Punk Rock Jesus – Par Sean Gordon Murphy – Urban Comics

8 octobre 2013 3 commentaires
  • Reviens Jésus, reviens! , car les audiences, elles ont besoin de Toi !

Dans un futur proche, le monde craint, encore plus que maintenant. Une chaîne de TV décide, sous couvert de redonner l’espoir à la populace, de cloner Jésus à partir du sang séché du Saint-Suaire.

Un casting national est lancé pour trouver une vierge potable qui portera l’embryon du nouveau Sauveur et qui sera bien évidemment « retouchée » pour les besoins de l’émission,

Évidemment, ce nouveau programme digne des plus plus grandes heures de la grille de la chaîne NRJ 12 soulève un flot de mécontentements de la part fanatiques chrétiens, tout en renforçant le scepticisme des athées. Car bien sûr, sous le crayon de Murphy, on est, soit fanatique religieux, soit athée, point de demi-mesure : la réflexion, déjà balbutiante, s’empale sur les récifs d’un manichéisme sommaire.

Chris, le « nouveau sauveur de l’humanité » naît donc sous les yeux de milliards de téléspectateurs le 25 Décembre, nous rappelant le début de l’excellent Truman Show. La comparaison avec le film de Peter Weir ne s’arrête pas ici, puisque la vie de Chris est largement codifiée et régie par un isolement et un enseignement digne d’un lavage de cerveau qui lui instille la vérité du créationnisme.

Lorsque Chris atteint la pré-adolescence, tout le vernis de l’émission fout le camp pour laisser place à sa rébellion face au système, avec, à la clé, un rejet de la foi et de son mentor-garde du corps, alors que ce dernier est le seul personnage un peu réfléchi de l’histoire, une brute de l’IRA vouée corps et âme à sa mission sacrée.

Punk Rock Jesus – Par Sean Gordon Murphy – Urban Comics
(C) Sean Gordon Murphy / Urban Comics

Il aura fallu 10 ans à Murphy pour nous livrer Punk Rock Jesus et bien que sur le plan artistique, les planches sont presque irréprochables, c’est sur le scénario que Murphy se brise les dents.

Le début de sa réflexion sur notre société chevillée sur l’image de soi, la religion, la Junk-TV, et la dissolution des identités se profilait sous un bon angle au début du récit. Mais au final, il tombe dans l’extrême facilité digne de Fight Club par Fincher, reléguant un récit qui aurait pu signer la consécration de l’auteur au rang de dessinateur pour ados et punks de salon.

(C) Sean Gordon Murphy / Urban Comics

(par Antoine Boudet)

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