Quartier M : Fêlures (1/3) – Par Benjo, Zano et Stéphane Beauverger – Ed. Dupuis

9 mai 2007 0 commentaire
  • Dans une jungle urbaine, deux enfants essaient de se construire un avenir. Mais comment cela est-il envisageable lorsque la mémoire d’un quartier entier se délie de façon filandreuse ? Quand des parents en arrivent à négliger leur progéniture au point de ne plus la reconnaître ? Quand les gangs, partout, y font la loi ?

Joli sujet que celui de Stéphane Beauverger (Necrolympia, chez Panini) : celui de la mémoire comme lien de la cohérence sociale et même familiale. Maël et Mog sont deux copains qui vivent dans une ville qui s’étend jusqu’au bout de l’horizon. Ils se nourrissent de télévision, et Maël en particulier aimerait vivre des aventures sur les traces de son héros fétiche, Le Doge. Mais celui-ci existe-t-il, seulement ?

Autour d’eux, le Quartier M, un district fermé et morne, une société fonctionnant en pilotage automatique, avec son lot de violence sourde et parfois mortelle. Mais ce n’est pas ce qui rend la vie plus précaire : une amnésie vécue comme une maladie honteuse et fatale semble affecter ses habitants adultes. Pour nos deux jeunes gens, cette situation oppressante est un appel à la révolte. Mais jusqu’à présent, ils subissent les événements.

On sent bien que les auteurs font ici leurs premiers pas dans le monde de la BD. Le scénario, bien construit, n’évite pas les clichés et ressasse des situations déjà bien en usage dans les récits d’anticipation. Le dessin, quant à lui, est pourrait-on dire de son époque. Il fait penser par son côté sommaire au graphisme d’un Tôru Fujisawa, l’auteur de Great Teacher Onizuka (GTO), et en général au registre des mangas semi-réalistes au décor contemporain.

Néanmoins, le climat ici mis en place et l’épure des personnages nous semblent prometteurs. Les éditions Dupuis ont donné aux auteurs un tryptique pour nous convaincre. Nous acceptons bien volontiers leur invitation.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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