Professeur Cyclope en pointe de l’innovation graphique numérique

1er mars 2013 27 commentaires
  • Après BD Nag et Mauvais Esprit, avant La Revue Dessinée, Professeur Cyclope se met en pôle position de l'innovation numérique en cours. Une vague nouvelle de magazines de bande dessinée sur les nouveaux supports électroniques porte la promesse d’un renouvellement profond des habitudes de lectures. Enthousiasmant !

La révolution numérique est en marche. En 2012, on a pu découvrir une revue à destination des enfants, BD Nag, et un hebdomadaire humoristique, Mauvais Esprit.

En 2013, de MediaEntity à La Revue Dessinée, en passant par Professeur Cyclope, les nouvelles initiatives de création numérique seront nombreuses. Point commun de tous ces projets ? Des collectifs d’auteurs décidés à prendre en main leur prépublication sur les nouveaux supports : tablettes, smartphones, ordinateurs…

Le ressort de ces initiatives ? Des négociations très difficiles entre le syndicat des auteurs de BD et le Syndicat National de l’Édition précisément sur la rémunération de ces droits. D’un côté, les éditeurs qui hésitent encore à s’engager sur un marché inexistant ou presque [1] ; de l’autre, des auteurs qui pensent que le marché doit être créé en proposant des créations nouvelles. Le serpent se mord la queue. Le point de discorde se situant principalement dans le pourcentage revenant aux auteurs et sur la durée de cession de ces droits. Les restrictions posées par les plates-formes de diffusion (type AppStore d’Apple) posent également problème, nous vous en parlions encore hier.

Professeur Cyclope en pointe de l'innovation graphique numérique
La couverture du n°1 de Professeur Cyclope
© Jossic - Pro­fes­seur Cy­clope / Silicomix
Autoportraits des fondateurs
Vehlmann, Bonneval, Pedrosa, Brüno, Tanquerelle

Au cœur de ces initiatives, on pointera la publication ce 1er mars 2013, du premier numéro de la revue Professeur Cyclope, un projet ambitieux.

Les premières notes d’intention de ce projet évoquaient Pilote, Métal Hurlant ou À Suivre, des revues qui, chacune dans leur genre, ont profondément modifié le paysage éditorial français.

Fondé par des quarantenaires expérimentés (Brüno, Gwen de Bonneval, Cyril Pedrosa, Hervé Tanquerelle et Fabien Vehlmann), Professeur Cyclope se positionne dans le segment de la BD ado-adulte et ne s’interdit aucune forme de narration graphique. Au sommaire du premier numéro, on retrouve donc des bandes en cases, du scrolling, du turbo média,… et un supplément polymédia, contenant du rédactionnel et des expérimentations diverses. Tous les projets ne sont pas nativement numériques, mais tous sont pensés pour être parfaitement lisibles sur les supports tactiles.

Marion Montaigne
© Pro­fes­seur Cy­clope / Silicomix

Le modèle économique se cherche encore. Pour cette première année, l’équipe éditoriale de Professeur Cyclope vise les 1.500 abonnés (la revue est disponible au numéro ou par abonnement). L’équilibre est actuellement possible grâce à un partenariat avec la chaîne de télévision franco-allemande Arte, qui proposera 60 à 70% du contenu du magazine en lecture gratuite, chaque mois sur son site. Pour sauvegarder les numéros (et soutenir l’initiative), les lecteurs devront débourser 4,99€ par numéro ou 3€ s’ils sont abonnés. On se souviendra qu’avec Les Autres Gens, le pionnier Thomas Cadène avait réussi à fidéliser 1.500 lecteurs payants pour sa BD Novella quotidienne.

Stephen Vuillemin
© Pro­fes­seur Cy­clope / Silicomix

Une belle brochette d’auteurs compose l’équipe : Marine Blandin, Hervé Bourhis, Sébastien Chrisostome, Alexandre Franc, Marion Montaigne, Fabien Nury, Pluttark, Anouk Ricard, Vincent Sorel, Stephen Vuillemin… Un feuilleton collectif réalisé par les fondateurs est également annoncé autour de l’univers des robots. Fabien Vehlmann, qui en est le scénariste, en parlait comme « un épisode de Transformers, réalisé par Ken Loach ».

À suivre, tous les mois, dans l’œil du Professeur Cyclope.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

(par Morgan Di Salvia)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Toutes les illustrations sont © Pro­fes­seur Cy­clope / Silicomix

Professeur Cyclope. Un mensuel disponible chaque mois en téléchargement. On peut également découvrir gratuitement un grande partie du magazine sur le site d’Arte.

VOIR EN LIGNE :

Le site de la revue

La version allégée gratuite sur le site d’Arte (également disponible en version allemande

[1Bien que les Éditions Dupuis annoncent Spirou Z, une version tablette de leur journal pour avril 2013.

 
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27 Messages :
  • C’est très cher pour du numérique, et les auteurs ne font pas envie. D’expérience, on peut penser que le meilleur de cette tentative sortira en livres, alors autant garder ses sous pour acheter des livres.

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    • Répondu par Gwen le 1er mars 2013 à  10:29 :

      3€ le numéro pour 100 pages chaque mois. L’équivalent de 1200 pages de bd par an. On a vu plus cher n’est ce pas ?

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    • Répondu par bb le 1er mars 2013 à  11:42 :

      Il n’est pas vraiment question de livres papier pour le moment ( on imagine pas le travail de Stephen Vuillemin en album !!! )

      "Et les auteurs ne font pas envie" .... tssss .. ce qu’il ne faut pas lire....

      ( et non : 3 € par mois, ce n’est pas cher .. faut pas déconner. )

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    • Répondu le 1er mars 2013 à  13:05 :

      Si ce support n’existe pas, il n’y aura certainement pas de livres qui suivront, il faut donc le faire vivre. Et puis quand on n’a pas envie tout est trop cher.

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      • Répondu par lebon le 1er mars 2013 à  16:54 :

        Annoncé avec beaucoup de prétention comme un nouveau « métal hurlant », ce premier Prof. Cyclope est déjà collector et pourrait se résumer comme suit : « un condensé de laideurs graphiques pas moins vilaines que celles de l’employé du moi ». La couverture rebutante de maladresse et inutilement angoissante donne le ton. Quant à la bande animée de S. Villem (quelle audace, des images animées !) l’animation en boucle est irritante et perturbe sa lecture. Un nouveau truc à la mode pour les bobos qui pensent un jour qu’ils vont réinventer la roue. Un grand bravo toutefois d’avoir convaincu le sponsor avec si peu de chose, le logo d’ARTE va hélas rendre crédible cette bouse en pixels aux yeux d’un public habitués à bouffer du cheval en croyant que c’est du boeuf et qui n’en est plus à une pollution près.

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        • Répondu par Joe le 1er mars 2013 à  18:09 :

          Ah, ça faisait longtemps qu’on avait pas vu les râleurs débarquer sur ActuaBD. Ça m’avait manqué.

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        • Répondu par Alex le 1er mars 2013 à  19:32 :

          Sympathique votre intervention : vous n’avez pas déboursé un sou, profitant de leur version en ligne, mais n’hésitez pas à descendre en flammes cette initiative. Votre conscience...? "Quelle conscience ?" répondit-il.

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        • Répondu par Alex le 1er mars 2013 à  23:04 :

          Et encore : je suis fatigué du droit que d’emblée s’octroient certains intervenants. Scier irrémédiablement chaque nouveauté, chaque projet. Enrober cela qui plus est d’un discours semi-contestataire éprouvé, regorgeant (ô surprise !) de formules et de termes pré-digérés et à tout faire des médias (nouveaux ou pas). Certains intervenants ont des rêves de grandeur qui témoignent de leur frustrations sourdes. Ici et là c’est pure singerie de ce qu’ils s’imaginent être la critique. Ils en reprennent la forme, jamais le fond- c’est bien trop d’efforts ! Quand la dialectique est à un niveau aussi bas, quand la critique s’aligne sur la loghorrée en vogue, quand la mauvaise foi évidente suinte derrière chaque mot- il serait temps pour cette personne de prendre une pause et de s’interroger sur ses véritables motifs.

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          • Répondu par Sergio Salma le 2 mars 2013 à  00:01 :

            C’est une maladie. Découverte il y a peu par un médecin de Seattle : l’internetobile. C’est une affection qui s’est répandue il y a une dizaine d’années ; personne n’y a pris garde mais la contagion a été sévère et les dégâts sont considérables. Le malade ne se rend compte de rien au départ, il surfe tranquillement, il passe d’un site à l’autre, d’une information à un fil de commentaires. Puis un jour ça le prend. Il est rendu sceptique et agressif. Il choisit ses mots pour pouvoir passer pour une personne sensible et raisonnée mais en réalité ce qui le meut c’est la simple destruction de la moindre idée de ses contemporains ; il a développé un sens étrange grâce à l’anonymat.

            Avant l’internet , il aurait envoyé des lettres anonymes , il aurait aussi laissé sortir sa bile dans des conversations un peu souterraines avec d’autres ravagés de son espèce ; avec l’internet, cette prédisposition a vu les manifestations du mal empirer . On se lâche, on dégueule son mépris en l’enrobant de condescendance. On crache au visage mais comme le ferait un petit enfant en sonnant à la porte et en s’enfuyant lâchement. Parce que le grand bonheur du malade c’est d’agir sans décliner son identité. Il est masqué,ça le fait jouir. Il s’invente des pseudos crétins, un sens du camouflage emprunté à la nature ; il se fond dans le paysage, agit comme une crapule pour le simple bonheur de voir sa signature bidon . L’internetobile c’est la bile vomie sur les gens qu’il ne connaît pas ( maladie aussi appelée internetofiel ) ; il pense donc être de bonne foi en exprimant son opinion mais il a oublié que ne signant pas son opinion , celle-ci ne vaut rien ; juste symptomatique d’un malaise, une espèce de peste silencieuse.

            Son clavier dans sa petite chambre puante lui donne l’illusion qu’il a le pouvoir , il existe donc souvent dans la démolition, parfois dans le cirage de pompes pour faire bonne figure, pour qu’on ne puisse pas dire qu’il n’est que haine et rancoeur. En fait, il a perdu le sens des réalités, il blesse, attaque, assomme, gifle sans aucune conscience du mal qu’il peut faire ou du moins de l’ampleur du mal , il est inconséquent. Ivre des vapeurs de son idiotie.

            L’internetobile se soigne mais le patient est récalcitrant parce qu’il est persuadé d’être sain de corps et d’esprit . Le malade doit exposer son mal et d’abord accepter que c’est une maladie sociale. Il n’a généralement rien dans la vie qui puisse lui faire penser le contraire ; il croit être le baromètre, il se croit dans la norme et pense généralement que tous ses voisins sont dans l’erreur ; il se fait un devoir de tempérer les élans en songeant en fait au bien de l’humanité, c’est christique.

            C’est un désordre mental. L’internetobilieux est dangereux mais surtout pour lui-même. Il ne sait pas que ce qu’il exprime peut causer une dépression, une tristesse infinie ; il croit juste et amusant de provoquer l’irritation. Il a sans doute été malmené plus que de raison( dans le cas contraire c’est encore plus grave) ; il se réfugie dans son non-être et distribue les bons et les mauvais points. On peut difficilement sortir de cette maladie car elle a un effet secondaire incurable : elle rend profondément con. Après ses forfaits, il éteint son ordinateur, le sourire jaune et l’oeil rougi. Il est blême et content de l’être, il a parlé, il a dit, il a vomi, il a existé

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            • Répondu par lebon le 2 mars 2013 à  12:18 :

              Ce médecin de Seattle, n’était-ce pas le psychiatre de kurt Cobain ?

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  • dubitatif et pas convaincu... peut être que sur tablette c’est mieux, sur ordi on a juste l’impression de lire un pdf mal foutu.

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    • Répondu par Marco le 6 mars 2013 à  13:46 :

      Abonné et lecture sur tablette, cela le fait effectivement très bien. C est pro et on sent que les auteurs ont bossé. A suivre ! Cela fat du bien.

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  • Pourquoi opter pour un style fanzine punk (du sous Blanquet) si on veut toucher un grand public ?

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    • Répondu par lebon le 3 mars 2013 à  11:18 :

      Pourquoi ce style fanzine punk ? Mais parce que ce projet manque totalement d’inspiration, voilà pourquoi, on ne sait plus quoi faire pour créer de la nouveauté. Le logo d’ARTE va ajouter encore un peu plus de confusion dans l’esprit du public qui croira que ce sponsor est gage de qualité, c’est bien connu, télé = qualité. Ce sponsor permettra à ce soi-disant projet novateur d’exister plus longtemps que d’autres qui n’ont pas les mêmes financements, jusqu’à ce qu’il disparaisse un jour remplacé par d’autres qui viendront eux aussi faire croire qu’ils vont réinventer la roue, ou recréer « métal hurlant »
      Vous souhaitez acheter un excellent livre de Bande dessinée ? Procurez-vous "Souvenir de l’empire de l’atome », c’est déjà un livre essentiel.

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      • Répondu le 6 mars 2013 à  13:41 :

        C est un peu bizarre votre vision optimiste du projet....
        On a des auteurs qui se battent pour leur projet, qui le mènent jusqu au bout et qui en plus arrivent a convaincre un partenaire de qualité ! Vous pensez qu ils sont moins intelligents que vous chez Arte ?
        Je suis pour ma part abonné, le premier numéro est très bien, drôle, interactif et de grande qualité. Je suis fan et je vous invite simplement a vous abonner avant de poser ce type de commentaires, vous verrez la profondeur et l investissement de qualité. Et puis si vous trouvez cela moyen et bien vous ne l achèterez plus... Mais moi je trouve cela top !

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    • Répondu par Joe le 3 mars 2013 à  12:18 :

      Un style fanzine punk ? Du sous-Blanquet ? Vous avez lu ? Ou alors peut-être vous êtes fou ?

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  • Un énorme bravo pour cette initiative
    7 mars 2013 18:24, par El Dudo

    Des auteurs qui pour la plupart n’ont rien à prouver dans le milieu, et qui sont "bien implantés" dans l’univers difficile de l’édition BD, tentent une initiative innovante, risquée, coûteuse en temps et sans doute en budget, sur le sujet "far-west" de la BD numérique...
    Alors que ces braves gens auraient pu continuer à se la couler douce en louvoyant dans le système...

    Je suis étonné, épaté, même si l’ensemble est peut-être perfectible. Énorme chapeau à vous tous et toutes.

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    • Répondu par Audencio le 1er mai 2013 à  18:55 :

      En tant qu’abonné et intéressé tant par le soutien de cette initiative que par curiosité bd, je viens de lire le numéro 3. Je ne suis pas déçu une seconde, cela s’améliore de n en numéro. Il y a évidemment des points qui sont encore a pousser mais je vous invite vraiment a soutenir cette initiative d’auteurs qui effectivement n’ont pour la plupart rien a prouver. Bravo a eux, moi je me régale.

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  • Ca marche pas leur site, ça dit :"Sorry, the browser you are using is not currently supported. Disqus actively supports the following browsers", je n’ai pas de tablette, ça semble être réservé aux tablettes.

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    • Répondu le 22 août 2013 à  23:51 :

      Non, ça marche très bien. C’est votre système qui n’est pas à jour.

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      • Répondu le 23 août 2013 à  14:43 :

        Mon systeme marche tres bien avec tous les autres sites.

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        • Répondu le 24 août 2013 à  09:46 :

          Non, pas besoin de tablettes. Le problème vient de votre côté (problème de browser). Marche sans problèmes avec Firefox par exemple.

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  • La version avec Arte est inaccesible, ça bloque à la page d’acceuil, que ce soit avec Safari, firefox ou IE.

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    • Répondu le 24 octobre 2013 à  18:08 :

      Je viens de vérifier et c’est de votre côté que ça cloche semble-t-il. Aucun problème pour moi (Mac+Firefox)

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    • Répondu par Joe le 25 octobre 2013 à  16:06 :

      Vous avez raison, c’est vraiment l’endroit pour parler de ça.

      (Aucun problème chez moi, il faut sans doute que vous fassiez des mises à jour)

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