut une nouvelle fois un grand spectacle qui fut proposé. Gageons que ce nouvel essor du Prix Diagonale - Le Soir associé à la Fondation Raymond Leblanc ne pourra que gagner en popularité, pourvu que la bonne ambiance continue de régner.

Cosey reçoit le Prix Diagonale - Le Soir par une délégation factice du Dalaï-Lama
Photo : ©CL Detournay
Cosey, entre ses héros Jonathan et Kate, entouré de bonzes
Photo : ©CL Detournay

Le mot de la fin fut pour Cosey, à qui nous demandions comment il pouvait finalement qualifier cette soirée hors-norme. "Chaleureuse et drôle !" nous répondit-il avec un grand sourire. La marque de fabrique du Prix Diagonale - Le Soir !

Deux anciens complices, Thierry Tinlot maintenant au Soir, avec Raoul Cauvin. En arrière-plan, un autre membre du jury, Dany.
Photo : ©CL Detournay

Le Palmarès du Prix Diagonale - Le Soir - Fondation Leblanc 2013

- Grand prix pour l’ensemble de son œuvre : Cosey.

- Prix du meilleur album : "Un Printemps à Tchernobyl" d’Emmanuel Lepage (Futuropolis).

- Prix de la meilleure série : "Seuls" de Fabien Vehlmann & Bruno Gazzotti (Dupuis).

- Prix Raymond Leblanc de la jeune création : Manon Textoris et Julien Lambert pour leur projet "Edwin, le voyage aux origines".

Cosey, honoré et ému d’avoir été récompensé par ses pairs
Photo : ©CL Detournay

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

L’exposition de JF & Maryse Charles, précédement lauréats du Prix Diagonale, prend place dès ce 9 mai à la Bibliothèque des
Sciences et des Technologies,
Place des Sciences à Louvain-la-Neuve.

Lire notre article Tchernobyl en héritage

Photo en médaillon : ©CL Detournay

 
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