Putain d’usine – par Efix et Levaray – Petit à petit

18 octobre 2007 0
  • L’adaptation en bande dessinée d’un célèbre titre de la littérature libertaire qui dénonce la condition des ouvriers, condamnés à « perdre leur vie à la gagner ». Une transposition servie par des choix graphiques judicieux.

Petit à petit, qui développe de nombreuses adaptations littéraires, nous propose aujourd’hui celle d’un succès de la littérature libertaire : Putain d’usine de Jean-Pierre Levaray, publié en 2002 chez L’Insomniaque. L’auteur y racontait son quotidien d’ouvrier dans un groupe pétrolier, les épuisants 3X8, le travail dangereux et malsain, les corps et les esprits usés, les accidents… mais aussi les moments de solidarité et l’exaltation qu’entraîne le combat syndical.

Cet ouvrage avait déjà fait l’objet d’une adaptation au théâtre et sous forme de documentaire de télévision, il prend ici la forme d’un récit en bande dessinée sous le crayon d’Efix. Après de longues recherches, ce dernier a réussi à concilier son style plutôt humoristique avec un sujet très sombre, en faisant usage de silhouettes façon ombres chinoises qui ne sont pas sans rappeler les Idées noires de Franquin. L’ensemble est très réussi et l’album accroche le lecteur aussi bien par son texte noir et rageur que par son graphisme original, les « trognes » croquées par Efix apportant une touche d’humanité sympathique.

Le récit est structuré en courtes séquences qui s’enchaînent, abordant chacune un des thèmes, une des anecdotes de l’ouvrage de Levaray, selon un point de vue toujours subjectif : les commentaires du narrateur, oscillant sans cesse entre révolte et abattement, sont extraits du livre et apportent toute leur gouaille, leur nervosité, leur sombre révolte à un propos que l’on pourrait résumer par cette phrase éloquente : « Le salariat, c’est la mort »…

Putain d'usine – par Efix et Levaray – Petit à petit
Putain d’usine, par Levaray et Efix
(c) Petit à petit

(par Arnaud Claes (L’Agence BD))

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