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Quai des Bulles 2021 : 40 ans et 40000 festivaliers

  • Refaire une manifestation de cette ampleur et de cette qualité semblait encore impossible il y a quelques semaines. Les organisateurs du fameux festival breton nous ont démontré que ça l’était, et avec beaucoup de classe. Un week-end plus que réjouissant qui confirme l’attachement de la profession et des festivaliers pour cette manifestation exceptionnelle. Bilan.

Quarante années que le festival créé entre autre par le dessinateur de Spirou Jean-Claude Fournier enchante le public avec une programmation très éclectique adressée à toutes les tranches d’âges. On se souvient notamment d’expositions remarquables comme celle consacrée au dessinateur Andreas ou au caricaturiste Reiser ! Cette année, ce sont deux expositions monographiques qui ont particulièrement retenu notre attention.

La première est celle de Frédéric Pillot, illustrateur jeunesse prolifique dont les titres ont été traduits dans le monde entier. Il propose ici une série de peintures et de dessins originaux d’un impressionnant niveau de détails dans des formats en tous genres, parfois monumentaux. En mettant un accent prononcé sur ses dernières publications, Balbuzar et La Sorcière Crabibi, cette exposition réalisée avec la complicité de la galerie Daniel Maghen fut une découverte notable et remarquée par l’ensemble des festivaliers.

Quai des Bulles 2021 : 40 ans et 40000 festivaliers
L’exposition Frédéric Pillot à Saint-Malo
Photo : François Rissel
Couverture de Balbuza
© Daniel Maghen

La seconde exposition remarquable du festival n’était en fait pas sur le site du festival mais le long des remparts au sein de la tour Bidouane. Sur trois étages, Patrick Prugne a présenté ses Sagas Indiennes, un ensemble de planches et illustrations majeures de son œuvre intégralement réalisées à l’aquarelle, technique qu’il maîtrise et expérimente depuis de nombreuses années pour un résultat détonant, tout en nuances, et d’une rare intensité. Patrick Prugne, ce sont les horizons lointains et inspirants du Nouveau Monde, cette terre vierge des grands espaces des XVIIe et XVIIIe siècles qui stimulent nos imaginaires depuis des décennies. Entre sérénité et violence, il représente cet épisode de l’histoire avec justesse et rigueur. Cette exposition est le fruit d’une douzaine d’années de travail autour de ce thème et le résultat est incroyable.

Exposition "Sagas indiennes " de Patrick Prugne
Photo : François Rissel
Exposition "Sagas indiennes" de Patrick Prugne
Photo : François Rissel

Du côté des exposants, nous avons pu constater que certains éditeurs manquaient à l’appel, comme Casterman ou Paquet. Ces absences n’ont pas pour autant enrayé la motivation des festivaliers qui sont venus en nombre pour rencontrer leurs auteurs favoris. À ce niveau-là, c’est toujours le rush. Les séances de dédicace s’enchaînent et se ressemblent toutes. Cependant, un œil avisé saura s’arrêter sur les stands plus discrets, comme ceux des indépendants, dont celui des éditions Misma à qui le festival a également consacré une exposition extérieure à proximité de la gare et dans laquelle nous étions invités à nous « laisser surprendre, dérouter, malmener par un casting visuel irréprochable ».

Dans les bulles de Saint-Malo
Photo : François Rissel

Le festival, comme à son habitude, proposait également un cycle de rencontres adressé aux professionnels pour certaines, au grand public pour d’autres, on notera un focus particulier apporté à la bande dessinée néerlandaise grâce à l’invitation des auteurs Aimée de Jongh et Erik de Graaf. L’évènement qui nous a séduit comme chaque année, fut le Conte à bulles, un évènement organisé par Michael Le Gall, rassemblant un conteur, Chyc Polhit, une accordéoniste, Floriane Hériter et un dessinateur le vendredi, Vincent Mallié. Un spectacle unique et éphémère qui fait retomber en enfance le temps d’une petite heure.

Conte à bulles
Photo : Quai des bulles

Samedi soir a eu lieu l’habituelle cérémonie de remise de prix. Le prix Ouest-France / Quai des Bulles a été décerné à Aimée de Jongh pour l’album Jour de sable et le prix révélation ADAGP à L’Alcazar de Simon Lamouret. Le prix coup de cœur revient à Cyril Lieron et Benoit Dahan pour la série Dans la tête de Sherlock Holmes. Le grand prix de l’affiche, récompense prestigieuse récompensant un artiste pour l’ensemble de son œuvre a été remis à Ralph Meyer, dessinateur incontournable que l’on ne présente plus, qui réinvente le western de façon audacieuse depuis six albums avec la série Undertaker, réalisée en collaboration avec Xavier Dorison au scénario.

C’est peut-être ça la marque de Quai des Bulles : un festival d’auteurs où la convivialité règne de façon évidente, le tout dans un cadre unique dont on ne se lasse pas année après année.

(par François RISSEL)

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